La paix au Darfour contre la fin des poursuites envers Omar el-Béchir ?

Publié le par Hamid Kelley

en3mots: Une délégation soudanaise vient d’achever sa visite à Paris. En échange de gestes concrets sur le Darfour, Paris propose de soutenir  à l'Onu la suspension des poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) intentées contre le président Omar el-Béchir. De son côté, Khartoum se dit prête à faire la paix et déclare qu’elle ne livrera jamais ses ressortissants à la CPI puisqu’elle ne la reconnaît pas.

Officiellement rien n’a été dit, les dirigeants n’en sont qu’au stade du « marchandage » ainsi que le définit RFI. Paris propose de soutenir à l’Onu une suspension de la procédure engagée par la CPI contre le président soudanais, et ce en échange d’une normalisation de la situation au Darfour, province ouest du pays. La CPI a en effet lancé en juillet dernier un mandat d’arrêt contre Omar el –Bechir , accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

 De son côté, Khartoum est prêt à accepter 3 des 4 conditions de Paris :

- la relance du processus de paix : sur ce point, le Soudan espère que Paris pourra convaincre les rebelles du Darfour de venir s’asseoir à la table des négociations

- le déploiement d’une force hybride de l’Onu au Darfour

- la normalisation des relations entre le Soudan et le Tchad : Khartoum ne précise pas ce qu’elle fera pour se rapprocher du président tchadien, Idriss Déby.

 Par contre, le Soudan se refuse à livrer un quelconque de ses ressortissants à la CPI. Or la Cour réclame l’arrestation du ministre soudanais aux Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et du chef de milice pro-gouvernementale Janjawid, Ali Kosheib.

Concrètement donc, la paix est encore loin, beaucoup de conditions sont encore posées au cessez-le-feu.

Marie Barral

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