Genéve regrette avoir menotté le fils du colonel Kadhafi

Publié le par Waldar

    Alors que Genève campe sur ses positions, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) préfère ne pas en rajouter. Les négociations avec les Libyens sont fastidieuses. Les services de Micheline Calmy-Rey ont déjà lâché du lest le 28 décembre dernier, critiquant l'action de la police genevoise et reprenant ainsi à leur compte les conclusions du professeur Lucius Caflisch.
Le travail de la commission helvético-libyenne visant à dénouer la crise entre Berne et Tripoli est au point mort. Pour le professeur Caflisch, contrairement à l'avis du rapporteur libyen, les forces de l'ordre genevoises n'ont rien commis d'illégal. Mais elles auraient pu traiter Hannibal Kadhafi et son épouse de façon plus «courtoise» et moins «humiliante», notamment en évitant de passer les menottes au fils du colonel Kadhafi. Pour l'heure, aucune nouvelle rencontre de la commission n'a été fixée. Celle-ci a interrogé des responsables de l'opération policière du 15 juillet et aussi visionné l'interpellation des époux libyens filmée par les caméras de surveillance du palace où ils séjournaient, selon une source proche du dossier.
L'avocat des deux domestiques qui avaient porté plainte contre le couple Kadhafi salue la fermeté des autorités genevoises. «Le mandat d'amener et l'interpellation étaient justifiés afin d'éviter une collusion entre les deux accusés et les témoins, membres du personnel de l'hôtel», argumente Me François Membrez. De même, l'important déploiement policier était inévitable «pour dissuader toute tentative d'opposition des gardes du corps des Kadhafi».
Mandaté par le gouvernement libyen, Me Charles Poncet estime que le gouvernement genevois «est en position d'observateur» dans cette affaire et que l'avocat n'a donc pas à commenter la prise de position des autorités du bout du lac. Tout se passe en effet entre Berne et Tripoli. Après le rôle de spectateur, Genève jouera-t-il celui de dindon de la farce?

SIMON PETITE
le courrier 

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