MEUTRE DU MEDECIN IDRISS SAKOUM : Encore sous le choc, des Tchadiens s’interrogent

Publié le par Hamid Kelley

Lesoleil: L’identité et le mobile de l’assassin d’Idriss Sakoum, médecin tchadien spécialisé en neurochirurgie, demeurent toujours un mystère. Toujours sous le choc, des compatriotes de la victime ont prié hier pour le repos de son âme.

C’est toujours l’émoi dans la communauté tchadienne à Dakar. Hier matin, elle s’est retrouvée au domicile de la victime à Sicap Karack, quartier de Dakar, pour prier pour le repos de son âme. Le Dr Idriss Sakoum a été sauvagement tué, mardi dernier, chez lui. Il a été retrouvé sur son lit baignant dans son sang et mort vers 11 heures. « Sa tête a été fracassé, c’était horrible », a confié un de ses compatriotes et proche ami. Il a été assommé, mais l’arme du crime n’aurait pas été retrouvée par la police.

Les premiers soupçons se portent sur une personne qui semble connaître la victime ; les deux ont pris le petit-déjeuner ensemble en début de matinée, après avoir dîné la veille en compagnie d’un autre invité.

Sa domestique raconte que le Dr Sakoum a dit ne pas bien se sentir juste après avoir pris le petit-déjeuner, et s’est retiré dans sa chambre. Son présumé tueur à alors saisi l’occasion pour éloigner la domestique. Il l’envoie une première fois chercher des médicaments à la pharmacie juste en face. La femme revient aussitôt bredouille, car les médicaments prescrits n’étaient pas disponibles. L’individu renvoie la domestique acheter d’autres articles, plus loin de là. A son retour, celle-ci constate l’absence du visiteur et la disparition de l’ordinateur portable et du cellulaire de son employeur. L’homme aurait emporté ces deux appareils. A en croire les témoignages et le voisinage, son bailleur a du défoncer la porte de la chambre, le médecin ne répondant pas aux appels de sa logeuse et de sa domestique inquiétées par ce comportement inhabituel.

Le corps sans vie du médecin a été transporté par la suite à l’Hôpital général de Grand Yoff (Hoggy), ex-Cto, où il a été procédé, le lendemain mercredi, à une analyse de la blessure fatale. Le rapport aurait été remis à la police de Dieuppeul qui mène l’enquête. L’identité du fameux visiteur et le mobile du crime ne sont pour le moment pas divulgués.

Ses compatriotes pensent que le tueur aurait drogué la victime pour pouvoir commettre « aussi facilement son forfait, car Idriss Sakoum est un costaud, même s’il avait le pied sous emplâtre ».

A Dakar depuis presque cinq ans, la victime, neurologue de son Etat, suivait une spécialisation en neurochirurgie. Agé seulement de 39 ans, il devait dans ce cadre se rendre en France, ce lundi, pour un stage. Sa femme et ses deux enfants sont rentrés quelque temps avant au Tchad. Selon ses proches, Idriss Sakoum était quelqu’un de bien, « il rendait service à beaucoup d’étudiants tchadiens à Dakar ». Il était soutien de sa famille au Tchad. « Vraiment, je ne comprends pas, je suis choqué par cette méchanceté gratuite », s’écrie ce Tchadien enseignant à Dakar, ayant requis l’anonymat.

Près d’une semaine après le drame, la communauté tchadienne montre d’autant sa peine que l’assassin court toujours. Pour en savoir plus pour les besoins de l’enquête, la dépouille de sa victime serait autopsiée ce lundi, en attendant son rapatriement au Tchad.

 

M.L.BADJI

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