Tchad : Les politico-militaires prêts pour l’assaut final sur N’Djamena !

Publié le par Waldar

Avec le bouclage de la mise en place de son Conseil Supérieur de la Résistance (CSR) ainsi que  la nomination des responsables du Haut Commandement des Armées (H.C.A), l’Union des Forces de la Résistance (UFR) vient de se placer sur les « starting blocks » pour une offensive – qu’elle annonce « finale » – sur N’djamena, avec pour seul objectif de mettre le régime de Idriss Deby hors d’état de nuire. Définitivement !

 (Photo : Vaillant Combattant de l’UFR en position de tir de SAM et prêt à abattre n’importe quels avions survolant  leur position.)

Depuis quelques jours, une perceptible et palpable effervescence est enregistrée de part et d’autre de la frontière Est du Tchad avec le Soudan.

En effet, au-delà du mouvement des forces militaires de l’EUFOR, remplacées progressivement le long des frontières du Soudan, du Tchad, et de la R.C.A, depuis le 15 mars dernier par celles de la MINURCAT, les populations environnantes ainsi que les observateurs de tous crins ont constaté un positionnement aussi fébrile que tonitruant des forces de défense de Idriss Deby dans les environs d’Abéché. De là à déduire que ce dispositif  est mis en place à des fins préventives, il n’y a qu’un saut de puce que même les analystes les plus prudents n’ont guère hésité de franchir ; surtout que l’imminence d’une offensive des forces politico-militaires se fait, à chaque jour qui passe, de plus en plus  précise.

 

Si N’djamena ne fait aucun mystère sur les  raisons de cette mobilisation précipitée de ses troupes face à la frontière Soudano-Tchadienne, il faut dire que la mise en alerte maximale de celles-ci a tout simplement été précipitée à la suite de l’annonce diffusée par l’Union des Forces de la Résistance (U.F.R) de la nomination du général Tahir Wodji au prestigieux poste de chef d’état major de toutes les troupes de la rébellion soumises à un commandement unique, ainsi que les deux adjoints et le commandant de brigade mixte.

 

Il importe cependant de préciser que le général TAHIR WODJI, qui était, jusqu’à cette spectaculaire promotion au sommet du Haut Commandement de l’UFR, chef d’état major des forces de l’UFDD – du général Mahamat Nouri – est un militaire courageux et même intrépide ; des qualités complétées par d’extraordinaires compétences tactiques. Autant d’atouts ayant largement plaidé en sa faveur au moment où le Bureau Exécutif de l’UFR s’était attelé à la tâche de débusquer l’oiseau rare à qui serait dévolue la grande et lourde responsabilité de conduire l’assaut militaire final sur N’djamena. Un assaut qui, désormais, n’est plus qu’une question de semaines, ou de jours. 

 

L’IMPLICATION DE LA FRANCE

 

Mais il n’y a pas que les forces de Deby qui s’excitent : les forces Françaises, en poste au Tchad, sont pour leur part tout autant sur les dents.

Ne tenant pas à être surpris par l’imminente  offensive, qu’ils subodorent de grande envergure, des forces unifiées de l’opposition militaire,  les patrons de « l’opération  Epervier » - certainement sur instructions de Paris -  ont mobilisé, depuis près de trois semaines, tous leurs avions  pour des vols quasi permanents de reconnaissance au dessus de toute la zone frontalière Est du Tchad.

 

C’est en cela que la problématique de l’implication directe et engagée – et même de l’interventionnisme -  de la France dans le conflit tchado-tchadien revient à l’ordre du jour. En effet, lors de chaque attaque des rebelles, les troupes françaises ont toujours trouvé le moyen de participer de façon induite, et même carrément pertinente dans les batailles. Soit en transmettant à l’état major de Deby les positions exactes, au mètre près, des assaillants grâce à leurs avions de reconnaissance et leurs satellites, on a même vu un avion faire des « tirs de semonce » sur des colonnes des rebelles, ou  en participant  le plus cyniquement du monde aux batailles, comme on l’a vu en février 2008 avec les éléments du C.O.S   entrés dans la danse en pleine nuit contre les forces rebelles, au moment où celles - ci avaient cerné et acculé Deby dans son palais.

