Darfour: l'otage française est malade, selon ses ravisseurs

Publié le par Waldar

NYALA, Soudan (AFP) — L'humanitaire française enlevée avec une collègue canadienne il y a deux semaines au Darfour, dans l'ouest du Soudan, est malade, ont affirmé samedi soir à l'AFP ses ravisseurs.

"Elle est malade. Elle a la diarrhée depuis trois jours", a déclaré par téléphone satellitaire l'un des ravisseurs, à l'origine de l'appel.

La Française Claire Dubois et la Canadienne Stéphanie Jodoin ont été kidnappées le 4 avril à Ed el-Fursan, ville située à 80 km au sud de Nyala, la métropole du Darfour, et à 100 km à l'est du Tchad.

Lors du même appel, le journaliste de l'AFP a pu converser brièvement avec l'humanitaire canadienne. "Elle a un peu de fièvre", a affirmé, sous le contrôle de ses ravisseurs, Stéphanie Jodoin, évoquant l'état de santé de sa collègue d'Aide médicale internationale (AMI).

Elle a aussi souligné que la Française n'avait accès à aucun soin.

"Il y a des jours où ça va, et d'autres moins", a encore dit Stéphanie Jodoin interrogée sur son propre état d'esprit.

Les ravisseurs ont indiqué avoir contacté l'ONG pour leur faire part de l'état de santé de Claire Dubois. Contacté par l'AFP, le porte-parole de l'AMI, Frédéric Mar, s'est refusé à tout commentaire.

L'identité des ravisseurs n'est toujours pas connue. Ces hommes disent faire partie d'un groupe réunissant entre autres des Arabes du Darfour et demandant à la France de tenir un nouveau procès dans l'affaire de l'Arche de Zoé.

Six membres de cette association avaient été condamnés par la justice tchadienne pour avoir tenté de transférer du Tchad vers la France 103 enfants présentés comme orphelins de la guerre civile au Darfour.

Ces membres avaient été transférés dans une prison française en décembre 2007 et graciés trois mois plus tard par le président tchadien Idriss Deby Itno, ce qui avait conduit à leur libération.

Il s'agit du deuxième enlèvement d'humanitaires occidentaux au Darfour depuis le mandat d'arrêt délivré le 4 mars par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

Cinq membres de la section belge de l'ONG française Médecins Sans Frontières (MSF) --un Français, une Canadienne, un Italien et deux Soudanais-- avaient été enlevés le 11 mars et libérés en moins de trois jours.

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