Négrologie : Pourquoi l'Afrique meurt par Stephen Smith

Publié le par Waldar

Stephen Smith, a écrit un méchant livre sur l’Afrique subsaharienne, un livre plein de calomnies et d’insultes, un livre « petit »

Négrologie : Pourquoi l'Afrique meurt

par Stephen Smith

( Livre )
Calmann-Lévy
octobre 2003, 252 p.

bibliomonde: Fort de son expérience du terrain et d'une prodigieuse documentation, Stephen Smith dresse un bilan exhaustif des maux du continent, avec ce « supplément d'autodamnation », l'exception culturelle mortifère qu'il appelle la « négrologie ». Trempée dans les plaies de l'Afrique, sa plume vive et précise rend horriblement crédible son diagnostic, à savoir que le berceau de l'humanité risque de devenir une nécropole au sens propre, hélas, mais aussi au sens figuré comme tombeau d'une certaine idée de l'Homme.

« L'auteur définit la négrologie comme "le supplément d'autodamnation que l'Afrique mêle à ses handicaps historiques, aux fléaux naturels ou aux injustices de l'ordre international. Autisme identitaire de l'homme noir". À ce niveau, elle s'inscrit bien, quelque part, dans une tradition intellectuelle bien déterminée d'une Axelle Kabou qui, pour s'être posé cette question Et si l'Afrique refusait le développement ?, a été rayée de la géographie intellectuelle sous prétexte d'avoir commis un crime contre les siens.

De même, quand Smith constate que "l'Afrique meurt d'un suicide assisté", notamment parce que "les Africains se sont enfermés dans un passé réinventé et idéalisé, une "conscience noire" hermétiquement scellée, il rend compte sans le chercher d'ailleurs de l'interrogation d'Henri Lopès : "Mais à trop rêver nos identités, n'avons-nous pas engendré des cauchemars, réels et tangibles ?". "Le masque de l'anarchie" est le vrai visage d'une Afrique "déboussolée par la modernité", selon Smith, indiquant que les Africains sont également "acteurs de leur histoire comme trafiquants, corrupteurs, faux prophètes, warlords ou autres fossoyeurs de l'Afrique". » (extrait d’un article de Wal Faridji, All Africa, 7 novembre 2003)


« "L'Afrique noire est mal partie", alertait René Dumont en 1962, alors que le " soleil des indépendances " venait de se lever sur le continent, résolu à prendre son destin en main. Quarante ans plus tard, mal partie et jamais arrivée, l'Afrique se meurt : 3,3 millions de victimes dans la guerre au Congo-Kinshasa, 800 000 Tutsi massacrés lors du génocide au Rwanda, 200 000 Hutu tués au cours de leur fuite à travers l'ex-Zaïre, 300 000 morts au Burundi, autant en Somalie, sans parler du Soudan, du Congo-Brazzaville, du Liberia, de la Sierra Leone, de la Côte d'Ivoire... La moitié dû continent est dévastée par des "guerres d'écorcheurs"; l'autre vivote entre crise et corruption, tribalisme et anarchie. Émigration clandestine, fuite des cerveaux : les meilleurs partent. Dans nombre de pays, les fonctionnaires cumulent des mois, voire des années, d'arriérés de salaire, les hôpitaux sont des mouroirs, les écoles fermées. L'Etat s'effondre. Seuls quelques îlots émergent dans un océan de malheur. Le sida frappe partout, emporte les élites, réduit l'espérance de vie de quinze à vingt ans. Pourquoi l'Afrique meurt-elle ? Après avoir été martyrisée par la traite esclavagiste et soumise par le colonialisme, l'Afrique, handicapée dans le commerce international, en retard sur tous les plans, se suicide. Ses habitants, tétanisés par un présent qui n'a pas d'avenir, s'enferment dans un autisme identitaire. Face à la mondialisation, ils capitulent en postulant "l'homme noir" irréductible à l'universel. »

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