Combats au Darfour-Nord: l'armée affirme avoir affronté des "voleurs"

Publié le par WALDAR

KHARTOUM (AFP) - L'armée soudanaise a annoncé dimanche que des heurts avaient opposé ses troupes à des "voleurs" dans la région du Darfour (ouest), où des mouvements rebelles l'ont accusée d'avoir mené des bombardements aériens.

Des commandants rebelles ont accusé le régime soudanais d'avoir bombardé vendredi la région de Kurbia, dans le Darfour Nord, en dépit de l'annonce mercredi par le président Omar el-Béchir d'une trêve immédiate dans cette région en proie à une guerre civile.

Mais le porte-parole de l'armée, le général Mohamed Osman al-Aghbash, cité par la version arabe du site internet Sudan Media Centre, considéré proche des services de renseignement, a déclaré que l'armée avait affronté des "voleurs".

"Un convoi humanitaire de camions a été pris dans une embuscade par des voleurs dans la région de Kurbia", a-t-il déclaré. "L'armée est intervenue et a commencé à affronter les voleurs. Ces derniers se sont enfuis et l'armée n'a subi aucune perte", a-t-il ajouté.

Le gouvernement a démenti les bombardements de vendredi, ajoutant que toute opération future serait menée en état de légitime défense.
De son côté, Mohammed Mandour el-Mahadi, ténor du Parti du congrès national (NCP, au pouvoir), a établi une distinction entre les rebelles et les bandits. "Les autres, les bandits, sont-ils inclus dans le cessez-le-feu?", a-t-il déclaré à la presse. "Je ne le crois pas. Si on a un voleur au Darfour, il faut l'affronter".

Le cessez-le-feu concerne les mouvements rebelles mais "le gouvernement doit combattre les autres et nettoyer les rues du Darfour", a-t-il poursuivi.

La Force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour (Minuad) a annoncé qu'elle espérait pouvoir dépêcher lundi une équipe dans la zone incriminée. "Nous sommes sur le point de mener une enquête en envoyant sur place une équipe pour voir ce qui s'est passé, les armes utilisées et qui a fait quoi", a déclaré un porte-parole, Ali Hamati.

La guerre civile au Darfour a fait 300.000 morts depuis 2003 selon l'ONU, 10.000 selon Khartoum.

Le principal mouvement rebelle de la région, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), a rejeté la trêve, qualifiant la déclaration du président Béchir de "propagande".

Le cessez-le-feu est considéré par les détracteurs du régime comme une tentative pour détourner l'attention sur les accusations de "crimes de guerre" au Darfour portées contre M. Béchir par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI).

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