Tchad : la fonction publique agonise sous le poids des employés fictifs, illettrés ou semi-lettrés

Publié le par Waldar

L’action corrosive et très dévastatrice, menée en arrière, par des cercles mafieux tchadiens, composés d’individus occupant les hautes fonctions de l’État, est une réelle menace pour le Tchad. Apparemment, ces malfrats ne semblent pas être des tueurs, mais seulement des délinquants financiers comme on en trouve ailleurs. En réalité, ils tuent. Ils tuent en dedans, lentement et irréversiblement! De plus, ils sont connectés à la sale guerre de l’Est  au même titre que les nomades qui ont adopté le tourisme armé. Cette guerre est  maintenant identifiée comme une vaste entreprise d’affaires très lucratives. En fin de compte,  les dégâts causés par ces mafieux basés à Ndjamena sont équivalents à ceux causés par les differentes guerres au Tchad. Nous parlerons aujourd’hui des désordres qu’ils organisent et animent dans la fonction publique tchadienne.

 

Pour retarder notre pays, l’ordre des crapules a décidé d’infester la fonction publique de ses « larves » d’illettrés et d’en faire des cadres. Des listes d’analphabètes ou de demi-lettrés, conçues depuis la présidence de la république selon des critères comme le régionalisme, l’ethnisme, la consonance des noms, la proximité des villages, le tribalisme,…sont envoyées à l’ENAM pour recevoir l’onction des énarques puis transmises à la fonction publique pour intégration obligatoire. Des illettrés sont intégrés comme cadres dans la fonction publique pendant que des diplômés qualifiés sont laissés au chômage parce qu’ils ne satisfont pas certains critères ethniques. Ça se passe au Tchad!

 

Terriblement carencés, les nouveaux cadres de la fonction publique, ne se présentent même plus au bureau. Ils n’ont plus besoin de travailler. Ils vivent tout simplement aux frais du contribuable tchadien.  Comment les employés fictifs de la fonction publique vont-ils, un jour, rembourser à l’État les salaires indûment touchés en faux fonctionnaires?

 

Ça ne peut plus continuer comme ça. Seule une dénonciation ouverte de ces êtres sans scrupule et hautement protégés peut redonner l’espoir de voir le changement au Tchad.  

 

  • L’ancien premier ministre Pascal Yoadimnadji et mme la ministre Fatimé Kimto ont tenté de redresser la situation de discrimination systématique orchestrée dans le recrutement pour la fonction publique, en obtenant par décret le désistement de la présidence des dossiers au profit du tandem premier ministre et ministre responsable. Ils étaient scandalisés par le cumul et le blocage des dossiers des postulants sudistes et autres ethnies au profit des listes de faux venues tout droit du palais rose. Pascal est mort sans pouvoir terminé ce qu'il a osé commencer. Mme kimto, vivante, est renvoyée.
  • L’ex-ministre du Tourisme et de l’Agriculture, mr Laoukein Kourayo Médar a voulu rétablir le principe de justice, de la transparence et de la droiture dans certains dossiers. Il est renvoyé. .
  • Dr Awa Outman a voulu parler simplement et franchement en revenant sur certaines vérités. Le docteur est renvoyé.

L’absence de justice au Tchad est telle que tous les vrais commis de l’État qui ont tenté de redresser les choses sont littéralement brisés.

 

Au delà de toute entreprise humaine, une seule question demeure car ce qu’entreprend un homme est toujours un moyen vers un but qu’il vise. Alors, je suis curieux de savoir : Qui bénéficie actuellement  et qui sera le bénéficiaire du désordre orchestré dans la fonction publique tchadienne ?

 

Tchadiens! Soyons honnêtes avec nous-mêmes. Est-ce que c’est encore la faute  des blancs ça? Est-ce que c’est encore la faute de la France ?  Y-a-t-il encore un respect de soi, vis-à-vis des autres, avec tous ces cadres illettrés qui pullulent dans la fonction publique? 

 

Sommes-nous minimalement libres au Tchad?  Sommes-nous toujours libres quand la liberté, non  arrachée mais donnée, est dépouillée de justice matérielle, de droiture intellectuelle, du devoir moral et d’humanisme ? 

                                                                                                                         

Les maux du Tchad ne se trouvent pas uniquement au niveau de la fonction publique où il faut reconnaitre une situation d’urgence. Il ya aussi le domaine des finances avec son nouveau collège de milliardaires, la caisse des retraites, etc. Pourquoi le ministère des Finances est dans l’impossibilité de produire depuis plusieurs années les projets de loi de règlement qui doivent clore les exercices budgétaires précédents? C’est quoi ce truc appelé « dépenses non ordonnancées »? Comment le système Deby détourne de l’argent au Tchad ? Comment les blanchit-il ? A bientôt lecteurs et lectrices.

 

Le chacal


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