Les chefs de la diplomatie arabes et occidentaux avaient des difficultés mercredi à trouver un consensus alors que deja 700 morts à Gaza

Publié le par Waldar

Le Conseil de sécurité de l'ONU divisé sur la Bande de Gaza

 

Les chefs de la diplomatie arabes et occidentaux avaient des difficultés mercredi à trouver un consensus au Conseil de sécurité de l'ONU pour appuyer l'initiative égyptienne destinée à parvenir à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. [voir L'événement]

Deux textes rivaux circulaient en fin d'après-midi: un projet de résolution "exigeant un cessez-le-feu immédiat", présenté par la Libye au nom des pays arabes, et une déclaration non contraignante "mettant l'accent sur l'urgente nécessité d'un cessez-le-feu immédiat et durable", présentée par la France qui assure la présidence du Conseil en janvier.

"Aujourd'hui, l'unanimité ne se fait sur aucun de ces deux textes", a déclaré à la presse l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert, ajoutant que les discussions se poursuivraient.

Le Français Bernard Kouchner, le Britannique David Miliband et l'Américaine Condoleezza Rice ont multiplié les réunions entre eux et avec leurs homologues de la Ligue Arabe au cours de la journée pour tenter de convaincre ces derniers d'adopter une déclaration non contraignante apportant son soutien au plan annoncé mardi par le président égyptien Hosni Moubarak, après une médiation de son homologue français Nicolas Sarkozy.

Mais la Libye, seule représentante du monde arabe parmi les 15 membres du Conseil de sécurité, a maintenu son projet de résolution alors que l'offensive militaire israélienne contre le Hamas, entrée dans sa 12e journée, a fait plus de 700 morts dans la bande de Gaza.

Selon un diplomate occidental, la Libye souhaite soumettre son texte à un vote jeudi.

Le très influent ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, a plaidé pour un vote "aujourd'hui ou demain" en faveur de ce document. "Ce n'est pas avec des atermoiements et de la négligence qu'on règle les conflits", a-t-il lancé au cours d'une conférence de presse.

 


Le prince Saoud a estimé qu'une résolution du Conseil n'aurait pas d'impact négatif sur les négociations qui s'annoncent entre Israël et l'Egypte sur les termes d'un cessez-le-feu. Mais les Européens craignent qu'une résolution du Conseil condamnant Israël ne refroidisse l'apparente bonne volonté manifestée par Israël et qu'elle se heurte à un veto des Etats-Unis.

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, est restée très vague sur ses objectifs.

"Nous applaudissons bien sûr très fort les efforts d'un certain nombre de pays, notamment ceux du président Moubarak. Nous soutenons cette initiative", a-t-elle déclaré à la presse. "Je suis en contact très étroit avec mes collègues arabes mais aussi avec les Israéliens sur l'importance de faire avancer cette initiative".

"Nous discutons aussi de la meilleure façon pour le Conseil de soutenir les mesures efficaces qui pourraient être prises sur le terrain", a-t-elle ajouté sans plus de précision.

Le texte présenté par la Libye exige un cessez-le-feu immédiat et permanent dans la bande de Gaza, assorti de l'arrêt de toute activité militaire et de toute violence, notamment les opérations militaires israéliennes et les tirs de roquettes, le retrait immédiat des forces israéliennes sur leurs positions d'avant le 27 décembre 2008 et le respect du cessez-le-feu par toutes les parties.

Il appelle aussi à la levée immédiate du blocus imposé depuis 18 mois par Israël sur la bande de Gaza et la réouverture des points de passage vers Israël et l'Egypte.

Dans la "déclaration présidentielle", à laquelle l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU Zalmay Khalilzad a apporté son soutien, le Conseil "souligne qu'il n'y aura pas de cessez-le-feu durable sans arrangements et garanties, y compris la prévention du commerce illicite et les réouverture des points de passage" avec Israël et l'Egypte.

"Dans cette optique, il accueille favorablement l'initiative égyptienne, avec la médiation française, et engage tous les acteurs à appuyer cette initiative", ajoute le texte non contraignant qui ne peut être adopté qu'à l'unanimité.


AFP 

 

 

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