Lettre ouverte au Guide de la Révolution libyenne, MUAMMAR Al-GADDAFI, Président de l’Union Africaine.

Publié le par Waldar

En 1987, le Président Barack Obama, rentrait chez lui, pour la première fois de sa vie, au Kenya. Dès sa descente à l’aéroport de Nairobi, une jeune fille de la compagnie aérienne British Airways l’a reconnu par son nom Obama. On peut lire, ceci dans son livre “Les rêves de mon père” : « … Je me surpris à essayer de prolonger l’entretien, moins à cause de la beauté de Mlle Omoro – elle avait évoqué l’existence d’un fiancé – que parce qu’elle avait reconnu mon nom. C’était la première fois que cela m’arrivait. Cela ne s’était jamais passé, ni à Hawaii ni à Los Angeles, New York ou Chicago. Pour la première fois de ma vie je ressentis l’aisance, la stabilité identitaire que pouvait procurer un nom, la capacité que possédait un nom à transporter une histoire entière dans les souvenirs de quelqu’un d’autre de sorte que votre interlocuteur hochait la tête et disait d’un air entendu : « Ah, vous êtes le fils d’Untel ! » Personne au Kenya ne me demandait d’épeler mon nom, ni ne l’écorcherait. Mon nom était ici, donc j’étais ici … »

Aujourd’hui plus qu’hier, nombreux sont les Africains-Américains, nos frères, qui veulent vivre cette émotion, connaître qui ils sont, leur histoire, savoir d’où ils viennent et renouer avec la terre de leurs ancêtres.

Mon propos s’inspire de l’article de Teresa WATANABE (merci Teresa et africamaat) intitulé « USA : Les Noirs américains se tournent vers l’Afrique » (http://www.africamaat.com/USA-Les-Noirs-americains-se) paru sur le site d’africamaat.

Selon cet article, la quête d’identité chez les Africains-Américains a doublé d’ardeur ce dernier temps. Les noirs américains sont incités par des tests ADN qui résolvent les énigmes de leurs origines. Une société de Washington, apprend-on, a déjà testé l’ADN de 15 000 personnes et l’a comparé avec sa base de données qui comprend 25 000 lignées génétiques africaines. Parmi les clients du laboratoire, on compte la star du rap Shawn “Jay-Z” Carter Oprah Winfrey, le réalisateur Spike Lee, le musicien Quincy Jones, l’actrice Whoopi Goldberg et l’acteur Morgan Freeman, lit-on. Teresa WATANABE de poursuivre dans son article, que Bruce Jackson, codirecteur de l’African American DNA Roots Project à l’université de Massachusetts, est submergé de demandes, à tel point qu’il n’en acceptera plus aucune nouvelle avant deux ans.

Aux USA, les Africains-Américains, aussi longtemps qu’ils peuvent se souvenir, leur histoire s’arrête à l’arrivée des esclaves sur la terre américaine. Alors qu’elle est toujours présente, riche, actuelle et continue de l’autre coté de l’atlantique. Mais, elle est aussi vivace dans les cœurs de nos frères dont les grands-parents ont été arrachés à notre continent. C’est pourquoi, grâce à ces tests ADN, certains africains-américains explorent un nouveau chemin pour nouer le lien avec la mère Afrique : la double nationalité.

Que fait-on entre temps sur le continent pour accueillir nos frères ? Aussi, ai-je lu entre les lignes de l’article cité ci haut que, Antony Archer, qui enseigne les sciences politiques à l’université d’Etat de Californie, a même adressé un rapport aux dirigeants africains lors d’un sommet en Tanzanie en 2008, dans lequel il vous exhorte à accorder la double nationalité aux Africains-Américains dans le cas où les liens ancestraux peuvent être établis par le biais de tests d’ADN. Quoi de plus normal ?

Cependant, il semble, pour le moment, que le Ghana, ce pays qui s’est toujours distingué à un moment de l’histoire de l’Afrique en osant des brillantes idées rassembleurs, est le seul pays à proposer sans ambiguïté la citoyenneté aux Africains-Américains. Et Isaiah WASHINGTON, acteur américain, demeure jusqu’ici l’un des rares Africains-Américains à avoir obtenu la citoyenneté d’un Etat africain (la Sierra Leone). D’autres pays n’ont soit pas encore mis la question à l’ordre du jour, soit les décisions pour accorder la citoyenneté aux Afro-Américains sont prises au cas par cas.

Pourquoi cette hésitation quand il s’agit du retour des enfants à la maison ? A-t-on besoin d’une autorisation spéciale pour rentrer chez lui ?

Monsieur le Président, persuadez vos compères de l’Union Africaine à accéder à cette demande, la plus légitime de nos frères de l’outre-Atlantique. Puisque nous parlons d’union, montez à la tribune et annoncer à la face du monde que nos frères, d’où qu’ils sont et quel qu’ils sont, célébrités ou chômeurs, blancs ou noirs,  peuvent regagner  la terre de leurs ancêtres quand et où ils voudront ; la mère Afrique les accueillera à bras ouvert. Aucun argument n’est sensé et aucune barrière ne doit se tenir debout sur le chemin du frère qui quitte Harlem pour rejoindre la terre de Toumaï, Abel et Lucie.

Voilà une action qui, à mon sens, est plus salutaire, reconnaissable, pleine d’humanisme et de solidarité. Voilà une action qui ne nécessite point de pétrodollars. Pour le faire ? Il suffit d’oser. Abraham LINCOLN, le meilleur président qu’a jamais connu les Etats Unis et qui a aboli l’esclavage, disait « il faut souvent plus de courage pour oser bien faire que pour craindre mal faire. Celui qui agit en juste n’a aucune crainte à avoir. » Et il n’est que justice de permettre à nos frères de rentrer à la maison.

D’autre part, la crise économique qui secoue actuellement le monde a démontré plus que jamais que la cupidité, l’avarice et l’égoïsme, effets du capitalisme sont  néfastes et que, seulement les valeurs de compassion, de solidarité et de vie en famille, qui illuminent notre mère continent peuvent guider le monde. Pendant qu’on note ce dernier temps des milliers de suicides dans le monde occidental (car chacun ne compte que sur lui) quand tout s’est effondré sous leurs pieds, les africains se serrent les coudes, tradition oblige. Par conséquent, sans trop vouloir tenir compte uniquement de l’apport économique des Afro-Américains (ils sont les africains les plus riches du monde), je pense que les mains de nos frères ne sont pas de trop pour bâtir notre « pays » l’Afrique et faire d’elle, l’étoile-guide de l’humanité.

L’hospitalité africaine est légendaire. Il n’y a que les valeurs de la solidarité et de la vie en famille - qui sont africaines - qui doivent seules nous interpeller dans ces genres de situations. Connaître son identité, vivre son histoire au milieu des siens et sur la terre de ses ancêtres, c’est le plus grand bien qu’on peut faire à nos frères qui aimeraient continuer leur histoire au milieu des leurs. Ce cercle familial, qui, si cela dépendait d’eux ne voudront jamais la quitter.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de l’Union Africaine, l’expression de mes salutations distinguées.

 

BRAHIM GUIHINI DADI

brahimdadi@yahoo.fr

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article