Les rebelles du Darfour accusent Khartoum d'une vaste offensive

Publié le par Hamid Kelley

 


KHARTOUM (AFP) -

  Les rebelles du Darfour ont accusé mercredi l'armée soudanaise d'avoir lancé une vaste offensive dans le nord de cette région de l'ouest du Soudan, aux confins de la frontière avec la Libye.

Il y a trois jours, les troupes gouvernementales, embarquées dans quelque 270 véhicules, ont notamment mené un assaut contre Atroun, une localité de cette région retirée, y chassant les rebelles de l'Armée de libération du Soudan (SLA), a déclaré à l'AFP par téléphone un chef rebelle.

Souleimane Marajan a affirmé que l'ALS contrôlait cette région depuis 2003, date du début de la rébellion lancée au Darfour pour réclamer une plus grande autonomie et une meilleure répartition des richesses.

"Mais maintenant, ils sont venus, ont attaqué et ont pris le contrôle de ces régions", a dit M. Marajan, un commandant de la SLA, dirigée par le leader en exil, Abdel Wahdi Mohammed Nour.

Selon M. Marajan, huit civils et neuf combattants du SLA ont trouvé la mort dans le cadre de l'offensive contre Atroun.

Il a affirmé que les forces gouvernementales étaient sur le point de lancer d'autres attaques dans le nord du Darfour pour y prendre des positions tenues par les rebelles.

"Le gouvernement nous trompe et trompe la communauté internationale. Ils vont détruire tous ces endroits pour les contrôler", a-t-il dit.

Un porte-parole d'une faction de la SLA, l'Armée de libération du Soudan-Unité, a confirmé mercredi depuis Londres que des heurts avaient éclaté avec des forces du gouvernement dans trois zones du nord du Darfour, dont la zone frontalière avec la Libye, mais que le groupe n'avait pas cédé de terrain.

"Le mouvement est toujours aux trousses des forces ennemies dans plusieurs endroits", a déclaré à l'AFP Mahgoub Hussain par courrier électronique.

Un porte-parole de l'armée soudanaise s'est lui refusé à tout commentaire, arguant ne pas vouloir réagir à "des déclarations de rebelles du Darfour".

Le Soudan a prévenu que toute poursuite de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Omar el-Béchir enhardirait les rebelles du Darfour.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a réclamé le 14 juillet un mandat d'arrêt contre le président Béchir pour "génocide" au Darfour où s'affrontent depuis 2003 forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

La force de paix ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) n'a pu jusqu'à présent déployer qu'un tiers des 26.000 hommes prévus, et n'a toujours pas reçu 24 hélicoptères de transport et de combat, indispensables pour surveiller efficacement un territoire grand comme la France.

Le commandant Marajan a affirmé en outre que des techniciens chinois étaient arrivés dans cette région désertique du Darfour pour y envisager une exploration pétrolière.

Selon des média internationaux, des compagnies pétrolières chinoises, déjà très majoritairement implantées au Soudan, discuteraient avec le pouvoir de Khartoum d'un démarrage de l'exploration dans cette partie du Darfour, sous protection de l'armée soudanaise.

 

 

 

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