 

Mais à tous les coups, aussi  bien le Quai d’Orsay que la haute hiérarchie militaire Française ont toujours criaillé et juré la main sur le cœur n’avoir jamais mis le moindre grain de sel dans ce conflit. Pourtant, le jour où des militaires français perdront la vie sur le champ de bataille Tchadien, on trouvera certainement le moyen de raconter à leurs familles  - à grand renfort d’articles mensongers dans les grands journaux - qu’ils auraient été lâchement « assassinés » par « des rebelles sanguinaires » qui, en réalité, sont des patriotes uniquement  voués à la libération de tout un peuple, de leur peuple, pris en otage et tenu en joue dans son propre pays par un tyran…soutenu par la France désormais incapable de justifier un choix aussi abscons.

 

DES ARMES EXHIBEES A N’djamena

 

Mais au-delà de ces considérations qui relèvent de la misérable duplicité d’une France qui n’arrive plus, ou pas, à être cohérente avec  la pseudo ‘’rupture’’ en matière de politique africaine clamée et proclamée par Nicolas Sarkozy à son arrivée à l’Elysée il y a quelques mois, une chose est déjà certaine : la prochaine confrontation entre les forces de la Résistance et celles de Deby sera d’une violence inouïe. En effet, après la dernière offensive en date des forces rebelles en janvier – février 2008, Idriss Deby, qui avait pu mesurer la  puissance de feu  des assaillants, - a doté son armée d’un arsenal offensif et défensif assez impressionnant.

 

Un arsenal qui a été insolemment déployé et exhibé en grande pompe aux yeux des populations de N’djamena à l’occasion du défilé du 11 Août 2008.

 

Ce jour là, à la Place de l’Indépendance de N’djamena, les populations médusées ont eu le loisir de constater à quoi sont consacrées les recettes pétrolières : elles ont vu défiler, en lieu et place des traditionnelles « Toyota land cruiser » pour combats du désert, trois hélicoptères de combat, deux avions de reconnaissance, des dizaines de chars légers et d’assaut, une impressionnante cohorte de canons et de mortiers, des mitrailleuses de gros calibre, des dizaines de batteries de DCA, des orgues de Staline, des missiles sol-sol et même des missiles sol-air vétustes, abandonnés par les libyens après leur échec d’occupation. Du jamais vu à N’djamena avant ce jour !

 

Au total,  toute une logistique de guerre et de mort qui a coûté plusieurs dizaines de milliards de Fcfa qui auraient été plus utiles dans la construction d’écoles, d’hôpitaux, ou même simplement  de routes.

 

Assis à la tribune et flanqué d’aparatchicks hilares, Idriss Deby avait l’air aussi heureux qu’un enfant gâté arborant ses nouveaux jouets, avec l’air de se dire : « j’attends la prochaine attaque ».

 

 En fait, le dictateur de N’djamena a tellement eu chaud au cours de sa dernière confrontation avec les forces de l’opposition militaire, ayant été à  deux doigts de perdre le pouvoir – et même la vie – que, pour se maintenir au pouvoir, il a accéléré son étourdissante fuite en avant en optant de faire le tour des bazars des armes de guerre en tout genre. C’est ainsi qu’il s’est offert tout ce qui lui a été proposé par toutes sortes de démarcheurs et trafiquants d’armes, mais surtout du matériel de seconde main, et parfois de dixième main, comme ces deux tristes petits avions vieux d’une vingtaine d’années dont l’entretien et les pièces détachées lui coûteront les yeux de la tête. Quant au reste des gadgets de mort, une chose est de les avoir, savoir s’en servir en sera une autre…

 

Bien évidemment, les forces de l’U.F.R sont informées de la nouvelle configuration matérielle et logistique de la soldatesque de Deby qui, selon un haut gradé de son Etat major « n’est qu’un bric à brac hétéroclite ramassé à la hâte dans quelques magasins de brocante militaire. Il ne suffit pas de se pavaner à N’djamena avec ça, il faut être en mesure de s’en servir au combat ».

