la politique intérieure française – la France-A-fric –, c’est un festival d’échecs.

Publié le par Waldar

La politique étrangère : Discours et réalités

Une politique étrangère efficace exige que le pays qui la conduit soit indépendant. S’il est surendetté, preuve d’une mauvaise gouvernance, quémandant chaque jour à travers le monde emprunt sur emprunt pour payer ses fonctionnaires et militaires, il est évidemment dépendant du bon vouloir des prêteurs. Il n’est pas indépendant et sa politique extérieure n’est qu’image et verbiage. Ceci est tellement vrai que, lorsque le général de Gaulle est revenu au pouvoir en 1959, il a aussitôt donné l’ordre d’effacer la dette, bien qu’elle fût infiniment moins lourde qu’elle ne l’est aujourd’hui. De Gaulle ne pouvait être le chef d’un État mendiant.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

En Europe, les relations sont fondées sur le couple France-Allemagne, la clé de voûte de l’édifice. Or, le couple va mal. La chancelière allemande ne supporte pas les familiarités incongrues du président français (pas plus d’ailleurs que Vladimir Poutine). Mais surtout l’Allemagne aux finances saines dues à de réelles et courageuses réformes, malgré le poids des Länder de l’Est laminés par le communisme avec une économie solide ainsi qu’une balance commerciale positive, se méfie de plus en plus de la cigale française dont les finances et l’économie sont au trente-sixième dessous avec des dépenses publiques qui absorbent 66.1 % du PIB ! Un record mondial.

Les gesticulations au sujet de la Géorgie n’ont nullement empêché la Russie de consolider ses positions dans le Caucase, ce succès étant facilité, il est vrai, par l’incroyable maladresse du président géorgien. Comme si Andorre avait attaqué la France !

L’Union pour la Méditerranée, créée en juillet 2007 à grands renforts de tam-tam, est pratiquement passée aux oubliettes, comme il était facile de le prévoir (cf. mon article du n° 651 des 4 Vérités
L’Union pour la Méditerranée, du théâtre à haut risque). Il semble que le secrétariat de l’Union, hétéroclite et désunie, se trouve à Barcelone, faisant double emploi avec le « processus de Barcelone », qui, créé en 1995, a trouvé le moyen de distribuer des milliards d’euros de prêts aux pays du Maghreb, sans oublier la Palestine – qui, on peut le craindre, ne seront jamais remboursés.

Quant au plan climat européen, c’est du vent ! Le nombre d’exemptions obtenues par les pays de l’est, la Pologne et ses centrales au charbon en tête, pour qui le droit à émettre du CO2 sera encore gratuit jusqu’en 2014, rend les objectifs de ce plan totalement utopiques et mensongers.

Avec les grandes puissances, on inscrira tout de même un point positif à mettre au crédit de Nicolas Sarkozy. Il a fait en sorte que nos relations avec les États-Unis redeviennent normales, mettant fin aux conséquences néfastes de la double fixation de son prédécesseur anti-américain et pro-russo-soviétique. On notera cependant qu’Obama est considéré par Nicolas Sarkozy comme un « copain ». Je ne suis pas sûr que ce soit réciproque. Le président des États-Unis veillera avant tout aux intérêts de son pays, avec ou sans copain…
Avec l’ex-URSS, une anecdote, révélée par le Monde du 5 décembre, est significative. Le 16 novembre dernier, le président russe a stupéfié son auditoire à Washington en se livrant à une imitation de notre président. Il agitait les épaules en moquant son homologue français qui « adore parler à la tribune ». Ceci n’est guère convenable ni diplomatique, j’en conviens, mais en dit long, hélas, sur la façon de penser de nos interlocuteurs étrangers au plus haut niveau.

Avec la Chine, c’est simple. Alors que la France a plutôt ménagé l’impérialisme chinois au Tibet (plus que ne l’ont fait les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne), Pékin s’en prend aux intérêts français, parce que la France est considérée comme un État faible. On peut donc le maltraiter sans risque.

Au Proche et au Moyen-Orient, la France protectrice des chrétiens depuis des siècles n’a plus aucune influence. Elle subit. L’illusoire et dérisoire Union pour la Méditerranée et les visites à Damas n’ont nullement empêché la nouvelle guerre entre Israël et le Hamas palestinien, soutenu à fond par la Syrie et l’Iran.

Avec l’Afrique, très impliquée dans la politique intérieure française – la France-A-fric –, c’est un festival d’échecs. L’aide au développement, que l’on appelle maintenant le « co-développement solidaire », n’a donné lieu à aucune réalisation que l’on puisse citer. Au Darfour, dont on a beaucoup parlé et dont on parle beaucoup moins (et pour cause), rien n’a changé. On y est totalement impuissant, malgré l’EUFOR, 3 200 hommes, aux deux tiers supportés par la France, plus une importante et onéreuse présence militaire proprement française au Tchad. Au Congo-Kinshasa, même échec. Mais phénomènes nouveaux : le renforcement d’Al Qaïda dans le sud algérien et la Mauritanie et, par ailleurs, la piraterie maritime à partir de la corne de l’Afrique en état d’anarchie pittoresque.

Sans doute, en Afrique, quelques entreprises françaises, fortement épaulées par le Pouvoir, Bolloré, Bouygues, Aréva, font des profits, mais de plus en plus difficilement. Ainsi, la concession du nouveau terminal à conteneurs du port de Dakar, promise à Bolloré, a été attribuée en octobre 2007 à Dubaï Ports World avec la bénédiction d’Allah, malgré toute l’aide financière de la France au Sénégal — tout récemment encore 125 millions d’euros. L’on pourra aussi admirer à Dakar la statue géante construite par les Nord-coréens dans un inimitable style Kim Il Sung « le grand leader » pour une somme de 14 milliards de francs CFA, alors que la population sénégalaise, dans sa majorité, vit avec moins d’un dollar par jour.

Pour avoir attiré l’attention de Paris sur la gestion ubuesque de son pays de résidence dans un télégramme secret porté aussitôt à la connaissance du président sénégalais, au mépris de tous les usages qui régissent les relations internationales, notre ambassadeur à Dakar, Jean-Christophe Rufin, de l’Académie française, fait l’objet d’une demande de rappel par le président sénégalais qui le juge « colonialiste », bien qu’ami du ministre Bernard Kouchner. Ceci s’ajoutant à tout le reste à travers l’Afrique commence à être plus que scandaleux.

Enfin, un mot sur l’émigration, conséquence du chaos africain et moyen-oriental. Elle ne fait que croître et embellir avec des visas délivrés toujours en grand nombre et les portes d’entrée en Europe à Lampeduza (Italie), où le nombre des arrivées a doublé en 2008 par rapport à 2007, et en Grèce où, pratiquement, on pénètre comme on veut.

Je pourrai en dire bien davantage, mais les trois petites colonnes que m’octroient les 4 Vérités m’interdisent de le faire. Après tout, c’est peut-être mieux comme cela…

Lambert Christian

 


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