L'ONU annonce le retour des ONG expulsées au Darfour, Le gouvernement soudanais dément.

Publié le par Waldar

Imbroglio sur le retour des ONG expulsées au Darfour

L'ONU a annoncé hier que certaines des ONG occidentales expulsées en mars du Darfour allaient pouvoir y retourner. Le gouvernement soudanais dément...


En mars dernier, le Soudan expulsait treize ONG occidentales après le mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale contre le président Omar el-Béchir. Ce dernier reprochait notamment aux organisations humanitaires d'avoir «violé les lois du pays» et ne pas avoir «respecté leur mandat».

Trois mois après, le gouvernement soudanais pourrait avoir décidé d'autoriser le retour de ces ONG, à en croire John Holmes, le responsable de l'ONU chargé de l'aide humanitaire. «Le gouvernement (soudanais) a dit que non seulement les ONG existantes étaient les bienvenues, mais aussi (...) de nouvelles ONG avec de nouveaux noms et de nouveaux logos», a-t-il expliqué. Selon lui, 4 des 13 organisations expulsées par Khartoum - CARE, Mercy Corps, Save the Children et PADCO - ont «achevé cette semaine le processus intitial d'enregistrement à Khartoum».

Ne pas perdre la face

La situation pourrait en réalité être bien plus compliquée. Selon le site Sudan Tribune, le gouvernement soudanais a «nié de manière véhémente» vouloir autoriser le retour des ONG. «Celles qui ont été expulsées sont expulsées. On ne les autorisera pas à revenir», a soutenu Abdel-Mahmood Abdel-Haleem, envoyé soudanais aux Nations-Unies.

Khartoum semble en fait face à un dilemme: autoriser le retour des ONG expulsées il y a trois mois, au risque d'entamer sa crédibilité, ou s'y opposer et fragiliser encore plus la situation des populations civiles. Pour ne pas perdre la face, le gouvernement soudanais pourrait autoriser les ONG bannies à revenir, mais sous un autre nom. Le procédé, quelque peu artificiel, s'appuirait sur les différentes branches nationales des organisations humanitaires.

2,7 millions de déplacés

L'organisation Care, présente au Darfour par le biais de sa branche américaine avant d'être expulsée, pourrait ainsi revenir en tant que Care International. Melanie Brooks, porte-parole de Care International et basée à Genève, reconnaît que «le gouvernement soudanais a suggéré que de nouvelles ONG s'installent dans le pays». Si l'opération n'est pas encore finalisée, Melanie Brooks estime que le rôle de Care est «d'aider les populations qui ont besoin d'aide».

D'autres organisations, comme Action contre la Faim, disent «ne pas avoir été contactées». «C'est une initiative de John Holmes, on cherche à avoir plus d'informations sur cet effet d'annonce», explique-t-on à ACF. L'ONG n'exclut pas de retourner au Darfour, mais «sous certaines conditions d'indépendance et de neutralité». Les 13 organisations expulsées en mars représentaient en effet «50% de l'aide humanitaire» au Soudan, selon ACF, qui s'inquiète «du sort des 2,7 millions de déplacés» ainsi que de la «capacité du gouvernement de Khartoum à organiser l'aide adéquate pour ces populations». Une autre ONG estime quant à elle qu'il «n'est absolument pas question de retourner au Darfour en changeant de nom. Les soins à tout prix ont une limite: celle qu'on nous impose».

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