Morija lutte contre l'excision

Publié le par Waldar

Morija lutte contre l'excision

ONG VALAISANNELa Journée internationale contre les mutilations génitales féminines interpelle l'association humanitaire chablaisienne. Présente au Tchad, elle privilégie la prévention.
 

Basée à Collombey-le-Grand, l'association humanitaire Morija est concernée au premier plan par la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines, organisée ce vendredi 6 février. A cette occasion, l'organisation non gouvernementale (ONG) valaisanne rappelle que l'excision menace trois millions de filles chaque année dans le monde!

Des victimes potentielles ou avérées s'élèvent pourtant contre ces rites barbares. Comme Florence, jeune Tchadienne «Koï» (non excisée). «J'ai maintenant 19 ans», a raconté la jeune femme à Morija. «Quand j'en avais 12, avec deux amies avec qui je partageais tous mes secrets, nous avions décidé de ne jamais nous faire exciser. Un jour, alors que nous allions à l'école, une femme a brusquement surgi devant nous et a attrapé notre plus jeune copine. Elle l'a embarquée de force pour qu'elle soit excisée.»

«Terrible handicap»

Depuis, elle n'est plus la même. Pourtant excellente en classe, elle a perdu son niveau scolaire. «Mon amie a l'air de mépriser tout le monde, même les garçons. Et ne sort plus jamais.»

«Je crois vraiment que l'excision est un terrible handicap pour l'épanouissement d'une jeune fille», estime Florence. «Je reste décidée à l'éviter à tout prix. Mais j'ai reçu et je continue de recevoir des injures de la part de mes parents, qui veulent que je me fasse exciser. Pourtant, cela ne changera pas ma décision. Je resterai Koï (non excisée) et je ne ferai jamais exciser mes filles, si j'ai la chance d'en avoir.»

Mère en larmes

L'ONG valaisanne rapporte aussi le témoignage d'Hariguèta, mère de deux filles excisées contre leur gré. «J'ai subi moi-même l'excision, sa douleur et ses conséquences comme les infections et les accouchements difficiles. Je m'étais juré que jamais mes filles ne subiraient la même chose. Et pourtant... Un jour, au retour d'un mariage, j'ai trouvé mes deux premières filles excisées. La complicité entre ma belle-mère et mon mari a permis cela, car au Burkina, les enfants appartiennent à la famille paternelle. En larmes, je suis allée chercher des antibiotiques et du fer, afin de leur épargner les infections.»

Mais Hariguèta ne baisse pas les bras. «Aujourd'hui, je suis grand-maman, et j'ai encore plus de courage pour parler de l'excision aux jeunes filles, aux femmes et aux vieilles de mon quartier.»

lenouvelliste.ch

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