Darfour : Ban préoccupé par la détérioration des relations entre le Tchad et le Soudan

Publié le par Waldar

Un convoi de la MINUAD au Darfour.

15 juin 2009 – Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se dit profondément préoccupé par la grave détérioration des relations entre le Tchad et le Soudan, dans un rapport sur l'Opération Union africaine-ONU au Darfour (MINUAD) publié lundi.

 

M. Ban est notamment préoccupé par « le franchissement par les forces tchadiennes de la frontière soudanaise les 16 et 17 mai 2009, qui déstabilise encore davantage une région déjà volatile ». « Cette escalade de la violence est d'autant plus inquiétante qu'elle fait suite aux engagements pris de nouveau par les deux États de rechercher le dialogue et de rétablir les relations diplomatiques », ajoute-t-il dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

 

Il se dit également gravement préoccupé par les observations attribuées à de hauts fonctionnaires tchadiens concernant l'intention du Tchad de poursuivre ses incursions sur le territoire soudanais. « Il s'agit là de paroles favorisant l'escalade de la violence à un moment où toutes les parties devraient choisir la voie de la modération », dit M. Ban.

 

Selon lui, il n'existe pas de solution militaire à la situation dans la sous-région et des relations pacifiques entre le Tchad et le Soudan sont nécessaires à la paix au Darfour (Soudan). Il invite instamment les gouvernements tchadien et soudanais à s'abstenir de tout acte susceptible d'aggraver les tensions et appelle les deux États à pleinement mettre en œuvre les accords qu'ils ont conclus, en particulier l'Accord de Doha du 3 mai 2009 et l'Accord de Dakar du 13 mars 2008.

 

Le Secrétaire général se dit en outre extrêmement préoccupé par l'engagement militaire continu entre les rebelles du MJE, d'une part, et le gouvernement soudanais et l'Armée de libération du Soudan de Minni Minawi, de l'autre, dans la zone d'Oum Barru, au Darfour-Nord. Il note que ces accrochages auraient été, à l'origine, le fait du MJE et condamne cette action militaire qui met en danger des vies civiles et qui nuit gravement aux efforts déployés pour parvenir à un règlement pacifique du conflit au Darfour.

 

Il rappelle également aussi bien au gouvernement soudanais qu'au MJE l'engagement qu'ils ont pris à Doha le 17 janvier 2009 et appelle les deux parties à suspendre toute action militaire et à s'efforcer de régler leurs problèmes lors du deuxième cycle de négociations qui a commencé à Doha le 27 mai 2009.

 

En ce qui concerne la MINUAD, elle a été confrontée ces derniers mois « à des obstacles considérables pour ce qui est de sa liberté de mouvement et de sa capacité de s'acquitter de son mandat », selon le rapport. « Ces incidents, mis bout à bout, sont le reflet du manque de coopération du gouvernement avec la MINUAD et comprennent l'obstruction des patrouilles de la MINUAD, en particulier aux points de contrôle gouvernementaux, la détention des partenaires d'exécution des projets à effet rapide, la confiscation des fonds destinés à ces projets, la détention et la maltraitance apparente du personnel de la MINUAD recruté sur le plan national et la lenteur exagérée avec laquelle les visas sont actuellement délivrés », ajoute-t-il. Selon Ban Ki-moon, il faut remédier à ces problèmes.


un.org


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