les insurgés progressent et Deby recule

Publié le par Waldar

Les rebelles dans l'Est du Tchad en juin 2008 lors de leur précédente offensive.

Les rebelles dans l'Est du Tchad en juin 2008 lors de leur précédente offensive. (Finbarr O'Reilly / Reuters)

 

Tchad: les insurgés progressent

Liberation:Le Programme alimentaire mondial (PAM) a suspendu temporairement, par «mesure de précaution», une partie de ses vols.

La guerre des communiqués a commencé au Tchad. Mercredi matin, les rebelles regroupés sous la bannière de l’UFR (Union des forces de la résistance) ont assuré avoir «mis en déroute» l’armée loyaliste lors d’une très «courte bataille» dans un secteur situé au sud de Goz Beïda.

Dans l’après-midi, le gouvernement affirmait, de son côté, avoir «repéré» et «traité» par avion les rebelles à une quarantaine de km au sud de cette même localité, ajoutant qu’il n’y avait eu aucun combat au sol.

La localisation de ce raid prouve, en tout cas, que les insurgés ont déjà progressé en territoire tchadien au minimum d’une cinquantaine de kilomètres depuis leur entrée, lundi, sur le territoire tchadien, en provenance du Soudan. Ils contournent apparemment les axes tenus par l’armée tchadienne. Celle-ci, qui dispose d’aéronefs pilotés par des équipages étrangers, peut compter sur la fourniture de renseignements (notamment des photos aériennes) par les mililitaires français déployés au Tchad dans le cadre de l’opération Epervier.

En février 2008, les rebelles avaient parcouru en quelques jours le pays d’est en ouest pour échouer aux portes du palais présidentiel à N’djaména, victime de la résistance inattendue des troupes fidèles au président Déby, soutenu discrètement mais efficacement par Paris.

Mercredi, le chef de la diplomatie tchadienne Moussa Faki Mahamat s’est entretenu à Paris avec son homologue français Bernard Kouchner.

«Nous avons un accord de coopération technique avec la France qui est toujours valide. Pour l’instant, l’armée tchadienne a toutes les capacités de faire face à cette nouvelle situation», a déclaré le ministre tchadien à Radio France Internationale.

D’après une source bien informée, les rebelles regroupés dans «trois à quatre colonnes», circulent à bord de quelque 400 pick-up. Ils disposeraient d’armes flambant neuves et de moyens de transmission cryptés, de fabrication chinoise.

Ils seraient également équipés d’armes anti-aériennes, un atout qui inquiète beaucoup de monde au Tchad. Les ONG, qui envisagent de réduire leur personnel ou de quitter la zone provisoirement, ont ainsi du mal à trouver compagnie aérienne acceptant de voler dans le secteur.

Quant au Programme alimentaire mondial (PAM), il a suspendu temporairement, par «mesure de précaution», a indiqué à Libération un de ses porte-parole, Judith Schuler, ses vols sur quatre localités du secteur: à Goz Beïda, Farchana, Koukou et Dogdore.

Mais les distributions de nourriture n’ont été arrêtées que dans un seul camp de réfugiés, celui de Goz Amir, a précisé le PAM. «Nous continuons la distribution dans les 11 autres camps de l’est du Tchad», affirme Judith Schuler.

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