Tchad: les problèmes d'hier sont ceux d'aujourd'hui (1).

Publié le par Hamid Kelley

L’actualité politique de notre pays est très têtue, immuable. Toujours les mêmes constats douloureux: le pays le plus corrompu de la planète, des citoyens tenus en respect par un pouvoir de plus abject et primitif et une opposition délinquante, antipatriotique et prostituée; une jeunesse perdue dans les méandres de l'ignominie de la culture politique de ses aînés. Et ce n'est pas tout.
S'il est évident qu'il n'y a aucun tchadien qui porte un grain d'estime envers le nommé Idriss Deby, à part des vulgaires voyous en puissance, et des coupables de toutes sortes de crimes, qui ne trouvent leur salut que dans son système de gouvernance dont on sait le fonctionnement, il est tout aussi évident que la longévité du pouvoir de cette pique-assiette n'djamenoise s'explique par la médiocrité des opposants qui s'affichent sur la scène de l'opposition légale (mais pas démocratique) et les politico-militaires.

L'observateur du décor politique tchadien s'aperçoit aisément que la douleur du peuple n'est nullement une priorité pour la plupart de ceux qui s'affichent opposants au régime; qu'ils soient de l’opposition dite démocratique ou de l'opposition armée. Leur égocentrisme ne leur permet pas de mesurer l’importance du temps perdu dans des puérilités alors que le peuple ploie sous le poids conjugué de la famine, des maladies, et surtout de la torture morale et physique.

Je disais, il y a quatre ans: " En fait, luttons-nous réellement contre un pouvoir clanique, chapeauté par un individu qui n’a aucune notion de la valeur humaine, ou bien luttons-nous pour le plaisir d’être des opposants dans le seul but d’avoir une part de ce gâteau douloureusement préparé par les mains de ces braves créatures (…) appelées le peuple tchadien ?"

Aujourd'hui, plus qu'hier, il apparaît évident que c'est pour la seconde raison que nous luttons.
Et comment pourrait-il en être autrement lorsque font partie du lot de ceux qui luttent pour un changement positif des individus connus pour leur frivolité politique?

Qui pourrait prétendre honnêtement que la présence de ces messieurs ne détruit pas la crédibilité de l'opposition aux yeux des masses populaires ?

Pourrait-on nous dire pour quelle intéressante logique, l'opposition s'encombre-t-elle d'individus rejetés par l'ensemble de la population?

Pour ma part, j'avais, en maintes reprises, souligné que le fait de combattre Deby, le désire de se débarrasser de ce système ignoble le plus tôt possible, ne devrait pas être une raison pour que les opposants s'encombrent d'individus qui leur ôteraient toute crédibilité en tant que résistants.

Notons que le terme "résistant" répond bien à toutes les formes de lutte que les tchadiens engagent contre le régime. J'avais tenté personnellement de le faire accepter à nos interlocuteurs étrangers notamment les différents médiateurs pour la résolution du conflit tchadien (les libyens, la CENSAD, UA, les ONG ), en se basant sur la constitution notamment à son préambule qui donne droit au peuple tchadien de se soulever contre un régime comme celui d'Idriss Deby.

Et donc, par rapport à la qualité d'hommes opposants, on remarque que la CPDC est devenue l'ombre d'elle-même à cause de la présence en son sein des vipères politiques constituées en pègre au "service" du malheur tchadien. Des sangsues au sens propre et figuré du terme, qui s'accrochent à toute occasion pour être nommées à des postes de responsabilité.

Si les camarades du Dr Ibni Oumar de la CPDC étaient des vrais responsables, la moindre chose qu'ils doivent exiger avant leur entrée dans un gouvernement dont le chef suprême est Deby, serait des éclaircissements sur le sort de leur collègue, et par ailleurs leur porte-parole, le Dr Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Au contraire, nous avons été témoins d'empressement honteux vers les départements ministériels, au petit signe de Deby. A croire que l'illustre porté disparu était l'obstacle à leur ruée vers la "mangeoire nationale". Pourrait-on compter sur des hommes de cette morale-là? Où est l'engagement politique, pour ne pas parler de patriotisme.

A suivre

Albissaty Saleh Allazam
source: Alhiwar Al-Ifrighi

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