‘‘Ibni Oumar Mahamat Saleh : IDI et son armée responsable de sa disparition’’

Publié le par Hamid Kelley

‘‘Le rapport qui déçoit et qui fâche’’, titre N’DJAMENA BI HEBDO daté du 08 septembre 2008 qui fait écho de quelques réactions. Le journal cite la réaction des observateurs de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui ‘‘saluent la qualité générale et l’impartialité du travail accompli par la Commission d’enquête’’, contrastant avec celle du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD) qui parle ‘‘d’un non événement’’. Mais le Bi hebdo trouve spectaculaire la réplique du gouvernement qui dans son analyse, trouve que la Commission ‘‘est sortie de son champ d’investigation pour se livrer à un réquisitoire politique’’. Le gouvernement note que ledit rapport ‘‘passe sous silence le rôle des mercenaires et leurs complices’’ et n’avancerait que ‘‘des formules lapidaires’’, ‘‘des affirmations péremptoires’’ et des ‘‘simples indices de suspicion’’. Enfin, prenant au mot le gouvernement, le journal écrit que sur la base des pistes proposées par le rapport Djaïbé, le juge tchadien a la lourde responsabilité de faire toute la lumière sur les événements de février sinon, d’autres s’en occuperont, comme la Cour pénale internationale à qui la famille d’Ibni menace de transférer le dossier de son père.

‘’700 millions de FCFA pour une vérité biaisée’’, titre en Une Le Temps daté du 10 septembre 2008 qui affirme en pages intérieures que la vérité est à moitié révélée. Pour le confrère, l’évocation de la mort probable de Ibni par le rapport de la Commission d’enquête rendu public amène à se poser la question de savoir qui l’a tué. Citant un extrait du rapport qui dit que ‘‘ces disparitions sont intervenues au moment où l’armée gouvernementale avait repris le contrôle de la ville de N’Djaména’’, Le Temps rappelle à témoin le discours de Nicolas Sarkozy tenue devant la communauté française à N’Djaména, le 27 février 2008 : ‘‘la France veut la vérité et je ne céderai pas sur ce point. Ce n’est pas parce que le gouvernement du Tchad est légitime qu’il se permet de faire n’importe quoi’’.

‘‘Ibni Oumar Mahamat Saleh : IDI et son armée responsable de sa disparition’’, renchérit en Une Notre Temps dont l’éditorialiste n’a pas été tendre avec l’opposition politique tchadienne. ‘‘On ne saurait comprendre la facilité avec laquelle les opposants se sont dépêchés de ranger Ibni dans les placards pour passer à table’’, s’insurge-t-il. Et de poursuivre qu’ ‘‘encore une fois, l’opposition tchadienne a montré ses limites et précisé ses objectifs : son manque de principes et de fermeté vis-à-vis du pouvoir et sa participation au pouvoir quelle que soit la couleur de celui qui gouverne’’.

‘‘Déby a-t-il fait tuer Ibni ?’’, s’interroge L’Observateur. Partant du cas de l’opposant Lol Mahamat Choua, l’hebdo cite un extrait du rapport sur ces termes : ‘‘si la preuve n’est pas faite de son instigation ou de sa participation, il est toutefois permis de se poser la question suivante : dans un régime avec une très forte centralisation du pouvoir, un militaire, même de haut rang pouvait-il, sans l’assentiment du président de la République, organiser à la fois la disparition des opposants politiques, leur détention et la réapparition dans une enceinte militaire ?’’

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