VOLET 1 :Idriss Deby et sa gestion de l’économie tchadienne

Publié le par Hamid Kelley

Donnons la priorité, une fois n’est pas coutume, à l’économie.

Quelle est l’état de l’économie tchadienne, après 18 ans de règne sans difficultés majeures  d’Idriss Deby ?

L’économie tchadienne a été dopée par des subventions et une aide massive des pays partenaires comme la France et la Libye qui ont dégagé tous les moyens pour que Deby réussisse et fasse la démonstration de leur bon choix. En 2003, l’exploitation du pétrole  et les recettes phénoménales qu’elle a engendrées, offraient ainsi l’occasion à l’équipe Deby de propulser le Tchad au rang des pays en voie d’émergence ou presque.
Or, en matière de performance, la note du Tchad n’a pas varié passant de 3,1 en 2003 à 2,9 en 2006. La performance du pays demeure donc dans la fourchette « modérément faible » selon la Banque Mondiale.

- Quelle a été la politique budgétaire des différents gouvernements ?

- Les dépenses publiques ont-elles été consacrées aux secteurs prioritaires de manière à faire profiter les couches de la population les plus pauvres des revenus pétroliers ?

- Quelle est la situation d’endettement de notre pays ?

- Sur le plan macroéconomique, sous l’impulsion de la dynamique créée par l’exploitation du pétrole, quelle a été la croissance de l’économie tchadienne ?

- Finances publiques, monnaie et crédit, balance de paiement, qu’en est il réellement puisque le Tchad n’a pas pu atteindre le point d’achèvement de l’IPPTE (Indice des Pays Pauvres Très Endettés), malgré les recettes pétrolières ?

- Au niveau des secteurs prioritaires, en ce qui concerne l’éducation, quel est le taux de scolarisation dans le primaire, dans le secondaire, le rapport entre filles et garçons ?

- Dans la santé, combien d’hôpitaux ont été construits, combien de médecins pour combien  d’habitants ? Quel est le taux de mortalité infantile, de mortalité maternelle ?

- Quelle est l’évolution du taux de prévalence du VIH Sida dans notre pays ?

- Par rapport aux secteurs productifs : l’agriculture et l’élevage constituent au Tchad les deux principales sources de revenus pour 80% de la population. Quels en sont leurs résultats ?

- Quant aux infrastructures de base : les transports, combien de km de routes bitumées ont été construites ?

- Les équipements collectifs, énergie, eau et télécommunications : Quel est le taux de desserte en eau potable ? Quel est le taux d’accès à l’assainissement, à l’électricité ? Avec l’ouverture du marché de la téléphonie mobile, quel est le taux d’accessibilité au téléphone ?

- Enfin, la gestion des revenus pétroliers, qu’en-est-il après la modification de la loi, et quelle est la part consacrée aux dépenses militaires ? Notre pays bien que faisant partie des pays exportateurs de pétrole, est encore largement dépendant des appuis financiers et techniques des bailleurs de fonds à un degré qui ne s’explique pas.

La bonne gouvernance façon Idriss Deby : des chiffres et des maux.


L’objectif des bailleurs de fond dans la revue à mi-parcours de l’économie tchadienne, vise à évaluer la performance d’un gouvernement dans la mise en œuvre de sa politique de réduction de la pauvreté.
C’est ainsi que inlassablement les deux piliers suivants à savoir, la promotion de la bonne gouvernance à travers le soutien aux réformes économiques et le renforcement des capacités institutionnelles y compris pour les ressources pétrolières d’une part, et d’autre part créer les conditions d’une croissance soutenue dans le secteur non pétrolier à travers le développement des infrastructures et l’exportation  des ressources naturelles.

De manière plus pointue, deux défis se posent à notre pays, la réduction de la fraction de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté et l’utilisation effective des revenus  pétroliers pour financer les secteurs prioritaires.
- En ce qui concerne le développement économique et social.
- Performance économique

Croissance & inflation
 :

En 1998, le taux de croissance du PIB était de 3.6 %, en 1999 de 0.9, en 2000 pareil. Le secteur cotonnier se portant mieux, il a apporté une valeur ajoutée en 2001, 2002, le taux de croissance du PIB a grimpé à 5.6 %, 6.3 %.

En 2004, c’est le boum pétrolier et tenez-vous bien le taux de croissance de notre pays a connu un bond spectaculaire à…33,7% en théorie en tout cas, c’est-à-dire la dynamique que les recettes pétrolières devaient  apporter à l’économie. Or, dès 2005, alors  que le baril est à un prix très attractif, la croissance chute à 7.5 % en 2005, et depuis elle n’a cessé de décroître à 4.6 % en 2006, et 3.1 % en 2007, alors que le baril est en train de crever le plafond à 140 dollars.

