EST DU TCHAD: REGAIN D’INSÉCURITÉ, FORTE LIMITATION DES ACTIVITÉS HUMANITAIRES

Publié le par Hamid Kelley

EST: REGAIN D’INSÉCURITÉ, FORTE LIMITATION DES ACTIVITÉS HUMANITAIRES

“La situation dans l’est du Tchad est vraiment à la limite. Si un contrôle efficace et capillaire sur tout le territoire ne devait pas être rétabli dans les prochaines semaines, des milliers de déplacés ne bénéficieront plus d’aucune assistance”, a déclaré à la MISNA Maurizio Giuliano, porte-parole du Bureau pour les Affaires humanitaires de l’Onu (Ocha), faisant référence à l’aggravation des conditions sécuritaires dans l’est du pays, à la frontière avec le Soudan, contraignant les agences humanitaires à suspendre leurs opérations en faveur des populations locales.

Du 1er janvier dernier à ce jour, ajoute le porte-parole, “les organisations humanitaires ont été victimes de 124 épisodes entre attaques, enlèvements et incidents, dont 47 visant des convois de l’Onu et 77 contre des organisations non gouvernementales (ong), pour un total de quatre homicides, dont le nombre s’élève à 12 si l’on prend en compte la période depuis octobre 2007, soit un par mois pendant 12 mois”. Une telle situation a contraint ces derniers mois plusieurs organisations humanitaires à interrompre leurs activités.

Les convois humanitaires “sont presque toujours escortés, explique Giuliano, ce qui ne contribue pas à faciliter les opérations dans les camps car aucun contrôle n’est effectué dans de vastes zones de l’est du pays”. En particulier, précise le fonctionnaire de l’Onu, ces dernières semaines la situation s’est particulièrement détériorée dans la zone de Dogdoré, où sont établis quelque 26.000 évacués et où les opérations humanitaires (pour la population locale comme pour les déplacés) seront bientôt suspendues, exception faite pour les activités de base comme l’assistance médicale d’urgence et la distribution d’eau potable. “Il y a de nombreux éléments armés qui rôdent à proximité des camps de réfugiés, ce qui représente un danger mais compromet aussi la nature civile des camps”, explique le porte-parole de l’Ocha.

Juste hier, le sous-secrétaire général des Affaires humanitaires de l’Onu, John Holmes, a adressé un appel au gouvernement de N’djamena et à toutes les parties impliquées dans le conflit afin “qu’ils travaillent en contact étroit avec les opérateurs sur le terrain, pour en garantir la sécurité”.

 

 

Misna

 

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