la crise qui mine l'UFR

Publié le par Waldar


Timane Erdimi se trouve désarmé face à la crise qui mine l'UFR

 
Ambenatna: Qu'est ce qui se passe au sein des différents mouvements armés de l'Est du Tchad ? Difficile de répondre avec précision et objectivité à cette interrogation. Néanmoins, on peut dire sans se tromper qu'il y a beaucoup de remous. Des remous de toutes natures et dont certains couvaient depuis plusieurs mois déjà et qui éclorent maintenant. Le moment est évidemment mal choisi ou disons plutôt mal indiqué pour opérer une fronde. Les Tchadiens ne la comprendraient pas, eux qui aspirent à un changement rapide et radical.
 
"On devrait en ce moment s'activer pour consolider l'unité de l'UFR en brassant les forces combattantes et se pencher sur les stratégies militaires devant conduire le régime moribond d'Idriss Deby Itno à la première loge de l'enfer.
 Au lieu de cela, nous assistons à des comportements difficilement qualifiables qui nous désolent, découragent et constituent pour chacun d'entre nous un fardeau de plus" déclare un haut responsable de l'UFDD qui a requis l'anonymat et avec qui nous avons eu un entretien fructueux.


Soubiane peut reconsidérer sa position par rapport à l'UFR


L'orgueil de M. Hassaballah Soubiane l'empêche de reconsidérer sa position par rapport à l'UFR. En effet, malgré les centaines d'interventions de parents, d'amis, de sympathisants de son mouvement et la rébellion en général, Monsieur Soubiane est resté de marbre.
Là, il faut dire qu'on sort du cadre politico-militaire pour entrer dans celui des considérations typiquement tchadiennes. C'est le fameux « Roudjalié » qui ne lui permettrait pas de revenir sur sa décision au risque de se dédire. Sauf que la politique, Monsieur Soubiane ne l'ignore certainement pas, est un domaine dynamique dont les paramètres varient fréquemment. Les projections ne sont donc jamais figées, ce qui explique que les positions politiques évoluent.


Supposer que Timane Erdimi sera le prochain Idriss Deby est tout de même extrême. Sans se lancer dans des démonstrations longues et hasardeuses, soulignons seulement qu'il est tout à fait permis d'être prudent mais de là à mettre le point mort est tout même insensé car l'ennemi primordial reste avant tout Idriss Deby Itno. Vaincre ce dernier équivaut déjà à atteindre son objectif à 50 %. Veiller au respect de la transition, contribuer au processus de la remise en place des institutions républicaines, démocratiques et veiller à ce qu'une autre dictature ne s'installe à nouveau, constituent pour Monsieur Soubiane le second challenge. Tout un programme.


Cependant, les ambitions personnelles, les alliances militaro-ethniques pour le contrôle "exclusif" du pouvoir central sont des facteurs incertains et qui ont déjà fait leur preuve au Tchad. Il faut donc éviter de rééditer les mêmes erreurs.

Tous les Tchadiens qui aspirent à un changement de régime politique, à la paix, à une stabilité durable et définitive, à un mieux vivre, souhaitent que Monsieur Hassaballah Soubiane reconsidère sa position par rapport à l'UFR qui représente malgré tout, l'unité sans laquelle il est impossible de vaincre le monstre et ses alliés.

 


Djibrine Assali serait en voie d'ouvrir une brèche au sein de l'UFCD

L'UFCD du Colonel Adouma Hassaballah est secouée depuis plusieurs semaines déjà par des contestations internes, de plus en plus ouvertes et virulentes. De hauts responsables du mouvement ont fait des sorties fracassantes pour dénoncer la gestion du président et mettre en lumière une série de pratiques peu orthodoxes. Aujourd'hui, la situation semble être difficilement contenue et reste très fragile. Même Djibrine Assali serait en voie d'ouvrir une brèche au sein de l'UFCD en s'appuyant sur les combattants Hadjaraïs. Le MOSANAT sera t-il finalement ressuscité ?


UFDD : pourquoi cette fois-ci la crise n'a pu être résolue en interne ?

