Abéché : Communication, Une ville ouverte sur le monde

Publié le par Hamid Kelley

cefod: Contrairement à certaines villes du centre ou du nord du pays, Abéché n’a rien à envier à la capitale tchadienne en matière de moyens de communication. Comme à quelque chose malheur est bon, à cause de la catastrophe humanitaire de l’Est, Abéché s’ouvre sur le monde.

En matière de communication, la ville d’Abéché est bien servie et même mieux servie que certaines grandes villes du pays telles que Moundou, Sarh Doba, etc. Le chef-lieu du Département de Ouara abrite deux stations de radiodiffusion : la station provinciale, relais du poste national, et La Voix du Ouaddaï dont la création récente a été favorisée par une organisation non gouvernementale américaine. Pour accompagner les projets de développement initiés en faveur des réfugiés, populations déplacées ou autochtones, La Voix du Ouaddaï sensibilise sur la préservation de l’environnement, le VIH/sida, l’assainissement, etc.

Plusieurs chaînes de télévisions étrangères arrosent la ville d’Abéché par le biais des antennes paraboliques. Humanitaires, employés des ONG ou fonctionnaires de l’Etat, chacun a consacré une partie de ses ressources afin de se procurer un poste téléviseur pour suivre les émissions diffusées par ces chaînes étrangères. Chaque concession compte autant de postes téléviseurs que de chefs de ménage.

Communications par satellites

Ville des humanitaires, Abéché communique intensivement avec les institutions internationales et non gouvernementales dont les antennes sont implantées à l’Est du Tchad. Le système des Nations Unies, l’Union européenne, la Coopération allemande, la Croix Rouge internationale, la Cour pénale internationale, etc. figurent parmi les organismes qui communiquent le plus avec l’extérieur, soit par internet, soit par téléphone.

L’internet constitue l’un des outils de travail dont se servent régulièrement les organisations humanitaires internationales et certaines ONG. Beaucoup ont souscrit un abonnement VSAT, surtout à cause de la rapidité du service qu’il offre en matière de connexion. D’autres préfèrent prendre leurs abonnements auprès des compagnies de téléphonie pour accéder à l’internet. Un ou deux Cybercafés accueillent les internautes qui ne peuvent utiliser les services qu’offrent ces institutions. Les Organismes humanitaires utilisent aussi des échanges radios et des appareils Talki Walkies.

Deux compagnies de téléphonie mobile et la société de télécommunication (SOTEL) se partagent le marché à Abéché. Elles contribuent ainsi à faciliter le contact des populations d’Abéché avec l’extérieur et les autres régions du pays, même si des perturbations à répétition rendent parfois difficiles ces liaisons téléphoniques. La voie aérienne est la plus utilisée en cette période de pluies pour désenclaver la ville. Les avions humanitaires assurent presque quotidiennement des vols sur Abéché, Goz-Beida, Iriba, Guéréda, etc. Ils y acheminent le personnel des ONG, des institutions internationales, les commerçants ou les fonctionnaires de l’Etat. Pourvu que chacun en fasse la demande aux responsables du bureau de coordination des actions humanitaires du système des Nations Unies (OCHA).

La route très sollicitée

Base arrière de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT), de la force européenne (EUFOR) et de la force française épervier, Abéché est desservie par de gros avions de transport de troupes et des hélicoptères affectés dans le cadre de ces opérations de maintien de la paix.

Par voie terrestre, des bus assurent quotidiennement le transport des personnes et marchandises entre la capitale et Abéché. Beaucoup apprécient les services que ces véhicules rendent aux familles ou aux personnes dont les proches résident de part et d’autre des deux villes. « Nous confions aux conducteurs des commissions pour des amis ou parents de N’Djaména. Eux également nous envoient du poisson frais ou fumé par les mêmes occasions. Rien ne se perd », témoigne une jeune femme. Enfin, par Abéché transitent également les marchandises en provenance du Soudan et de la Libye.

Laoro Gondjé

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