Meurtre raciste d’un étudiant tchadien : nous disons NON !

Publié le par Hamid Kelley

Nous venons par cette intervention exprimer tout notre soutien et toute notre indignation quant au meurtre d’Abdel Aziz Hassan, 22 ans, sauvagement tué en Malaisie il y a quelques jours.

 

 

Nous sommes étonnés de voir que les sites tchadiens ne se sont presque pas mobilisés pour dénoncer cette tragédie. Apparemment la politique a droit à plus de place que cet événement malheureux. Depuis quelques années, nous avons régulièrement pu nous rendre compte des mésaventures des étudiants tchadiens. Il y eu le cas des étudiants en Russie qui n’avaient plus de revenus pour vivre décemment, le cas des étudiants tchadiens en Algérie qui avaient même assiégé l’Ambassade du Tchad, les étudiants boursiers au Gabon qui étaient menacés d’expulsion parce que l’Etat tchadien ne semblait plus tenir ses promesses pécuniaires…

 

Comme l’ont expliqué certaines interventions récentes, les étudiants africains, donc noirs, sont devenus des cibles d’agressions racistes pour quelques groupuscules de néo-nazis, en Russie, en Ukraine, Turquie, … Les cas d’agressions d’étudiants d’autres nationalités que tchadienne, victimes d’attaques xénophobes ont même été évoqués à plusieurs reprises sur Rfi. Nous avons tous été émus il y a quelque temps du meurtre du compatriote Abdelnasser Gody en Turquie pour des raisons tout aussi inhumaines.

 

Si nous pouvons nous plaindre en Europe de comportements, de situations, de rapports que nous jugeons parfois xénophobes (à tort ou à raison), il faut reconnaître que dans certains pays, être noir peut vous attirer des ennuis physiques, la preuve. Ce meurtre est d’autant plus choquant que des policiers, présents lors de l’agression, se sont abstenus d’intervenir ; jugeant certainement inutile de sauver des africains de « ce qu’ils méritent ». Pire, selon des coupures de presse Malaisiennes, des commerçant voisins de la faculté et de la zone ou habitent ces étudiants africains se seraient littéralement réjouis de ce qu’ils considèrent comme une « leçon ».

 

Abdel Aziz Hassan, 22 ans, marié et jeune père d’un enfant de 8 mois ne méritait pas cela. Si cet acte odieux peut être considéré comme isolé et non exceptionnel parce que de plus en plus fréquent. La fatalité ne nous permet pas de rester silencieux. La moindre des choses serait que l’Etat tchadien demande des explications et une enquête pour ce qui concerne pas seulement les tchadiens mais aussi tous les étudiants africains qui subissent en silence des rackets, agressions et… crimes, parce que noirs de peau.  Si nos liens avec la Malaisie sont nés du « business pétrolier », il faut savoir que ce grand pays qui a pour capitale Kuala Lumpur peut être un eldorado pour étudier et apprendre la vie côté 21ième siècle. Cela ne justifie pas qu’on ferme les yeux là-dessus.

 

Paix à ton âme Abdel Aziz, bon courage à tous ses amis et collègues de Malaisie ainsi qu’à tous les autres étudiants qui peuvent se sentir concernés par ces faits. Toutes nos condoléances à sa famille ainsi que tous ses proches.

 

 

 

 

 

 

 

Membres de la communauté tchadienne en France :

 

Taher CHEMI KOGRIMI

Issa ALI ABBO

Ali YOUSSOUF AHMAT

Ali KOREI

Mahamat-Nour HASSABALLAH

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