A Abéché, la Force Européenne(Française) sert de bouclier à Deby. Carburant, vivres, les combattants de N’djamena s’approvisionnent. Climat de panique.

Publié le par Hamid Kelley

Tchad : L’Eufor couvre, l’armée se ravitaille


A Abéché, la Force Européenne sert de bouclier à Deby. Carburant, vivres, les combattants de N’djamena  s’approvisionnent. Climat de panique.

 




 
Les scénarios de février se redessinent sur les terres désertiques de l’Est du Tchad. Les petits copinages entre l’armée de N’djamena et l’Eufor accouchent d’un soutien sans faille au régime dictatorial tchadien.

A l’Est, frontière avec le Soudan- ennemi, l’Eufor offre sa piste d’atterrissage aux hélicoptères de Deby. Carburant, vivres, logistiques ; la milice d’IDI se ravitaille. L’Eufor veuille.

La couverture humanitaire des troupes de l’Union Européenne sert d’alibi aux puissances occidentales afin qu’elles soutiennent Deby dans les affrontements probables d’octobre. La neutralité de la force de l’Union Européenne est mise à l’épreuve des combats.

Ces derniers jours, des hélicoptères de combats de fabrication soviétique défilent à un rythme accéléré sur la piste d’atterrissage  tracée pour  les hommes du général Nash.

Selon une ONG international déployé à Biltine, environ huit avions de guerre de l’armée régulière atterrissent sur les installations logistiques de la Force Européenne. « Des hommes et surtout du carburant et les armes sont transportés de N’djamena vers la région ».

Du coup, le prix du litre d’essence s’envole. Spéculation. Il faut débourser 1800 Fcfa pour un précieux litre de carburant. Glouton du carburant pour sa machine de guerre, Deby a fait confisquer deux distributeurs d’essence. Le stock a été déclaré « d’utilité publique ». Ça coule à flot dans les moteurs et engins de la milice présidentielle.

Les deux propriétaires des essenceries ont été gardés à vue dans un premier temps chez le gouverneur de la région. Ahamat Azzrag Mohadine et Ouchar Dahab sont à présents dépossédés et ruinés. Ils sont contraints au silence, la moindre protestation publique pourrait être fatale.

Une forte concentration des hommes de Deby est perceptible depuis la fin de semaine dernière à Abéché. La ville est littéralement ris d’assaut par des combattants qui font des achats massifs, signe des temps incertains dans les affrontements. Les lieux de commerce sont ouverts à ses « clients » d’un genre bien particulier.

 Sacs au dos, fusils en main, la mine sévère, ils font le tour de commerce. Et en ressortent avec des stocks importants. Aux premiers rayons de soleil qui déclinent à 16h30, les centres commerciaux sont fermés. La peur au ventre, les commerçants plient boutiques. La nuit tombée, Abéché est une ville fantôme. Seuls rôdent l’ombre des chars et hélicoptères anti- rebelles.

L’agitation a donc gagné les rangs de l’armée de Deby. Les soldats de N’djamena, la légion des « achetés » composés des mercenaires et enfants-soldats et l’Eufor manœuvrent près de la frontière soudanaise. En attente des mouvements politico-militaires anti-Deby.

Où sont donc les rebelles ? Surprise, ils sont là ! Juste en face. Tempête de canons.  Que ferra l’Eufor ? L’offensive vers le palais rose commence…

 

Par D.L  de N’djamena-matin

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