Khartoum accuse le Tchad d'avoir mené deux raids aériens au Soudan

Publié le par Waldar

Romandie: KHARTOUM - Le Soudan a accusé vendredi le Tchad d'avoir mené deux raids aériens dans l'ouest de son territoire, où se trouvent des rebelles tchadiens, et a prévenu qu'il se réservait le droit de répondre militairement.

"Deux avions tchadiens ont mené des raids dans des zones situées à 60 kilomètres à l'intérieur du Soudan (...). L'armée soudanaise est prête à répondre mais attend les instructions", a indiqué le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Ali Sadiq, dans un communiqué.

Selon ce porte-parole, ces raids sont intervenus à 10H30 (07H30 GMT) et 13H30 locales (10H30 GMT) dans des zones désertiques et n'ont fait ni victime ni dégât.

Il a aussi précisé que l'ambassadeur du Tchad au Soudan avait été convoqué par les autorités de Khartoum, qui ont également contacté le conseil de sécurité de l'ONU, la Ligue arabe et l'Union africaine.

Les rebelles tchadiens ont lancé la semaine dernière une offensive contre N'Djamena mais ont été contraints par l'armée tchadienne de regagner l'ouest du Soudan, où ils sont basés.

Khartoum et N'Djamena s'accusent mutuellement, de longue date, de complaisance à l'égard de leurs mouvements rebelles respectifs.

Les deux pays ont toutefois signé le 3 mai un accord de réconciliation à Doha, au Qatar, qui prévoit notamment le contrôle des frontières pour empêcher les infiltrations de rebelles tchadiens venant du Soudan et de rebelles soudanais venant du Tchad.

En lançant leur dernière offensive en date contre le régime de N'Djamena, les rebelles tchadiens avaient assuré ne pas prévoir de revenir sur le sol soudanais en cas d'échec.

Mais, selon des sources occidentales, les rebelles ont été forcés de quitter le Tchad, pourchassés par une armée nationale tchadienne bien organisée et soutenue par d'importants moyens aériens, des avions de chasse Sukhoï et des hélicoptères.

Auparavant, à la suite des combats des 6,7 et 8 mai, les rebelles n'avaient pas, comme lors de précédentes attaques, retraversé la frontière vers leur sanctuaire soudanais. Ils avaient tenté de se regrouper et de se réorganiser dans le sud-est du Tchad, une zone qu'ils connaissent bien et qui pouvait leur être favorable avec des collines et quelques zones boisées.

Jusqu'à mercredi, certains observateurs ont fait état de groupes rebelles dispersés le long de la frontière, alors que les insurgés multipliaient les déclarations assurant être au Tchad.

Pour des source diplomatiques occidentales et une source militaire française à N'Djamena, la raison était simple: le président soudanais Omar el-Bechir avait "demandé aux rebelles de ne plus revenir".

La paix entre le Tchad et le Soudan est jugée essentielle dans l'optique de mettre un terme au conflit qui sévit depuis six ans au Darfour, région soudanaise frontalière du Tchad.

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