Déby dans ligne de mire

Publié le par Waldar


TTUonline: Contrairement aux tensions sans lendemain de ces derniers mois, les craintes du président tchadien Idriss Déby semblent, cette fois-ci, bien fondées. Des renseignements concordants font état de préparatifs militaires sans précédent.

Les forces de l’opposition cantonnées dans la région de Hajar Marfaïn et du côté soudanais de la frontière préparent la guerre comme jamais. Une information confortée par nos sources rue Saint-Dominique, très inquiètes de la situation. L’opposition tchadienne “unifiée” s’apprêterait à lancer une vaste offensive, selon une manoeuvre comprenant plusieurs axes, afin de porter un coup décisif au régime de N’Djamena. Les opposants auraient spécialement préparé 800 véhicules 4x4 armés à cet effet, soit trois fois plus que lors de l’attaque contre la capitale tchadienne, en 2008 (les combats y avaient, d’ailleurs, été plus rudes que ce qui avait filtré dans la presse). Près de 5 000 éléments armés attendraient des ordres pour investir le territoire tchadien fragilisé par un régime, qui, selon un spécialiste du ministère de la Défense, ressemble à un “bateau ivre”. Mais ce qui taraude le plus le président Déby, en place depuis le 1er décembre 1990, où il a pris le pouvoir avec l'appui de la France contre Hissène Habré, c’est le démantèlement du front intérieur, dont l’ethnie zaghawa constitue la pierre angulaire. Car le pouvoir soudanais a réussi à unifier l’opposition tchadienne sous la bannière du Rassemblement des forces pour le changement (RFC), dirigé par Timane Erdimi, neveu et ancien directeur de cabinet du Président tchadien, ce qui fait perdre à ce dernier le soutien des Zaghawa. Beaucoup de membres de la Garde présidentielle de Déby auraient gagné les rangs de l’opposition. Au plan opérationnel, quatre postes de tir de missiles Milan de l’armée tchadienne auraient ainsi changé de camp avec leurs munitions et leurs opérateurs, la semaine dernière. De même, le véhicule de commandement, qui accompagne le président lors de ses déplacements dans le pays, appartient désormais aux opposants. Dans ce contexte instable, Déby (lui-même fils d'un berger de l'ethnie zaghawa) compte sur ses alliés zaghawa soudanais du Mouvement justice et égalité (MJE), dirigé par Khalil Ibrahim, pour le protéger. En outre, au moment où le président Al-Bachir est dans le collimateur de la Cour de la Haye, il entend conjurer le sort en espérant que la communauté internationale ne laissera pas le Soudan faire main basse sur le Tchad.

Commenter cet article