villes tchadiennes: Entre inondations et insalubrite

Publié le par WALDAR

cefod: La ville de Sarh, considérée comme seconde ville du pays, est en proie aux inondations dues aux fortes pluies de cette année. A cela s’ajoutent les immenses immondices aux odeurs pestilentielles qui envahissent la ville.

En 2008 et à la date du 24 septembre la ville de Sarh a enregistré plus de 1308,4 millimètres de pluies. En 2007, la ville a enregistré en tout 946 millimètres de précipitations. Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Les quartiers périphériques de la ville qui disposent d’un système de canalisation inadéquate ont été inondés et des habitations se sont écroulées. Le seul grand canal construit avec l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD) permet de drainer les eaux pluviales vers le fleuve Barh Koh n’a pas suffi. Dès la première décade d’août, la ville est sous les eaux, obligeant les autorités régionales à lancer un appel à l’aide. Les organisations humanitaires ont été les premières à réagir, en initiant des missions d’évaluation pour déterminer le nombre de personnes sinistrées et les besoins en vivriers et non vivriers. C’est ainsi que l’UNFPA a accordé un don de matériels à 350 femmes en âge de procréer. Il s’agit de kits d’accouchement assisté à domicile, de récipients, etc. L’UNICEF, en revanche, a fourni 100 bâches pour confectionner des hangars sur le site retenu pour déplacer les familles qui occupent les écoles. Elles ont reçu aussi du savon de linge dont 300 cartons sont livrés par l’UNICEF. Le gouverneur de la région du Moyen-Chari a réceptionné ces dons le lundi 22 septembre 2008. Le comité de crise institué par le gouverneur du Moyen-Chari, le Général de Division Mornadji Mbaïssanabé Karouba, a procédé au nettoyage du bâtiment inachevé appelé Romano pour déplacer les sinistrés en attendant qu’ils reconstruisent leurs maisons à la fin de la saison des pluies.

 

Une mairie dépourvue de tout

La ville de Sarh est aussi confrontée à un sérieux problème d’insalubrité. Les tas d’immondices sont visibles un peu partout dans la ville, notamment autour du marché central dont certaines entrées sont obstruées. Des personnes inciviques défèquent la nuit sur les tas d’ordures que les responsables communaux n’enlèvent pas. Les usagers se plaignent de cette saleté qui s’accumule tous les jours sans émouvoir les autorités communales. Si quelques-uns se demandent s’il existe une mairie à Sarh, d’autres estiment que la commune seule est incapable de nettoyer la ville, encore moins le marché central. Il faudra que tout le monde s’y mette. C’est précisément à cet endroit que les vendeuses étalent les légumes frais, le poisson séché ou fumé, les épices et les céréales, faisant courir aux consommateurs des risques de maladies. Certaines vendeuses affirment qu’elles aussi, en travaillant sur ces immondices, courent des risques de maladies. Mounda Djorbaye Joséphine, présidente du comité de gestion de la ville, reconnaît que la mairie éprouve des difficultés financières dues à l’unicité de caisse avec la trésorerie régionale, et à la précarité des recettes, notamment celles provenant de la Compagnie Sucrière du Tchad (CST). La CST a établi avec l’Etat une convention d’entreprise de 5 ans l’exonérant de 8 taxes dont les baux et les impôts sur les propriétés bâties et non bâties qui s’élèvent à environ deux cent millions (200 000 000) Fcfa par an. Selon Mounda Djorbaye, l’unicité des caisses est une source de difficultés pour toutes les communes de moyen exercice qui font face aux besoins des populations de plus en plus exigeantes. Madame le Maire affirme qu’elle fait généralement appel aux bonnes volontés qui lui prêtent leurs bennes et chargeurs afin d’enlever les tas d’immondices. Sinon, la Mairie elle-même est dépourvue de ces moyens de travail qui est l’une des premières obligations de la voirie. Les véhicules qu’utilise la commune il y a moins d’une année, sont tous en panne, presque sur cale et nécessitent des réparations coûteuses. Mais là aussi, déclare la Maire de Sarh, le trésor public qui détient les fonds de la mairie, fait la sourde oreille, alors que les recettes entrent dans les caisses et les dépenses ont été budgétisées. Il faut également relever que le montant du budget de la commune qui doit être aux contribuables, n’est pas rendu public. Il est plutôt jalousement gardé au secret, alors que les commerçants qui sont fournisseurs de la commune, en connaissent les moindres détails.

 

Hoïnathy G. Noubatan

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