Tchad:les chantiers tous azimuts lancés par Idriss Deby sont, en vérité, une vaste opération de détournements de fonds publics et de blanchiment d’argents.

Publié le par Waldar


Comment le duo Deby-Younousmi pille les caisses de l’état tchadien.
Le déguerpissement brutal et mal planifié pour la prétendue reconstruction de la ville de Ndjamena dont les travaux ne commencent jamais et les chantiers tous azimuts lancés par Idriss Deby sont, en vérité, une vaste opération de détournements de fonds publics et de blanchiment d’argents. Détournements de fonds publics parce que des milliards sont retirés des finances pour être investis dans ces projets qui ne voient jamais le jour. Blanchiment d’argent parce que des milliards déjà volés et dont on ne peut justifier la provenance seront recyclés par les nouveaux entrepreneurs du clan et leurs affiliés qui pourront maintenant dire d’où ils ont gagné leurs richesses. Parlant de la vidange des caisses de l’état,  je vais montrer comment le système mafieux de Deby procède au détournement des fonds publics. Allons par le concret. Comment Deby et son superministre Younousmi font pour détourner, par exemple, une somme de 6 milliards de CFA ? 

 

 Étape I : Création et attribution de projets souvent fictifs ou réels mais qui ne seront jamais achevés. 

 Par des chemins tortueux, un chantier public fictif ou réel, estimé à 20 milliards de CFA, est souverainement attribué à un opérateur affilié au duo Deby-Younousmi ou simplement un protégé du clan présidentiel. Ce, au mépris du code des Marchés Publics ! Cet opérateur touche une avance d’environ 6.5 milliards (le tiers) pour lancer les travaux. Sur cette avance, environ 500 millions servent à créer un décor qui servira de lieu de mise en scène devant les médias; de lieu à mystifier les sceptiques et autres curieux ou de lieu à contredire les éventuels dénonciateurs en montrant concrètement le déroulement des travaux. Le tout est accompagné d’une bonne campagne de communication auprès des tchadiens, des ONG et des observateurs étrangers.  Là, tout le monde voit que Ndjamena est en construction. Les sceptiques et les détracteurs de Deby sont accusés de mauvaise foi lorsqu’ils doutent et soupçonnent une escroquerie. La carte de la réalité des chantiers est balancée publiquement et les tchadiens sont mystifiés. 

 

 Étape II : Le théâtral

 Quelques semaines après le début des chantiers dont l’entrepreneur a déjà pris les 6.5miliards de CFA, une visite médiatisée de suivi des travaux est organisée par le superministre en charge, l’enfant de notre sœur Younousmi. Le superministre italo-tchadien, Younousmi, constate que rien de significatif n’ait été fait. Le calendrier n’a pas été respecté. Il demande des explications. Il reçoit des réponses peu convaincantes. Alors Younousmi met en branle son spectacle. Il pique une colère, exprime sa déception devant les journalistes, menace et finalement résilie le contrat pour bris des clauses par l’entrepreneur qui a précédemment gagné le marché. Tout le monde est content de la sortie du superministre tchadien. Ça murmure fort que même les caïds du régime sont  réprimandés. Le kermès du pillage financier serait fini. Mais, il n’en est rien. La mystification a tout simplement fonctionné de manière efficace.  En fait, le kermès du détournement ne fait que commencer. 

 

 Étape III : Récupération du magot

 Le ministre annonce la reprise du contrat par un autre opérateur, toujours issu du clan présidentiel ou une marionnette servant de paravent. Que deviennent alors les 6.5 milliards de CFA touchés par le premier opérateur faisant semblant de commencer les travaux? Quelle mesure prend-on pour rendre justice aux contribuables tchadiens pillés? Rien ! Le kermès de l’impunité a de beaux séjours devant lui. Aucune poursuite judiciaire ! Deby, à travers son redoutable système d’arnaque piloté par Younousmi, récupère les 6 milliards de CFA. Il n’est ni vu ni connu et directement relié à personne.  Pas de signature. L’argent ne reviendra jamais dans la caisse de l’État. Ainsi, six milliards de CFA viennent de s’envoler et Deby est inattaquable sur ce coup là. 

 

Les six milliards se volatilisent et tombent, selon une formule redistribution bien rodée, dans les poches des multiples femmes de Deby, ses frères, ses sœurs,… bref son clan. C’est l’esprit de meute combiné à l’instinct de la prédation ! La formule est redoutable. Voilà ce que fait le duo Deby-Younousmi. La banque mondiale, le FMI et la coopération française ont demandé le départ du superministre, mais ils se sont heurtés au refus catégorique de Deby. Vous comprenez maintenant le pourquoi.

 

 Des milliards sortent régulièrement du ministère des Finances. Les pièces comptables manquent pour justifier les retraits des sommes faramineuses. Les videurs de caisse de l’état appellent ce retrait illégal « dépenses non ordonnancées. » C’est la raison pour laquelle le ministère des Finances est, jusqu’aujourd’hui, incapable de mettre au point les projets de loi de règlement qui doivent clore les exercices budgétaires précédents. Avez-vous vu ça ailleurs dans le monde ? Ce que je vous dis, Deby le sait. Les députés le savent. Le ministère du contrôle d’État le sait.  Vous le savez vous aussi maintenant. Allons-nous faire quelque chose? L’argent indument gagné se protège. Pour ce faire, Deby envoie ses fidèles parents et beaux-frères remplacer les cadres compétents dans les postes d’État de la CEMAC et de la BEAC.  Il s’agit par exemple de Abbas Tolly, Adoum Bakhit et Idriss Douga (frère de Wazina). Comme ça, ils espèrent échapper aux organismes de surveillance bancaire chargés de traquer l’argent sale. 

 

 Sommes-nous dans une république? Que faisons-nous devant la menace du désespoir ? Quand allons-nous nous dire la vérité face à face dans ce pays là?  Alliez-vous me croire si je vous dis que dans les zones méridionales, les enfants s’assoient sur des troncs d’arbres et sur les herbes, à même le sol, pour étudier en ce 21e siècle alors que des meutes de pillards nous sucent jusqu’à nos moelles épinières? Où va-t-on avec ce régime de la dépréciation des valeurs humaines?

 Écrit par Le chacal   

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