Tchad:Revue de presse locale

Publié le par Waldar

semaine du 05 au 10 janvier 2009
La célébration de la Journée de la Liberté et de la Démocratie a Mbaibokoum, l’accord du 13 aout 2007, le difficile accès au charbon de bois et la situation de l`enfant tchadien constituent l’essentiel des sujets traites par la presse tchadienne cette semaine.

Seuls le quotidien Le Progrès et la revue Tchad et Culture ont paru durant cette semaine, les autres publications ayant pris leurs vacances de fin d’année.

« Les musulmans tchadiens prient pour Gaza »,

« Les musulmans prient pour Gaza », titre à la Une Le Progrès dans sa parution numéro 2579 du janvier 2009. La manifestation dont fait écho le quotidien est « une conférence sur l’attaque israélienne contre la bande de Gaza » organisée dans la salle de conférence de la Mosquée roi Fayçal de N’Djaména à l’appel du Groupement des associations et des unions des associations de la société civile arabophones et musulmanes. Les manifestants dénoncent l’attitude la communauté internationale toujours prête à ne réprimander que les Etats faibles pour les questions de droits de l’homme ou une certaine catégorie de personnalités pour, soi-disant, une justice internationale. Ils demandent à tous les pays de rompre leurs diplomatiques avec Israël. Les fidèles critiquent aussi les musulmans pour avoir prouvé aux yeux du monde leur désunion, rapporte Le Progrès.

Dix-huitième Journée de la Liberté et de la Démocratie/Dixième anniversaire du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès

Le quotidien fait aussi écho des festivités du dix-huitième anniversaire de la Journée de la Liberté et de la Démocratie (anniversaire de la prise du pouvoir par le Mouvement patriotique du salut–MPS le 1er décembre 1990, ndlr) célébrée le 31 décembre 2008 à Mbaïbokoum. « Idriss Déby Itno vient de réaliser le plus beau rêve de chaque ressortissant de la préfecture des Monts de Lam, celui d’avoir de l’eau potable, un aliment autrefois rare, presque inexistant, dans ce département », a souligné M. Emmanuel Nadingar, Ministre délégué chargé de la Décentralisation et président du Comité d’organisation desdites festivités.

Autre festivité, la célébration du dixième anniversaire du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès, parti que dirige M. Lol Mahamat Choua. Dans son adresse aux militants rapporte Le Progrès, celui-ci a déclaré que les préoccupations de son parti sont : la marche vers la démocratie et le progrès dans la paix et non dans des jeux politiciens stériles. Il revient également sur l’arrestation des leaders de l’opposition survenue après les affrontements de février 2008 survenus à N’Djaména. « Je n’ai pas vu Ibni Oumar Mahamat Saleh lorsque j’étais arrêté. Nous n’étions pas dans la même cellule. D’ailleurs, j’ai été arrêté avant lui. Mon éducation ne me permet pas d’être complice de gens qui tuent (…) ». Parlant de l’Accord du 13 août 2007 conclu entre le pouvoir et la Coalition Pour la Défense de la Constitution (CPDC), il souligne que « le plus important, c’est d’organiser des élections libres, équitables et transparentes, le plus rapidement possible, dans un climat apaisé. Nous attendons de la CENI (commission électorale nationale indépendante) paritaire qu’elle assume pleinement son rôle et garantisse, comme il se doit, la transparence dans l’organisation des élections. Nous exhortons le pouvoir à ouvrer dans l’esprit de l’Accord du 13 août 2007, à respecter tous les engagements contenus dans cet accord, sans restriction d’aucune sorte, et à contribuer à créer un environnement sain et propice à la bonne tenue des élections ».

Jean-Baptiste Laokolé : « Le gouvernement cherche à dépouiller l’Accord du 13 août de sa substance »

Dans une interview parue dans le numéro 271 de Tchad et Culture (novembre 2008), c’est un tout autre son de cloche que fait entendre M. Jean-Baptiste Laokolé, le secrétaire général adjoint du Parti pour les Libertés et la Démocratie (PLD) que dirigeait M. Ibni Oumar Mahamat Saleh avant sa disparition. Il se dit « surpris que le gouvernement cherche à dépouiller l’Accord du 13 août de sa substance ; cet accord, fruit de 8 mois de discussion que le président de la République a lui-même placé au quatrième rang après la Constitution, le Coran et la Bible ». Il cite comme exemple l’article 1er de la loi relative à la CENI qui dans sa nouvelle mouture n’est plus « une autorité administrative indépendante ; l’article 24 de la même loi qui stipule bien que « la présente loi qui abroge toutes dispositions antérieures contraires, notamment la loi n° 01/PR/2000 du 18 août 2000, la loi n° 36/PR/2006 du 27 décembre 2006 et l’ordonnance n° 008/PR/2008 du 22 février 2008 sera enregistrée et publié au journal officiel de la République et exécutée comme loi de l’Etat. Dans la nouvelle, il est simplement écrit que « la présente loi sera enregistrée et publiée au journal officiel de la République et exécutée comme loi de l’Etat ». Il cite également les articles 11, 19, 59, 171 et 194 qui « ont fait l’objet de modifications inadmissibles ».

