Affaire Habré, les Ong en grande difficulté.

Publié le par WALDAR

Dakar, la capitale sénégalaise, a accueilli du 24 au 25 novembre 2008 le comité international pour le jugement équitable de l'ancien président Hissein Habré. Ce comité comprend outre les organisations internationales de défense des droits de l'homme telles que la FIDH, Amnesty international, Human right watch mais aussi leurs succursales tchadiennes (LTDH, ATDH, ...) et sénégalaises (Raddho, ONDH,...), et bien d'autres petites structures sangsues que nous ne pouvons toutes citer ici.

Relevons que parmi ce beau monde, certains participants n'ont plus d'activité officielle dans ces organisations depuis belle lurette (Me Sidiki Kaba, Me Boucounta Diallo, M Dobian Assingar) mais qui ont été tout de même rappelés en renfort pour réexaminer le cas d'Hissein Habré, ancien président de la République du Tchad qui vit en exil au Sénégal depuis près de 20 ans et poursuivi par ces mêmes Ong de plusieurs chefs d'accusation.

Le tôlée général observé en Afrique ce dernier temps et la montée au créneau du Président de la commission africaine, Monsieur Jean Ping, pour énergiquement condamner la traque tous azimuts des dirigeants africains par les juridictions occidentales, accable nos droits de l'hommiste qui ne savent plus sur quel pied danser. Unanimement, ces manœuvres occidentales sont aujourd'hui considérées comme une colonisation judiciaire de l'Afrique noire.

Après un lourd silence que beaucoup qualifie de coupable, les droits de l'hommistes se sont concertés et ont adopté une ligne de conduite pour la moins simpliste, qui consiste à dire aux Etats africains de juger les accusés à défaut, de laisser les occidentaux s'en charger à leur place. Seulement voilà, le contraire est-il possible ? Est ce que ces Ong s'activeront pour qu'un George Bush, Chirac ou encore Poutine réponde des crimes de guerre en Irak, au Rwanda, en Tchétchénie ? NON.

Si dans d'autres affaires telles celle de la Rwandaise Rose Kabouyé, des naufragés du bateau le Joola (1865 morts) au Sénégal où des mandats d'arrêt internationaux sont lancés par la Justice française contre des hautes autorités sénégalaises, de l'assassinat de l'ex-président Robert Gueï en Cote d'ivoire ou encore de l'assassinat de l'opposant Tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, les droits de l'hommistes se sont montrées très discrètes et moins engagées, dans l'affaire Hissein Habré en revanche, elles se montrent de plus en plus irritées et dissimulent difficilement une haine aussi noire que la peau de l'ancien chef de l'Etat Tchadien. Dans cette affaire, la politique, le lobbying, la violation du droit et l'affairisme sont étalés en public et étouffent les droits humains.


Attendus particulièrement sur des questions relatives à l'organisation du procès et aux problèmes d'ordre juridiques soulevés par la défense du président Habré, les droits de l'hommistes ont plutôt préféré esquiver et servir à la place un réchauffé des faits reprochés à l'ancien président Tchadien.
Pour ce faire, Le Magistrat Mahamat Hassane Abakar, celui-là même qui a pondu le fameux rapport de 40.000 morts sous l'œil bienveillant d'Idriss Deby, a pris la parole pour rappeler ce qu'était le régime de la 3ème République. Dans un exposé d'environ 45 minutes, le Magistrat de Deby a peint un tableau très sombre du Tchad s'appuyant sur des croquis et des dires difficilement vérifiables. Le nom de Deby n'a pas été cité une seule fois.

Puis se succèdèrent sur scène trois témoignages de personnes se présentant comme des victimes. Il s'agit de Madame Fatimé Godi (épouse de Haroune Godi, ancien Conseiller spécial à la présidence sous Habré, entré en rébellion avec Maldom Bada Abass au sein du Mosanat et mort au front), de Ginette Gambaye, illustre inconnue jusque-là mais qui a marqué l'assistance par la quantité de larmes de crocodiles qu'elle a déversé dans la salle, elle a raconté en détail les sévices que son mari aurait subies dans les geôles de la DDS (comme si elle y était !) et enfin le corbillard arrive, Clément Aboufouta, a répété tel un élève de CM1 ce que son maître, le Juif Reed Brody, lui a appris et fait répéter depuis le début de cette affaire. Un disque rayé.

Bref, rien de nouveau à présenter en réalité. Les journalistes venus nombreux n'ont pas été impressionnés par ce mélodrame propre aux droits de l'hommistes et qui a été joué n fois depuis le début de cette affaire en 2000. Bien au contraire, les questions ont fusé et ont même fusillé les plus incrédules.