L’inflation n’a cessé de s’accentuer passant de 5.4 % en 2004, à 7.9 % en 2005, à 15 % en 2006, à 20% en 2007.


Finances publiques

Les  recettes budgétaires ont représenté  13.8 % du PIB en 2004. Malgré les recettes pétrolières, le déficit budgétaire a sans cesse connu un creusement, conséquence des fortes augmentations des dépenses publiques notamment les dépenses sécuritaires.
Malgré une augmentation du crédit intérieur, l’expansion  monétaire s’est ralentie. Le gouvernement tchadien applique une politique libérale. Hors pétrole, les exportations sont constituées par le coton, les produits de la pêche et le bétail.

Mais concernant les échanges extérieurs, le solde du compte courant s’est détérioré passant de 1.6 % du PIB  à - 8.3 % du PIB en 2006.

Les importantes exportations  de viande vers les pays voisins dont certains  ont eu leurs volailles touchées par la grippe aviaire, et bien paradoxalement au lieu que la balance des paiements soit équilibrée et que les populations le ressentent au niveau du panier de la ménagère,….c’est le prix de la viande sur le marché tchadien qui a connu une hausse vertigineuse. Cela veut dire que l’exportation du bétail se fait largement  hors du circuit légal.

A propos de la dette.

Selon  la BEAC, la mauvaise situation de l’endettement du Tchad depuis plusieurs années s’est améliorée grâce aux recettes pétrolières. L’encours de la dette était à 63.4 % du PIB en 2002, pour baisser à 26 % en 2005-2006.
Selon tous les schémas réalisés, les indicateurs d’endettement du Tchad se redégraderaient  rapidement en cas de baisse du prix du baril de pétrole.
C’est la preuve d’une situation économique extrêmement fragile, et plusieurs fois le gouvernement a été appelé à respecter et à renforcer la discipline budgétaire. C’est ainsi que les résultats enregistrés par l’équipe Deby dans la gestion macroéconomique n’ont pas permis au pays d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE comme il s’en était assigné pompeusement l’objectif. N’ayant pas pu réaliser les objectifs fixés, le Tchad n’a pas pu bénéficier d’allègements substantiels au niveau  du service de la dette.

Education

La part de l’éducation dans le total des dépenses publiques est de 9% en 2004. A N'djamena, le taux brut de scolarisation dans le primaire est de 41% (37 % pour les filles et 45% pour les garçons).
Selon les experts, malgré des progrès, des faiblesses importantes persistent notamment dans le domaine de la qualité de l’enseignement et dans les disparités régionales entre filles et garçons ou parfois l’écart est important.

Santé

L’accès aux soins de santé est possible pour 30% de la population Tchadienne. Il existe au Tchad 1 médecin pour 33.000 habitants en 2005-2006. Le taux de mortalité maternelle est de 900 décès pour 100.000 naissances en 2005.

Le taux de mortalité infantile (enfants de – de 1 an) est de 113 décèss pour 1.000 naissances en 2005.
La prévalence du VIH /SIDA est de 7 %  pour la tranche 15-49 ans en 2001, pour se stabiliser autour de 4% en 2005. Il y a une marge plus importante dans les zones pétrolières.

Les secteurs productifs

Le poids de l’agriculture dans le PIB est de 9%. Le coton occupe la majorité de la population rurale dans la région méridionale; la production est passée de 200.000 tonnes à 170.000 tonnes en 2006 . L’Etat tchadien s’est opposé à la privatisation de la Cotontchad donc continue de la subventionner.

L’élevage a contribué pour 16% du PIB et représente 54% des exportations, pétrole exclus. Les besoins en matière d’hydraulique pastorale à savoir faire 4.000 points d’eau n’ont pas pu être atteints, seuls 1.500 points d’eau existent.

Les produits de la pêche oscillent entre 60.000 tonnes et 80.000 tonnes par an. L’exportation des poissons contribue à hauteur de 4,5% du PIB.

Les infrastructures.
Le réseau bitumé demeure modeste comparé à celui des autres pays de la sous région. Une amélioration est perceptible depuis 2004 mais le réseau reste peu praticable.

L’eau : La STEE n’est pas efficace, elle a d’énormes problèmes structurels et surtout de graves problèmes de gestion. Seuls 2 tchadiens sur 10 ont  accès à l’eau potable. Depuis plusieurs années, le taux de desserte en eau potable n’a pas augmenté. Le taux d’accès à l’assainissement est de 8%.

Concernant l’électricité, le taux de desserte était de 2% en 2005.