 

Ce point de vue est loin de relever de la simple forfanterie : Les avions français qui espionnent sans arrêt la frontière Est ont une idée de l’armement des forces de la Résistance ; ce n’est donc pas de la simple spéculation quand les journalistes de Radio France International parlent de « plus de cent véhicules militaires flambants neuf faisant partie de l’armement des rebelles ».

RFI qui est loin de porter la rébellion dans son cœur a certainement puisé son information à bonne source. Une source qui a pu constater du ciel que le prochain choc entre Deby et les troupes de l’UFR sera tout simplement  apocalyptique. Et c’est en ce sens que le Haut Commandement des Armées de la rébellion armée affirme : « ce sera l’assaut final »

 

Cependant, et en dépit de leur énorme capacité opérationnelle, les combattants de l’UFR n’ont jamais cessé d’afficher leur disponibilité au dialogue – mais absolument inclusif avec la participation de toutes formations politiques Tchadiennes – autour d’une table. Et cette fois plus que jamais, pour éviter un affrontement qui, c’est certain, sera d’une inimaginable intensité.

 

LES ARMES VONT CREPITER A N’DJAMENA

 

Mais jusqu’à présent, les seules réactions de Deby ne se sont limitées qu’à retrousser les babines, montrer les crocs, et mobiliser chars et missiles autour de Abéché.

 

Message reçu cinq sur cinq par les ténors de l’UFR qui n’ont plus eu pour seule alternative  que d’accélérer les préparatifs de l’offensive.

Ainsi, depuis que le Conseil Supérieur de la Résistance (CSR) et le Haut Commandement des Armées (HCA), les deux structures organiques chargées des opérations militaires et politique ont été installées le 21 mars dernier, le raid sur N’djamena est devenu inéluctable.

 

Et forcément, il est plus que certain que ça va de nouveau barder au Tchad dans les prochaines semaines.

Mais si, une fois de plus, les armes en arriveront à crépiter à N’djamena, avec leur cohorte de morts et de destructions, personne ne pourra dire que la France – ou ce que l’on se complait  à qualifier

 « Communauté internationale », se seraient échinés à éviter la déflagration. Loin s’en faut !

 

L’UFR a multiplié, ces derniers mois, des gestes éloquents et multiplié des correspondances à de très hauts niveaux pour manifester sa disposition à éviter d’autres confrontations armées avec le régime en place à N’djamena ; n’ayant pas hésité à adresser un mémorandum circonstancié au président et aux députés de l’Union Européenne. Ces interpellations à la raison et à l’intelligence n’ont jusqu’ici rencontré que silence et peu d’attention de la part de ses destinataires qui, quand les choses s’embraseront seront les premiers à manifester surprise ou stupeur.

 

En ce moment où l’Union Européenne serait – tout le laisse croire – encore en train d’étudier le mémorandum de l’UFR, la France, pour sa part, continue d’accorder une aveugle et incompréhensible présomption de bonne foi à Idriss Deby, qui, lui, ne s’en tient qu’aux spécieux accords du 13 Août 2007.

 

Des accords signés entre le régime de Deby et une bonne composante de partis de l’opposition – sous le parrainage de l’Union Européenne – mais qui ne sont, et n’auront été qu’une rocambolesque escroquerie politique.

 

La meilleure preuve étant qu’aujourd’hui, bon nombre de signataires de cette plate forme n’en finissent pas de s’élever contre la non applicabilité de ses résolutions qui, de plus, n’ont rien réglé au Tchad, surtout que cet accord avait été fait sans la prise en compte des politico militaires.

 

Quoiqu’il en soit, l’UFR a pris ses responsabilités : Le Haut Commandement de ses Armées est en ce moment fin prêt pour l’assaut final sur N’djamena. Un assaut contre lequel rien n’arrêtera les forces de l’UFR qui demeurent la seule chance pour le peuple Tchadien d’accéder à la liberté, à la démocratie, à la liberté.

 

Par A.K de Ndjamena-matin

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