Cameroun - Tchad : Encore des victimes d’arnaque au bac tchadien

Publié le par Waldar

Parce que leurs noms ne figuraient sur aucune liste, des centaines de candidats camerounais n’ont pas composé la semaine dernière.Sur le visage de la jeune Sike Bettina, élève en classe de Terminale au lycée d’Akonolinga, l’on pouvait lire une profonde peine. Cette élève de 20 ans que nous avons rencontrée dans une agence de transport interurbain à Kousseri,vient de voir toute une année scolaire devenir nulle,et même une importante somme d’argent dépensée. Elle clame d’ailleurs à qui veut bien l’entendre qu’elle a été victime d’arnaque.

Les sessions 2009 des bac tchadien et camerounais, ayant été organisées à la même période, Siké qui avait opté pour l’examen tchadien, n’a finalement pu composer, puisque son nom ne figurait pas sur la liste des candidats. Elle devra, par conséquent, attendre l’année scolaire prochaine pour présenter l’examen.

Selon le témoignage de la jeune fille, le début de sa mésaventure remonte au mois de janvier dernier, lorsque son frère aîné, étudiant à l’université de Ngaoundéré, lui demande de constituer un dossier pour présenter le bac tchadien. Elle se jette dans l’aventure et parvient, en quelques jours, à faire parvenir le dossier à son frère. Entre-temps, ce dernier a contacté une connaissance résidant à N’Djamena au Tchad, qui lui a donné toutes les assurances sur l’habilité d’un certain Mahamat à gérer de tels dossiers. A quelques jours de l’examen, Siké tente de joindre son frère aîné pour s’enquérir de l’état d’avancement du dossier. Celui-ci se réfère à son correspondant de N’Djamena qui le rassure que tout est fin prêt et que le nom de sa sœur cadette figure bel et bien sur la liste des candidats de la session 2009 du Bac. C’est alors que la jeune fille qui n’était jamais allée au-delà de Yaoundé, entame le long et périlleux voyage qui la conduira jusqu’à Kousseri, dans la région de l’Extrême-Nord.

A son arrivée, les premiers indices de la duperie se font ressentir. Le fameux Mahamat, censé venir l’attendre à Kousseri, se dit très occupé et lui suggère au téléphone de se débrouiller à y passer la nuit. Le lendemain à N’Djamena, la jeune fille sera désagréablement surprise de n’apercevoir son nom ni sur la liste des candidats affichée au lycée Felix Eboué, ni sur celle affichée au lycée de Walya. Elle cherchera en vain à appeler Mahamat, Injoignable.

Beaucoup d’autres jeunes Camerounais, à l’instar de Siké Bettina, rencontrés le 4 juin dernier dans les rues de Kousseri, relataient des mésaventures similaires. Ils sont pour la plupart originaires de la partie méridionale du pays à s’être ainsi fait escroquer. Certains venant du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, affirment avoir déposé en bonne et due forme leurs dossiers auprès de l’ambassade du Tchad à Yaoundé. Malheureusement, ils se retrouvent dans la même situation. Seuls, les candidats camerounais ayant confié leurs dossiers à des camarades du Collège sans frontière de N’Djamena, à Ngueli, ont pu retrouver leurs noms sur différentes listes affichées.

A ces problèmes d’arnaque, viennent s’ajouter d’autres difficultés, notamment celles liées aux problèmes d’hébergement et de restauration. La ville de Kousséri n’étant pas assez dotée d’infrastructures de tourisme, les quelques hôtels et auberges qui se trouvent ça et là étaient bondés. Pour prétendre à une quelconque chambre dans un hôtel, il fallait connaître du monde et surtout avoir les moyens de payer le prix fort. Et dire qu’ils ont fait le choix de laisser le bac camerounais…

© Cameroon Tribune : DIKWE FODAMBEL

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