Tchad : Sublimation despotique

Publié le par Hamid Kelley

Fanfares, tapis rouge, ferveur populaire : les ingrédients de l’intériorisation du régime dictatorial séduit. Une orchestration diabolique.

 


Le gigantesque défilé et la parade militaire à N’djamena sont un cas d’école. La pompeuse et fastidieuse cérémonie marquant la 48ème édition de la fête de l’accession du Tchad à la souveraineté est l’expression la plus achevée de la sublimation de la dictature. Loin de la solennité militaire, des hauts gradés au pas, le peuple tout entier emballé dans une festivité, consent à célébrer le Prince.

Au pied du maître absolu, dans les youyous, les tchadiens chantent. Naïvement, des refrains patriotiques sont tirés par des gorges déployées. Griotisme de circonstance, le peuple est enferme dans un carcan. Une chape de plomb qui opprime oppresse. Et pourtant, les tropismes et l’aliénation mentale orchestrés par l’appareil idéologique du régime conduisent ce même peuple vers la sublimation du système militaro-prévaricateur.

Les stratèges et gourous en communication politique qui arpentent avec assiduité les couloirs du palais présidentiels ont tissé un plan de neuro-marketing. La cible : Le peuple. Axes de la communication : Fixer l’image de marque du « président » dans l’affect des tchadiens.

Ainsi, le 11 août, la vie au Tchad se fixe. Le temps n’a d’yeux que pour IDI. Le cycle misérabiliste qui étreint le peuple se dissout dans la divine glorification. Oublié les 5 milliards détournés au Ministère de la santé, au fond de la bouteille les inquisitions meurtrières des coupeurs de route. Le Tchad politico- social chante l’indépendance. Ferveur populaire ! Quoi de plus patriotique. Seulement la tête de proue de cette mascarade nationale s’avère être un totem. La forme incarnée de la dictature subsaharienne.

Le vaudou des festivités de l’accession du Tchad à la souveraineté est une grande bamboula avec pour centre de gravité le totem-Deby. Le fétiche présidentiel envoûte le Tchad dans la sublimation. La monarchie du goulag tient le peuple captif.

La Rédaction de Tchadvision

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