En dernier lieu, comme par effet de contagion, l'UFDD du Général Mahamat Nouri s'est brusquement embrasée à son tour. Ce mouvement qui paraît solide et uni, rencontre aussi les mêmes griefs décriés ailleurs. En effet, ce n'est un secret de polichinelle que la gestion de l'UFDD laisse à désirer. De tout temps, des voix se sont élevées pour dénoncer une gestion financière dit-on trop familiale et gabegique.

Si le mouvement a réussi jusque-là à contenir et canaliser cette forte pression intérieure et ne pas imploser, c'est justement grâce à ses nombreux responsables qui ont déjà vécu bien d'autres situations similaires et regorgent d'expériences très utiles.


Alors pourquoi cette fois-ci la crise n'a pu être résolue en interne ?


Le communiqué des frondeurs, signé par Monsieur Mahamat Hassane Boulmaye, ancien porte-prole de l'UFDD, ne nous informe pas sur le fond du désaccord avec le général Nouri, président du mouvement. Le communiqué indique : « … la gestion calamiteuse du mouvement par monsieur Mahamat Nouri entrainant une désorganisation criante et cinglante de l'appareil politique et militaire …. ».
Il y a incontestablement des faits beaucoup plus graves qui se sont produits et qui ont obligé des responsables comme Ali Kaddelaye à claquer la porte. Lui qui blamait dans une vidéo publiée sur notre blog la tribalisation des mouvements armés et réclamait l'unification des forces sous un seul commandement militaire et une seule direction politique.


Il faut dire que ce qui est mentionné dans le communiqué n'est pas nouveau et ne peut être aujourd'hui retenu pour justifier sérieusement une nouvelle scission, jusqu'à créer en si peu de temps un nouveau mouvement, l'UFDD/R. Il aurait été plus logique et compréhensif si cela était intervenu quelques mois voire semaines plus tôt.

Aboud Makaye
et Adouma Hassaballah sont partis pour les mêmes motifs quand il était encore temps et ont réussi à s'organiser et se préparer à la lutte armée. Mais présentement, à l'heure où on annonce l'imminence d'une offensive décisive, on fait défection ! C'est inacceptable à la limite irresponsable.

 

A moins que le projet couvait depuis longtemps ? Tout comme les Zaghawas, les Arabes, les Goranes, les Ouaddaïens, les Hadjaraïs, les Tamas, …., c'est peut être le tour des Kanembou de lancer leur mouvement armé ?


Contrairement à ce qui se dit, les dernières informations rapportent que la défection a causé une grande désolation au sein du mouvement. Les médiations aussitôt enclenchées n'ont apporté que de maigres résultats. Les frondeurs auraient profité pour vider leur sac en étalant au soleil le pilotage à vue du mouvement. Cependant, ils n'excluent pas leur retour sous certaines conditions. Le dialogue reste difficile du fait de l'intransigeance du Général Nouri, président de l'UFDD. Les contacts sont maintenus et l'espoir d'une paix des braves est réel.


Comme on peut le constater, tous les mouvements rebelles rencontrent à peu près le même problème de leadership. La gestion politique et militaire des leaders est fortement décriée. A la seule et notable différence avec les hommes du RFC, l'idée de rallier le régime de N'djaména n'effleure aucun esprit.

Cela pourrait-il être autrement quand un chef prend des longues vacances de plusieurs mois sans se soucier réellement de ce qui se passe à son absence au niveau de sa base. Les principaux leaders de la rébellion doivent s'activer pour ramener l'ordre et restaurer la confiance. A défaut, ils perdront progressivement leur autorité, le contrôle de leur mouvement et il n'est pas exclu que d'autres jeunes plus dynamiques et ambitieux leur indiqueront la porte de sortie.

A l'Est, il y règne une atmosphère lourde qu'on pourrait qualifier de délétère et qui nuit sérieusement à la mise en place de l'UFR. Son président, Monsieur Timane Erdimi se trouve désarmé face à cette situation difficile. Décidement l'état de grâce a été court. Qui a dit que toutes les forces combattantes ont été mises à la disposition du président de l'UFR ? ? ?

A suivre...
 

Commenter cet article