Jean-Baptiste Laokolé : « Je suis convaincu que M. Ibni n’est plus »

Dans la même interview, M. Laokolé qui revient de France où il est allé prendre part au congrès du Parti Socialiste français sur invitation de ses dirigeants, déclare avoir mis à profit son séjour pour rencontrer le responsable du département Afrique du Quai d’Orsay (ministère français des affaires étrangères, ndlr) avec qui il a échangé sur la disparition de M. Ibni. Il révèle en outre l’existence d’un document de constat du décès de M. Ibni délivré par un médecin français et se dit convaincu que M. Ibni n’est plus. Mais, « c’est unanimement que la CPDC a décidé de maintenir le camarade Ibni comme porte-parole, jusqu’à ce que son corps soit restitué et qu’un deuil digne de ce nom lui soit fait. Il en est de même pour son poste de secrétaire général du PLD », souligne M. Laokolé.

« Enfant du Tchad : en attendant l’effet boomerang »,

« Enfant du Tchad : en attendant l’effet boomerang », c’est le titre de l’éditorial du numéro 271 de Tchad et Culture. Pour l’éditorialiste de ce mensuel, si les Tchadiens clament tous que les enfants sont une richesse et l’avenir du pays, le fossé entre les discours et la réalité est énorme. Les adultes tchadiens qui voguent entre rejet et fuite de responsabilité ont parfaitement raison de dire que les enfants de ce pays sont le fer de lance de la Nation (au sens premier du terme) car, ceux-ci sont utilisés pour épier, voler, mendier, tuer ; dans les campagnes, ils sont bouviers alors que leur place est à l’école. C’est par eux que nous passons, de manière éhontée, pour manifester le mépris et la haine que nous avons vis-à-vis de nos concitoyens. Un véritable boomerang que nous négligeons, souligne-t-il. De l’idée d’être notre avenir, nos filles et nos fils en sont réduits à être notre présent. Une preuve, s’il en est besoin, c’est la suppression des fonds pétroliers destinés aux générations futures. Au lieu de leur assurer cet avenir, nous faisons tout pour le compromettre.

Cette réflexion est certainement inspirée par le dossier de 8 pages de la même parution consacré à la situation des enfants au Tchad qui présente des extraits de communications faites lors d’un colloque sur le sujet. Le dossier traite de l’enfant qui était une richesse désirée, protégée, mais aujourd’hui en perte de vitesse, du difficile respect des engagements pris par le Tchad en matière de droits de l’enfant au Tchad, de la nécessité de revisiter les modèles éducatifs et les relations parents-enfants pour les adapter au contexte actuel ainsi que les chiffres alarmants relatifs à la santé de l’enfant tchadien.

« Que les Tchadiens oublient le charbon »

« Que les Tchadiens oublient le charbon », ce sont là les propos du ministre de l’environnement, de l’eau et des ressources halieutiques, le professeur Ali Souleymane Dabye qui font la Une du n° 2581 du quotidien Le Progrès du mercredi 7 janvier 2009. « Les Tchadiens doivent chercher d’autres formules pour la cuisine et oublier le charbon de bois et le bois de chauffe. D’un côté, faire la cuisine est une nécessité fondamentale pour chaque foyer. De l’autre, il faut protéger l’environnement », déclare le professeur. Le quotidien rappelle que depuis pratiquement trois semaines les prix du charbon de bois et du bois de chauffe connaissent une hausse vertigineuse (le sac qui se vendait à 4 000 Fcfa à la même période s’achète à 17 000 voire 20 000 Fcfa à N’Djaména, ndlr), causant d’énormes soucis aux ménages n’ayant pas les moyens de se procurer des bouteilles de gaz butane qui sont d’ailleurs introuvables à N’Djaména.

   par Naygotimti Bambé

 


cefod

Commenter cet article