la fin de la saison de pluie est les déserts pour Deby

Publié le par Hamid Kelley

Deby : Mirage ad vitam
 
Le deadline d’octobre sonne le glas de la chute. Dans le cénacle présidentiel, les barons s’agitent. L'armée s’effrite. Château de sable.

 

Paranoïa. Psychose. Un vent de panique souffle. La garde rapprochée de Deby a pris la poudre d’escampette. L’explosion d’un obus de mortier le 28 septembre 2008 à Am-Djeress a fait fondre le dernier cercle des sbires de Deby dans le maquis (la panique). A bord d’une quarantaine de véhicules 4x4, le carré des éléments de la garde présidentielle s’est enfui sans l’ombre d’un remord. Plongé dans une crise d’angoisse paroxystique, Idriss Deby chef de milice à présent esseulé, a palpé les profondeurs de la solitude présidentielle. Epilogue d’une semaine agitée.

IDI épuise son rouleau de sept vies. Tir d’obus, attentat, l’éthilo-dictateur s’est rincé la dalle avec une douceur éthylique forte appréciée au palais rose : Le cheval Blanc. Et de six ! Il ne reste plus qu’une seule corde à l’espérance de vie du despote. Après la tempête de février, le champ des armes de juin, l’évacuation sanitaire express pour La Salpetrière en France et son chapelet de dégâts collatéraux, le deadline du dictateur est inscrit en rouge sur le calendrier du fatidique mois d’Octobre.

Horoscope ? Certitude de la rébellion ? Une conviction se répand en onde de choc dans les casernes de la milice de N’djamena : L’assaut des groupes militaro-politique anti Deby sera d’une charge explosive de forte magnitude. Palais rose au feu des roquettes, IDI déboute, la soldatesque en déroute. Les prévisions de la résistance nationale n’annoncent pas l’apocalypse. Un cycle politique teinté d’affairisme, de corruption et d’assassinat s’achève avec la chute programmée de Deby.

L’explosion de l’obus à Am-Djeress et la démobilisation de la garde présidentielle ont valeur de prémonition. Les mohicans présidentiels ont avalé leur bravoure. Signe de la chute du soldat-IDI.

Les stratèges du régime aux abois ont versé dans le cynisme militaire. A coup de centaines de millions, ils achètent et forment un « rideau de chair ». 525 mineurs sont soumis à un entraînement intensif dans la localité de Moussoro. Routouang Yoma a joué les facilitateurs. Dans les camps des réfugiés, il a labouré la conscience des faméliques d’adolescents avec une bouchée de pain et une poignée de Fcfa. Pension par excellence des enfants soldats. Le destin de ce « « rideau de chair » est suspendu au bout des kalachnikovs. Survie politique oblige.


A Paris, Bruxelles, Bernes et en Arabie Saoudite , les émissaires spéciaux de N’djamena traînent des valises « diplomatiques » d’un genre particulier. Le trésor tchadien sur « haute instruction » a déloqué plus de 800 millions pour une campagne de séduction d’une clique de pseudo opposants exilés. Les barons du système militaro- prévaricateur tchadien se lancent dans une opération de récupération politicienne. Après le piège tendu à certains opposants naïfs, les apparatchiks veulent verser la poudre aux yeux de l’opposition politique et armée. Objectif : Désenvoûter « ceux qui succombent encore aux illusions du pouvoir au bout du fusil ». Echec.

Désemparés, les tchadiens n’ont d’oreilles qu’aux chants de la déchéance du régime dictatorial. Tirs d’obus, le crépitement des armes, toute révolution a ses tambours. Le roulement des batteries joue la symphonie du soir.

L’exercice du pouvoir, le pétrole, le luxe plongent Deby dans les folies de dictateurs. IDI, 18 ans aux commandes de l’Etat, se promène esseulé et manchot dans un mirage, séduction d’un pouvoir ad vitam. La cessation de l’anesthésie présidentielle s’annonce brutal. Octobre de tous les déserts.


La Rédaction de Tchadvision

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Idriss Doumgoto 04/10/2008 12:04

Wait and see