Les rebelles pourraient rester longtemps dans le Sud-est

Publié le par Waldar

AFP:Les rebelles tchadiens, qui ont essuyé des revers militaires après leur offensive lancée le 4 mai, pourraient de l'avis de divers observateurs rester longtemps au Tchad, pour des motifs militaires, politiques ou diplomatiques.

"Quand nous avons quitté le Soudan, nous nous sommes préparés comme si nous n'allions pas revenir", a affirmé à l'AFP une source au sein de l'Union des forces de la résistance (UFR) regroupant les principales factions rebelles.

Les rebelles sont actuellement dispersés en petits groupes au sud-est du pays, le long de la frontière soudanaise, selon des sources militaires françaises et rebelles.

Selon N'Djamena et des observateurs occidentaux, les rebelles ont été vaincus, le gouvernement parlant de "victoire décisive" et une source diplomatique de "défaite rebelle". Selon un bilan officiel réfuté par la rébellion, 225 insurgés ont été tués et 212 faits prisonniers depuis le début de l'offensive le 4 mai.

Pourtant, contrairement, à leurs précédents "rezzous" (attaques) les rebelles n'ont pas cette fois retraversé la frontière pour gagner le sanctuaire soudanais.

Pour des source diplomatiques occidentales et une source militaire française à N'Djamena, la raison est simple: le président soudanais "Omar El-Bechir a demandé aux rebelles de ne plus revenir".

"Cela entre dans le cadre de l'accord de réconciliation de Doha", souligne une source diplomatique. Cet accord, signé le 3 mai, prévoit notamment de mettre en application d'anciennes ententes sur le contrôle des frontières pour empêcher les infiltrations de rebelles tchadiens venant du Soudan et de rebelles soudanais venant du Tchad.

"Ce qui se passe actuellement au Tchad concerne l'armée tchadienne et les rebelles tchadiens. Le Soudan n'a aucun lien avec ça", a déclaré à l'AFP le porte-parole officiel des forces armées soudanaises, Osmane Al-Aghbash.

"Nous sommes toujours liés par l'accord de Doha et tout autre accord visant à la stabilité" entre les deux pays, a-t-on souligné à Khartoum.

Selon une source au Soudan proche de la rébellion, "El-Bechir n'a peut être pas envie de donner un mauvais signal à la communauté internationale" dans le contexte actuel où la Cour Pénale internationale (CPI) a lancé un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour crimes de guerre au Darfour (ouest du Soudan).

Accueillir à nouveau les rebelles pourrait lui compliquer davantage des relations difficiles avec l'extérieur.

Un diplomate, en poste à N'Djamena, avance toutefois une hypothèse différente: "Les forces rebelles résiduelles restent volontairement au Tchad avec l'appui du Soudan. Ca donne une possibilité de négociation", à la fois aux rebelles et au régime soudanais.

Sur le plan militaire malgré les revers, les rebelles affirment eux vouloir continuer les combats. "Nous ne sommes pas battus. Nous avons eu des pertes la semaine dernière mais nos forces sont intactes ou presque. Notre objectif reste N'Djamena", assure Abderaman Koulamallah, le porte-parole de l'UFR.

Le président tchadien Idriss Deby Itno, peu désireux de laisser des groupes de rebelles, facteur de déstabilisation, stationner dans la région a demandé à ses troupes "de poursuivre le ratissage et de traquer ceux qui errent dans la nature". Les bombardements des positions rebelles sont d'ailleurs quotidiens, selon les rebelles.

Toutefois, selon un diplomate occidental, "C'est un coin où les rebelles peuvent se cacher (...) Ils peuvent rester longtemps".

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