Tchad: accord de factions rebelles en vue de la transition du pouvoir

Publié le par WALDAR


AFP: Les factions de la rébellion tchadienne ont conclu lundi à Khartoum un accord sur un programme politique dans la perspective d'une prise de pouvoir et d'une transition au Tchad, a annoncé mardi à l'AFP Mahamat Nouri, un des principaux chefs rebelles.

"Ce programme est un premier accord entre différentes factions tchadiennes d'opposition et constitue un pas important dans notre unité", a affirmé M. Nouri joint par téléphone à Khartoum depuis Libreville.

"Nous avons toujours cherché de discuter avec le pouvoir lors d'une table ronde pour aboutir à une solution politique au Tchad, mais (le président Idriss) Deby (Itno) ne veut pas de dialogue. On va être contraint d'utiliser les armes", a souligné M. Nouri, ex-ministre de la Défense du président Tchadien.

La rébellion tchadienne avait réussi lors d'un raid de plus de 800 km à entrer début février avec trois cents pick-up dans N'Djamena où elle avait été à deux doigts de renverser le régime de M. Deby. Elle mène régulièrement des attaques contre le régime du président Idriss Deby Itno.

L'accord a déjà été signé par l'Union des Forces pour la démocratie et le développement (UFDD de M. Nouri), l'Union des Forces pour le Changement et la Démocratie (UFCD), l'Union des Forces pour la démocratie et le développement-Fondamentale (UFDD-F), issue d'une scission de l'UFDD, le Rassemblement des Forces pour le changement (RFC de Timan Erdimi), et le Front pour le Salut de République (FSR), a indiqué M. Nouri.

Cet accord prévoit notamment qu'en cas prise du pouvoir à N'Djamena "la transition sera d'une très courte durée", au maximum de 18 mois, avant l'organisation "d'élections libres".

Il garantit aussi le "pluralisme politique" ainsi que "l'indépendance de la justice et l'égalité des citoyens devant la loi".

Le dirigeant rebelle a indiqué que d'autres factions rebelles devaient signer "prochainement cet accord", obtenu après "plus de deux mois de discussions entre toutes les factions".

Interrogé sur une éventuelle offensive de la rébellion contre le pouvoir tchadien, M. Nouri a affirmé: "dès que ce sera possible on le fera". "Mais pour l'instant on n'est pas préparé à aller à N'Djamena", a-t-il ajouté, précisant que les forces rebelles avaient des bases au Soudan, "ce n'est un secret pour personne", a-t-il relevé, mais aussi dans l'est du Tchad, a-t-il affirmé.

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