Deby-Habré: Histoire de décombres

Publié le par WALDAR

Deby-Habré: Histoire de décombres

Le ciel est orageux. Deby le sait, il se pare à toute éventualité. Pire, il se lance dans une opération de « décombres ». En agitant les vestiges immobiliers de Habré, IDI tient à fixer au sein de l’opinion la glorieuse icône du colonel qui a défait Habré , Homme d’Etat à qui des épithètes sont épinglés comme des goulots. Menacé par le vent des alliances politico-militaires qui soufflent depuis l’Est, Deby s’empresse de s’attaquer aux biens immobiliers de son mentor.  Le parricide du dictateur dénote du cynisme du pouvoir.

  

Lynchage médiatique.  Mercantilisme judiciaire. A toutes les sauces, Idriss Deby  se délecte d’un appétit vorace du tout-Habré. Jusqu’aux bouts des ongles, IDI voue une haine démesurée contre Hissein Habré. Homme de main du mentor, Deby est le bourreau d’aujourd’hui.

 

C’est peut-être un signe. Expression calculée d’un subconscient traversé par des souvenirs. Deby, emballé dans les festivités de son accession au palais rose, montre des signes d’une folie du pouvoir.

 

D’un cœur froid, IDI a ordonné des colonnes de bulldozers. Ces monstrueuses ferrailles ont avalé des pans de murs des biens immobiliers de l’ancien chef de l’Etat tchadien. L’ensemble du parc immobilier de l’ex- président  a été détruit  sous les yeux impuissants de la famille de Habré. La furie du despote n’a pas épargné les parents et proches de Hissein Habré. Sans abris, abandonnés aux intempéries et la promiscuité. La famille Habré est sans gîte.

 

 

Les successions d’offensives militaires ont instruit Deby sur les techniques de conservation du pouvoir. A l’orée d’une méga party des 18 années à la tête du Tchad, le despote se sait menacer par les alliances des mouvements politico-militaires.  

 

Après une condamnation par contumace au terme d’un procès marathon contre les rebelles à N’djamena, Deby s’attaque à tout symbole susceptible  d’évoquer à la mémoire collective la présence de Habré.

 

Confusion de genre. Un procès, fut-il, injuste ne saurait déboucher sur un acte aussi inhumain. Les couloirs obscurs de la politique imposent des actes d’ingratitude ou de parricide. Adepte de la littérature romaine, Deby s’est abreuvé aux recettes des coups bas de la Rome antique. Homme de première ligne dans le cercle du pouvoir militaire sous le régime Habré, le colonel Deby était de toutes les expéditions armées. Sa responsabilité dans les chefs d’accusations formulées contre Habré est une évidence.

L’acharnement judiciaire de l’axe sénégalo-tchadien sous les ficelles parisiennes et le dévouement de Reed Brody trahissent l’odieux procès contre Habré.

 

Comme Cicéron, Néron et la galerie des dictateurs à la sombre réputation, Deby s’emballe dans la futilité du pouvoir. Envoûté, IDI s’endort dans la cruauté ; feignant la notion de futilité.

Arrivé au palais présidentiel sous le feu nourri des armes, Deby s’en ira inéluctablement. Qu’adviendra –t-il des bâtiments ou des biens construits sous son règne ? La mosquée d’Amdjaress, l’hôpital « Hinda Deby » érigés par Deby seront-ils attaqués  par les pelleteuses sous le fallacieux prétexte du promoteur dictateur ? Poursuivre injustement Habré est une affaire, que Deby rase ses biens immobiliers et ceux de ses proches en est une autre.

 

 

Dans les décombres poussiéreux mastiqués par les bulldozers se cache le ciment d’une haine viscérale. Bien plus, selon les gourous en communication politique qui font des consultations dans le cénacle des  Itno, la coïncidence du calendrier de décembre serait un événement à capitaliser.

En s’attaquant aux signes et symboles matériels de Habré, IDI réaffirme son statut de « libérateur ». Les laudateurs de N’djamena fige le Colonel- président dans son historique tunique de « rédempteur ». Conjuration stérile.

 

IDI a une boulimie des gris-gris, sortes de potions et recettes qui lui rappellent sa marche sur le palais présidentiel.

 

Alors qu’enfle la ferveur populaire autour de l’Union des Forces de la Résistance (UFR), Deby s’accroche à son pouvoir et recours à ces actes inhumains afin lui aussi de susciter un intérêt historique autour de son acte de « libération » : Décembre 1990.

 

L’opinion publique tchadienne  et internationale ne saurait rester sans voix face à ces dérives inqualifiables, sorte d’atteinte à la dignité humaine.

IDI doit savoir « qui sème le vent récolte la tempête ». N’en déplaise ! Or, les rebelles sont aussi des gentlemen. Deby doit méditer sur cette parole de sage "Un grain de poussière ne souille pas une fleur".

 

 

Par D.D de Ndjamena-matin

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