L’UNITE : UNE CHANCE POUR L’OPPOSITION ARMEE

Publié le par Hamid Kelley


La recherche de l’unité de l’opposition est une nécessité absolue pour les mouvements armés de l’est du Tchad car on ne peut envisager l’avenir de notre pays avec une multitude de forces armées ayant des objectifs divers et un manque de vision perspective pour le Tchad.
Mais l’unité de l’opposition suppose t-elle un regroupement de toutes les forces existantes au sein d’un seul et même mouvement ? Faut-il, comme le préconise certains, se diriger vers une seule pensée unique et choisir une seule voie pour apporter le changement dans notre pays ?

Je ne le crois pas !
La diversité de l’opposition est une chance pour le Tchad et permettra de prendre en compte plusieurs solutions et éviter qu’un seul mouvement à l’instar du MPS ou du CCFAN ne s’accapare le pouvoir et le dénature complètement. L’existence d’une diversité de mouvements à l’Est du Tchad permettra une meilleure prise en compte des aspirations de notre peuple et un meilleur gage pour l’instauration d’un processus démocratique véritable.
La recherche de l’unité ne doit pas être perçue comme une tentative de regroupement sur des bases aléatoires mais l’unité doit être au contraire une démarche politique pour s’entendre sur les questions essentielles qui minent l’opposition actuelle : la personnalité future qui doit diriger la période pré-transitoire, le programme politique commun à toutes les forces combattantes, la prise en compte de tous les acteurs politiques de l’intérieur dans la gestion de la future transition.
Si toutes ces questions sont résolues et si un consensus se dégage, l’exigence dogmatique des uns pour une fusion totale des forces armés en un seul mouvement deviendra anecdotique car si nous sommes incapables de résoudre ces questions et si nous n’arrivons pas à dégager un consensus, comment pourrions nous objectivement arriver à une fusion de toutes les mouvements armés de l’Est ?
La fusion des mouvements est une question éminemment politique et ne peut être possible à l’heure actuelle avec la classe politique actuelle de la résistance nationale. Ce n’est pas seulement une question de volonté patriotique, en effet Il ne faut pas faire preuve de naïveté politique en avançant des idées tout à fait idéalistes et qui n’ont d’autres buts que d’amuser la galerie.
Ceux qui avancent ces idées sont les premiers à privilégier une vision tribaliste de la lutte et sont incapables de dépasser les clivages subjectifs dont ils sont prisonniers.
Quelques amateurs politiques tout frais sur la scène politique tchadienne veulent donner des leçons, croyant que la politique ou la lutte armée est un jeu de dupes oubliant leurs propres responsabilités et la nécessité de défendre la cause nationale.
Ce n’est pas en criant fort qu’ils veulent l’unité qu’ils sont vraiment pour l’unité.
Alors faisons l’unité de nos moyens ! celle qui est possible là, maintenant et non pas crier à tûtes tête que l’on ne veut pas de telle ethnie ou de telle tribut, comme si la vision de ces nouveaux révolutionnaires se résument à débarrasser le Tchad essentiellement des zaghawas, de goranes des arabes ou autres ouaddaiens .

Non l’enjeu est plus grand et tous ceux qui se sacrifient sont des tchadiens et sont égaux.
Ce n’est pas la revanche d’une ethnie ou d’un nouveau groupe c’est la revanche de tous les tchadiens sur un système despotique qui retient le peuple en otage.
L’unité est une chance encore faut-il que nous soyons capable de la saisir et digne de porter les aspirations de notre peuple.



ABOU AHMAT DJIMRANGAR

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