Le taux d’accessibilité au téléphone était de 1,6 % en 2004 pour passer à environ 5% en 2006.

La faiblesse des ressources humaines et un environnement  peu propice au développement du secteur privé sont des problèmes qui plombent l’économie tchadienne. Sur le plan de la gouvernance, la capacité de l’administration publique est toujours faible et les réformes préconisées se font trop lentement.
Il faut souligner aussi une gestion opaque et non efficiente des marchés publics qui représentent 80 % des dépenses publiques. Sur 10 projets en cours en 2005, on estime que 70 % sont des projets à problèmes. Là où des pays de la sous-région mettent 4 ans pour exécuter un projet, au Tchad, il faut compter un nombre moyen de 6,5 années.

Les revenus pétroliers et leur gestion  sont mal contrôlés. (L’équipe de Zoomtchad prépare un dossier spécial sur le Pétrole pour très bientôt). Un nouveau code Pétrolier sera adopté en 2009. Le gouvernement s’est engagé à travers un protocole d’accord signé avec la banque mondiale, à exécuter de manière transparente les projets financés sur les revenus pétroliers. La nécessité de renforcer le système de suivi, la procédure d’audit ainsi que le système de gestion et de comptabilité financière a été, à maintes reprises, relevée. Une nouvelle loi  a été votée courant mai 2007 sur les hydrocarbures visant à améliorer le régime juridique et fiscal dans le secteur.

Afin de rendre l’administration publique plus efficace, une importante réforme a été proposée par les institutions internationales portant sur le statut de la fonction publique, sur le régime des congés, sur les prestations familiales, et sur les missions à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
Le choix d’un logiciel pour une gestion administrative et salariale du personnel de l’Etat est en cours.

Marchés publics
Les  partenaires internationaux ont dénoncé le fait de placer au niveau le plus élevé de l’Etat (présidence) la signature des marchés publics. Tout montant supérieur à 50 millions nécessite l’aval de Deby pour le valider.

Selon le PNUD, il existe peu de chance que le gouvernement de Deby puisse atteindre les OMD (objectifs du Millénaire pour le développement). Sur les 18 cibles visées, 10 seront difficiles à atteindre d’ici 2015, les autres sont qualifiés de possible à atteindre avec toutefois un environnement jugé faible, ce qui n’arrange pas les choses.

Quelles sont ces 10 cibles, difficile à atteindre par le régime de Deby et ce jusqu’en 2015 ?

Il s’agit :
1- D’éliminer les disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire.
2- De réduire de 2/3 le taux de mortalité des enfants de moins de 5ans.
3- De réduire de 2/3 le taux de mortalité maternelle
4- De stopper la progression du VIH,
5- De maîtriser le paludisme.
6- De réussir à améliorer l’habitat des tchadiens.
7- De mettre en place un système commercial et financier ouvert et fondé sur des règles non discriminatoires.
8- De formuler et appliquer des stratégies permettant aux jeunes de trouver un travail décent et utile.
9- De rendre les médicaments disponibles et abordables. 
10- Avec les NTIC, faire en sorte que l’accessibilité à ces nouvelles technologies augmente, actuellement, notre pays est le dernier du peloton.

L’équipe de Zoomtchad a épluché et croisé les données des rapports des différentes institutions internationales, Banque Mondiale, FMI, PNUD, BAD ect…, sur la situation économique de notre pays. Il y aurait encore beaucoup à dire mais dans un souci de clarté nous vous avons présenté l’essentiel.

Prochainement : Idriss Deby et l’armée.

 

La Rédaction
www.zoomtchad.com

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Kartcha 15/09/2008 03:26

Faire des commentaires sur quelques lignes est chose facile pour ces ivrognes nés. Il faut plutôt creuser votre cervelle, encore si vous en disposez une, et pondre quelque chose que nous pourrions lire de contradictoire sur ce que avancent les "goranes" de zoomtchad. Sinon, comment un Interamwé peut accuser un autre d'assassin ?

zoomassassin 09/09/2008 11:03

Quand les idiots se prennent pour des savants, il faut ouvrir grand les yeux. zoomgoran qui parle d'économie, c'est le bet qui devient le poumon économique du tcahd.

economiste 08/09/2008 23:39

ou avez-vous etudié l'économie mr Zoomtchad de cette façon. que des mensonges doublés d'incohérences:
Le poids de l’agriculture dans le PIB est de 9%
Il faut souligner aussi une gestion opaque et non efficiente des marchés publics qui représentent 80 % des dépenses publiques
L’accès aux soins de santé est possible pour 30% de la population Tchadienne.

Il s'agit peut être pas du TCHAD. Citez-nous vos sources s'il vous plait.