Tchad : Un expert de l'ONU appelle les autorités à mieux protéger les déplacés

Publié le par Waldar

A l'issue d'une mission officielle au Tchad du 3 au 9 février, le représentant du Secrétaire général sur les droits de l'homme des personnes déplacées dans leur propre pays, Walter Kälin, a appelé les autorités tchadiennes à mieux protéger les personnes déplacées.

 

« Protéger le droit des personnes déplacées est avant tout la responsabilité du gouvernement du Tchad ; il doit s'engager de manière énergique à mieux protéger les droits humains des milliers de Tchadiens obligés de fuir leurs foyers dans l'est du pays, en particulier leurs droits à la sécurité, à la nourriture et à l'eau, à la santé et à l'éducation », a dit M. Kälin dans un communiqué publié mercredi.

 

En raison des attaques transfrontalières provenant du Darfour, des affrontements entre les forces armées nationales et les groupes rebelles, des tensions intercommunautaires et d'un banditisme accru, plus de 160.000 Tchadiens sont encore déplacés, ayant dû fuir leurs maisons et leurs villages, notamment dans les régions du Dar Sila et du Ouaddaï où elles vivent dans une situation de vulnérabilité.

 

Au cours de sa visite à l'invitation du gouvernement tchadien, M. Kälin s'est rendu à N'Djamena et à l'est du pays dans les régions du Dar Sila et du Ouaddaï. Il a rencontré le Premier Ministre et les ministres en charge des questions liées au déplacement interne, des autorités régionales, des représentants du système des Nations Unies et de la société civile ainsi que des personnes déplacées et des membres des communautés d'accueil.

 

Conscient des défis auxquels font face les autorités, M. Kälin encourage fortement le gouvernement à redoubler d'efforts pour assister les populations déplacées et créer un environnement leur permettant de jouir pleinement de leurs droits.

 

« Je suis particulièrement inquiet du fait que des violations des droits de l'homme continuent d'être perpétrées à l'encontre des personnes déplacées, notamment le recrutement d'enfants par les différents groupes armés et les violations basées sur le genre que subissent les filles et les femmes déplacées », a-t-il ajouté. Il s'inquiète également de la prolifération des armes, de la militarisation des sites de déplacés, de la criminalité et du climat d'impunité qui prévalent dans les régions visitées.

 

Par ailleurs, le déplacement prolongé fait peser un lourd fardeau sur les populations hôtes ayant accueilli dans leurs villages des familles déplacées et entraine dans bien des cas des tensions conflictuelles entre des personnes déplacées et leurs communautés d'accueil, notamment en raison d'une compétition accrue sur les ressources naturelles.

 

Walter Kälin a pris note du fait que quelques personnes ont décidé de retourner spontanément chez elles malgré les conditions sécuritaires précaires et le manque d'accès aux services de base dans leurs localités d'origine. Il a rappelé qu'il incombe aux autorités nationales, avec l'assistance de la communauté internationale, de mettre en œuvre les conditions préalables afin de leur permettre de consolider des solutions durables.

 

« Il est urgent qu'une présence étatique dans les zones de retour soit initiée pour assurer non seulement la protection physique et le dialogue entre les communautés mais aussi l'accès aux services de base, en particulier l'accès à l'eau, à la santé et à l'éducation », a-t-il souligné. Ceci implique également la mise sur pied d'un système judiciaire efficace afin de poursuivre les auteurs d'infraction à l'égard des personnes déplacées et de combattre le climat de violence et d'impunité.

centre d'actualités de l'ONU

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