Interpelés sur le traitement tout particulier d'Hissein Habré par rapport aux autres cas à travers le monde, les droits de l'hommiste ont trouvé difficilement des mots pour se justifier. Alioune Tine, tel un bon nègre de service, s'est évertué dans des exemples pour apporter une explication qui au finish n'y est pas. C'est pas sérieux !

Mahamat Hassane Abakar, principal monteur du dossier d'accusation, a été « descendu » comme un vulgaire bandit. Il a suffit d'une seule petite question d'un journaliste sénégalais pour anéantir un dossier lourd de plusieurs centaines de pages : «...si je comprends bien, ce dossier a été instruit seulement à charge.... ?», petite question mais lourde de conséquences. Le Magistrat Tchadien, du bout des lèvres, confirme sous le regard effaré de ses amis droit de l'hommistes. Catastrophe !

Face aux assurances des Ong, les journalistes sont restés sur leur faim. Car, affirmer que tout est fin prêt, cadre juridique, arsenal financier et que seule la volonté politique de l'Etat sénégalais fait défaut, est tout même un grossier mensonge. Le Ministre sénégalais de la Justice, Me Madické Niang, a affirmé il y a à peine une semaine devant les Députés réunis en session budgétaire, qu'à l'heure actuelle, il n'y a pas un seul sou pour l'organisation du procès Habré. Et tant que le budget évalué à plus de 18 milliards de francs Cfa n'est pas réuni, aucune action ne sera déclenchée.

Aussi, les journalistes n'ont pas manqué de revenir à plusieurs reprises sur les problèmes d'ordre juridiques soulevés par la défense de l'ancien Président Tchadien. Les droits de l'hommistes, à défaut de pouvoir apporter des réponses adéquates, se sont lancés dans des diatribes et des menaces contre le gouvernement sénégalais, allant jusqu'à affirmer qu'ils porteraient plainte contre le Sénégal et son président Abdoulaye Wade si jamais ils ne se plient pas à leur demande ! C'est dire que les Ong sont en grande difficulté.

C'est le chantage qui revient au galop dans cette affaire HH. Rappelez-vous de Monsieur Louis Michel, le haut commissaire de l'UE, qui conditionnait l'aide agricole au Sénégal avec l'avancée de l'affaire Habré ! Cette attitude des droits de l'hommiste risque de crisper d'avantage les autorités sénégalaises qui font face à des sérieux problèmes économiques sources d'un climat social explosif.

En effet, les feux sont au rouge au pays de la Téranga, une dette intérieure de plus de 500 milliards de francs Cfa plombe gravement les affaires. Les entreprises battent les ailes, les licenciements et mises en chômage technique s'accentuent. L'Etat sénégalais qui a perdu sa grande crédibilité auprès des institutions financières internationales, s'agite comme un beau diable pour assurer les salaires des fonctionnaires en vendant actions et hôtels, en augmentant de plus de 50% les factures d'eau, d'électricité et des taxes municipales dans les souk, en supprimant les subventions sur le riz, le gaz, l'essence, ...etc. Bref, des mesures drastiques et désespérées qui assomment les ménages qui organisent la résistance. Certains chefs de parti politique appellent carrément à l'insurrection populaire. Oui, le temps est caillou chez le plus vieux président du monde (94 ans !).

L'insécurité n'est pas du reste, feu Dr. Idriss a été assassiné pour, parait-il, une mince affaire de prêt d'argent qu'il aurait refusé d'accorder à ce malheureux de Burkinabé ! Hier, une française a été retrouvée morte dans sa voiture dans un quartier de Dakar. Ses assassins, un couple de sénégalais, ont été mis aux arrêts au commissariat central de Dakar. La femme se serait pendue dans sa cellule durant la nuit. En tout cas elle a été retrouvée sans vie le matin.

Il y a quelques jours, un « fou » muni d'une corne aiguisée a foncé sur le président Abdoulaye Wade avant d'être stoppé par la sécurité rapprochée. Un autre « fou », muni d'une barre de fer s'est présenté devant l'immeuble abritant les bureaux du fils du Chef de l'Etat, Karim Wade dauphin selon les rumeurs persistantes, a saccagé une dizaine de voitures officielles avant d'être arrêté lui aussi par la gendarmerie.

Mais nous, nous ne sommes pas encore fous pour croire aux jérémiades des droits de l'hommistes et accepter qu'Idriss Deby puisse s'offrir le luxe de financer le procès d'Hissein Habré.


Clément Djédoboum
Journaliste stagiaire
Dakar
clementdjedoboum@gmail.com
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article