Darfour : Ban, préoccupé par les combats, appelle les parties en conflit à la retenue

Publié le par WALDAR

 .un.org: Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est déclaré mercredi préoccupé par les informations indiquant une recrudescence des combats au Darfour (Soudan) et a appelé à la retenue toutes les parties en conflit.

 

« Lors des derniers jours, les Nations Unies ont reçu des informations concernant des bombardements près de Kutum dans le Nord-Darfour, ainsi que des informations sur des combats dans la zone de Tine, dans l'Ouest-Darfour, et le long de la frontière avec le Tchad », selon une déclaration transmise par la porte-parole de Ban Ki-moon.

 

« Le Secrétaire général prend très au sérieux ces informations et appelle toutes les parties à éviter les hostilités, à respecter l'esprit du cessez-le-feu récemment déclaré par le gouvernement du Soudan et à coopérer avec l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) dans l'enquête sur ces informations », poursuit la déclaration.

 

Par ailleurs, la MINUAD a indiqué mercredi que le chef médiateur adjoint pour le Darfour, Djibril Bassolé, était actuellement au Darfour dans le cadre de ses efforts pour relancer le processus de paix. Il a eu des consultations avec diverses parties au Darfour, dont la direction du Front uni pour la résistance (URF). Il a aussi rencontré l'assistant au président soudanais et dirigeant de l'Armée de libération du Soudan (SLA/M), Minni Minawi.

De son côté, le groupe d'experts sur le Soudan note dans un rapport rendu public mercredi que toutes les parties au Darfour continuent de commettre des violations flagrantes de l'embargo sur les armes. « Le gouvernement soudanais de même que les groupes armés du Darfour ont pu ainsi poursuivre leurs opérations militaires offensives à l'intérieur du Darfour comme à l'extérieur », souligne-t-il dans ce rapport remis au Conseil de sécurité. « À l'intérieur du Darfour, les agissements de toutes les parties montrent clairement qu'une solution militaire au conflit a été préférée à toute tentative sérieuse de pourparlers de paix. Les efforts visant à amener les belligérants à la table des négociations ou à les convaincre de conclure des cessez-le-feu ont échoué », estiment les experts.

« Les groupes armés du Darfour continuent à se fragmenter et l'insécurité s'aggrave sans qu'il n'y soit guère fait obstacle. Les survols militaires à caractère offensif se poursuivent impunément, tout comme les attaques commises par les principaux groupes armés et par l'armée soudanaise », ajoutent-ils.

Selon eux, le remplacement des forces de maintien de la paix de l'Union africaine par l'Opération hybride Union africaine-Organisation des Nations Unies n'a pas donné lieu aux avantages escomptés sur le plan de la sécurité. Dix mois après avoir été déployée, la nouvelle force continue d'être attaquée de la même façon que l'était la mission précédente et s'est révélée jusqu'ici incapable de se défendre et de protéger la population civile du Darfour ou de s'acquitter de l'obligation qui lui est faite dans les dispositions pertinentes de son mandat de vérifier l'embargo sur les armes.

« Dans ce contexte de violations continues, le conflit au Darfour s'est aussi considérablement étendu au niveau de la région. Les groupes armés du Darfour n'ont pas cessé de mener leurs attaques à l'extérieur du Darfour et ont même maintenant atteint la capitale du Tchad et celle du Soudan. Il est indéniable qu'une guerre est actuellement menée par procuration entre le Soudan et le Tchad, faisant appel à des acteurs non étatiques à l'intérieur et autour du Darfour », soulignent les experts.

Afin de faire face à cette situation, le groupe d'experts recommande que le Conseil de sécurité réexamine les options en vue d'étendre l'embargo sur les armes à l'ensemble du territoire du Soudan et d'y incorporer le Tchad et des zones du nord de la République centrafricaine. Il estime que la vérification de l'embargo sur les armes doit être immédiatement intégrée dans les structures opérationnelles de la MINUAD et dans d'autres opérations de maintien de la paix des Nations Unies ainsi que dans la force de protection de l'Union européenne déployée dans la région et que ces opérations doivent être dotées du mandat et des ressources nécessaires pour surveiller et appliquer vigoureusement cet embargo élargi.

Commenter cet article