Tchad-Soudan : La Libye tente une nouvelle médiation

Publié le par Hamid Kelley

gaboneco: Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères chargé des affaires africaines, Ali Abdessalam Triki, a annoncé le 15 octobre à Khartoum l’organisation d’une rencontre entre les ministres soudanais, tchadien et libyen des Affaires étrangères pour tenter de trouver une issue durable au conflit soudano tchadien. La rencontre qui devrait se dérouler avant la fin du mois d’octobre pourrait s’avérer fructueuse eu égard aux dispositions d'esprit du président soudanais, Omar El Béchir, qui a lancé le 16 octobre une initiative pour la paix en se déclarant ouvert à une solution pacifique durable.

La Libye trouvera-t-elle les mots qu'il faut pour amorcer une normalisation durable entre le Tchad et le Soudan, à couteaux tirés depuis 2003 ? La diplomatie libyenne a annoncé le 15 octobre dernier à Khartoum l’organisation avant la fin du mois d’octobre d’une réunion de médiation entre les ministres des Affaires étrangères soudanais, tchadien et libyen.

«Une réunion trilatérale se tiendra à Tripoli avant la fin du mois d'octobre au niveau des ministres des Affaires étrangères du Soudan, du Tchad et de la Libye pour examiner les étapes rétablissement des relations entre le Soudan et le Tchad», a affirmé le vice-ministre libyen des Affaires étrangères chargé des affaires africaines, Ali Abdessalam Triki.

La réunion devrait également examiner «les mesures visant à un échange de missions diplomatiques entre les deux pays», a annoncé monsieur Triki, en séjour à Khartoum pour participer au lancement le 16 octobre de l’initiative soudanaise de réconciliation nationale.
La réunion devrait également examiner «les mesures visant à un échange de missions diplomatiques entre les deux pays», a annoncé monsieur Triki, en séjour à Khartoum pour participer au lancement le 16 octobre de l’initiative soudanaise de réconciliation nationale.

Le président soudanais, Omar El Béchir, a lancé le 16 octobre à Khartoum une initiative pour la paix, dans cette province de l'ouest du Soudan frappée par une guerre civile depuis 2003.

«Malgré les difficultés et les obstacles (...), nous annonçons que nous sommes résolus à une solution définitive cette fois», a assuré monsieur El Béchir. Le chef de l’Etat soudanais a tenu son discours à l’occasion d’une cérémonie qui regroupait de nombreux responsables locaux et régionaux, notamment le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa et le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping.

«Les solutions fondamentales au problème du Darfour (...) résident dans un développement global équilibré et un système administratif non centralisé», a ajouté le président soudanais.
Il a enfin affirmé qu'un budget de 250 millions de dollars serait alloué au développement de cette région l'an prochain. «Nous appelons toutes les parties concernées (...) à appuyer les tentatives de l'Etat» pour la paix, a conclu El Béchir.

Le Tchad et le Soudan entretiennent des relations fratricides depuis cinq ans, s'accusant mutuellement de soutenir les rébellions armées contre leur régime respectif. Le Soudan avait rompu en mai les relations diplomatiques après une attaque de rebelles du Darfour près de Khartoum, accusant N'Djamena d'être derrière cette attaque.

Khartoum et N'Djamena se sont engagés à rétablir leurs relations diplomatiques pour la prochaine réunion en octobre à N'Djamena du groupe de contact chargé de régler leurs différends.

Le conflit entre groupes rebelles et forces gouvernementales au Darfour a fait depuis 2003 plus de 300 000 morts selon l'ONU, 10 000 selon Khartoum.

Le procureur de la Cour pénal international (CPI), l’Argentin Luis Moreno-Ocampo, a requis le 14 juillet à La Haye, aux Pays-Bas, l’inculpation du président soudanais Omar El Béchir et sa poursuite devant les chambres de la CPI pour «génocide et crimes contre l’humanité».

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