Le Niger : un autre exemple inquiétant pour la démocratie africaine

Publié le par Waldar

  • Titre : Le Niger : un autre exemple inquiétant pour la démocratie africaine
  •  Auteur : Noël Kodia
  • Après deux mandats que lui autorise la Constitution de son pays, Mamadou Tandja qui avait pourtant déclaré qu’il ne modifierait pas la Constitution pour briguer un troisième mandat, vient, une fois de plus, de prouver que la démocratie pluraliste a du mal à s’implanter sur le continent. Et son coup de force contre la Cour constitutionnelle qui l’a poussé à dissoudre le Parlement de son pays, n’augure pas des lendemains meilleurs pour les Nigériens. Une fois de plus, l’Union africaine et la Communauté internationale vont être mises à l’épreuve devant les enjeux de cette nouvelle situation.
  • Le président Mamadou Tandja vient de dissoudre le Parlement parce que la Cour constitutionnelle venait de contrecarrer ses ambitions en s’opposant à sa volonté. Il pensait prolonger son règne en organisant un referendum avant la fin de l’année pour se permettre de modifier la Constitution. Une nouvelle donne politique et économique risque de se dévoiler au Niger.
  • Devant cette situation que vient de créer Mamadou Tandja en s’opposant à la Cour constitutionnelle et au Parlement, l’Afrique, une fois de plus, est prise dans son propre piège, celui de la difficulté de réaliser l’alternance politique, gage d’une démocratie pluraliste réelle. La Cour constitutionnelle et le Parlement ont, sans doute, pensé à la tricherie des politiques africains pour ne pas avoir confiance au résultat qui sortirait de ce referendum. Aussi, Alioune Tiné, président de la « Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme » (RADDHO) a raison d’affirmer que cette décision du président nigérien peut être considérée comme un coup d’Etat politique. Malgré la dénonciation de son acte par une partie de son peuple et bien que la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest dont est membre le Niger ait décidé de le sanctionner s’il ne respectait pas la Constitution, Mamadou Tandja semble aller jusqu’au bout de sa logique, celle d’avoir la possibilité de briguer un troisième mandat.
  • Face à cette cacophonie politique dans laquelle est entré le Niger, le risque est grand d’une confrontation entre la majorité présidentielle favorable au referendum et l’opposition qui souhaite le respect strict de la Constitution. Or, les confrontations politiques mènent souvent à des guerres fratricides comme on l’a vu au Kenya et au Zimbabwe, surtout que la formation des partis politiques en Afrique se fonde plus sur l’ethnicité que sur une idéologie politique. La Communauté internationale et l’Union Africaine doivent tout faire pour rappeler à l’ordre Mamadou Tandja qui est en porte-à-faux avec son peuple représenté par le Parlement. Elles ont les armes politiques et économiques pour le punir. Ces deux institutions doivent s’accorder avec la CEDEAO qui a déjà condamné l’attitude de Mamadou Tandja. Sans doute ce dernier voudrait-il encore garder la main sur l’uranium de son pays dont l’achat a été révisé à la hausse par la France.
  • Les politiques africains doivent comprendre que l’Etat est une continuité qui doit réaliser le bien-être du peuple malgré le changement de ligne politique que peut leur imposer l’alternance par le biais des urnes. Les acteurs politiques passent mais l’Etat demeure. Il faudrait que la Communauté internationale et l’UA agissent vite pour ne pas donner raison aux militaires nigériens de s’initier dans cet imbroglio politique provoqué par leur président. Il risque d’y avoir encore des morts pour rien dans ce pays où déjà la confrontation entre pouvoir et rebelles touaregs fait déjà couler beaucoup d’encre et … beaucoup de sang.
  • Le respect scrupuleux de la Constitution qui permettrait l’alternance politique de se réaliser après la fin de son mandat sous peine de sanctions politiques telle l’exclusion temporaire du Niger de l’UA et économiques avec la mise en stand by de la commercialisation son uranium, voilà ce que doivent demander l’UA et la Communauté internationale à Mamadou Tandja. Il doit comprendre la maturité de la majorité des politiques nigériens qui veulent expérimenter la démocratie pluraliste en s’imposant l’alternance. Jusqu’aujourd’hui, force est de constater que l’Occident s’occupe plus à l’exploitation des richesses de l’Afrique qu’à la mise en œuvre d’une véritable démocratie qui pourrait résoudre certains problèmes des Africains. Car les grands enjeux économiques qui peuvent faire reculer les dictateurs africains se trouvent du côté de l’Occident dont dépend par exemple le Niger par la monnaie CFA contrôlée par la Banque de France.
  • Quelques années après de départ d’Alpha Konaré de la tête de l’UA, on peut dire que ce dernier avait raison quand il insistait sur la limitation des mandats après une élection présidentielle. La limitation des mandats, la seule alternative qui pourrait sauver l’implantation de la démocratie sur le continent. Pourquoi ne pas l’expérimenter ? Et les décisions à valeur de sanction économique de la Communauté internationale peuvent faire reculer les tripatouilleurs des Constitutions. Les Africains ne sont pas dupes. Ils savent que leurs dirigeants sont « arrogants » parce qu’ils protégés par les intérêts occidentaux qui travaillent sur le continent. Même si le courage des Nigériens qui s’opposent à leur président qui ne veut pas respecter la Constitution, ne semblerait pas intéresser la Communauté internationale.
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  • Noël KODIA est essayiste et critique littéraire congolais.
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  • Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org
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Abouchanab 12/06/2009 02:27


Mentir est le talent de ceux qui n’en ont pas



Mentir est le talent de ceux qui n’en ont pas

« Serais-tu aussi chaste que la glace et aussi pure que la neige, tu n'échapperais pas à la calomnie. » Shakespeare

Il convient ici de nous adresser directement, sans ambages, à certaines personnes qui se prétendent appartenir à l’Union des Forces de la Résistance et qui se targuent de combattre pour la liberté et le renversement de la dictature de Déby. Ces personnes, sans vergogne, ne cessent de calomnier un membre éminent de la résistance tchadienne (bien qu’il ne fasse pas partie de l’UFR), Hassabalah Soubiane et l’accuse de pactiser avec le tyran du Palais Rose avec la médiation du fourbe colonel Khaddafi. Il nous faut ici nous leur répondre : Qui êtes-vous pour affirmer cela ? Qui êtes-vous pour pointer du doigt et jeter l’opprobre sur un homme qui a toujours défendu son pays avec dignité et courage ? Que représentez-vous pour désigner du qualificatif de traître un résistant à l’oppression débyste, un combattant de la liberté et de l’espérance ? Qu’avez-vous fait pour porter regard sur autrui, qu’avez-vous accompli dans vos actes pour mériter le statut de juge? Qui êtes-vous donc pour accuser de la sorte ?

Toi Timane, toi Tom et vous tous ses partisans, vous n’êtes rien, vous n’avez rien accompli, vous n’avez rien prouvé aux yeux de tous les patriotes authentiques. Où étiez-vous donc en 2003, où étiez-vous donc quand Hassabalah Soubiane démissionna avec courage de son poste d’ambassadeur du Tchad aux Etats-Unis pour protester contre la volonté d’Idriss de modifier la constitution dans le but avoué de se présenter une troisième fois à l’élection présidentielle ? Répondez avec franchise, où étiez-vous ? Vous étiez à N’Djamena, au palais Rose, avec Déby, directeurs de cabinets, courtisans aux bouches emplies de fiels, serviteurs versatiles n’espérant que l’aumône de leur maître, kleptocrates sans scrupules prêts à asservir le peuple pour accroître l’épaisseur de votre bourse. La démocratie et la liberté aurait dû être votre credo, vous ne vous occupiez que des rentes du coton et de pétrole, bien loin de toute considération humaniste. Tandis que Hassabalah Soubiane comprenait la détresse d’un peuple qui hélait la démocratie à corps et à cris, vous aviez juste daignés regarder les nouveaux puits de pétroles que les prédateurs étrangers venaient de creuser et dont vous alliez tirer de nouveaux royalties. Tandis que Hassabalah Soubiane s’engageait avec ferveur dans une lutte à mort contre une dictature abjecte, vous ne vous engagiez que dans l’optique d’un enrichissement rapide, dépouillant les masses d’une manne qui leur aurait été grandement profitable. Enfin, tandis que Hassabalah Soubiane tentait de marcher sur N’Djamena, tandis que ses hommes tombaient les uns après les autres au front, percés chaque jour par des abeilles de cuivre chaud, tandis que les sbires de Déby violaient les femmes tchadiennes sous les yeux de leurs enfants, vous, et bien, vous n’avez rien fait. RIEN. Vous contempliez la souffrance de votre peuple en étrangers impavides et vous vous repaissiez des richesses d’un pays que vous aviez dépouillé de tout revenu et même, plus grave encore, de toute espérance. Et un beau jour de 2005, estimant ne pas avoir obtenu une part assez grande dans le gâteau de la tyrannie débyste, vous vous êtes en allés à l’est, rebelles en pantoufles présidentielles, mozarts de la traîtrise exécutant pour le coup votre plus belle partition. Il faut ici nous souvenir que ce furent les anciens collaborateurs qui, aux dernières heures du régime de Vichy, avaient tourné leurs vestes et s’étaient montrés les plus impétrants contre leurs anciens maîtres pour tenter de masquer les abominations qu’ils avaient commises durant prêt de quatre années. L’histoire semble ici se répéter, éternel retour nitzschéen, traversant la Méditerranée pour se porter dans les sables majestueux du Ouaddaï et du Darfour et trouver en ces nouveaux collaborateurs convertis in extremis à la doctrine de la révolution les figures des jumeaux Erdimi et de leurs sbires.
 

Vous voulez vouer aux gémonies ce courageux patriote qu’est Hassabalah Soubiane, vous voulez salir sa réputation par le truchement d’une propagande malsaine, vous voulez détruire par le feu des calomnies celui qui, au contraire de vous, s’est toujours montré prêt à servir son pays ? Et bien allez-y, persistez dans vos erreurs, persistez dans votre volonté de décrédibiliser les opposants sincères au gouvernement de N’Djamena. Que celui qui n’a jamais pêché jette la première pierre. Mais les Tchadiens ne seront pas dupes bien longtemps. Ils savent qui sont ceux qui leur apporteront leur salut, qui sauront bâtir un Tchad de justice et de paix une fois le potentat Déby renversé. Ils savent que les jumeaux Erdimi, sous leurs masques de révolutionnaires, portent les scarifications hideuses de leurs erreurs passées. Et ils sauront s’en souvenir, le moment venu….
 
 
Abouchanab Djahanouf Aldjihémane
 
Saraf Oumra,West Darfour
 
la Redaction de tchaddemain.overblog.com