Tchad: Les Grands moments ne manquent pas pour la paix des braves

Publié le par Waldar

Nous sommes en 1984, le Tchad alors gouverné par le Frolinat-FAN fait face au MRPT, CAC-CDR, CODO, FMI, FAO, FRPT, NAFO, Frolinat-Originel et beaucoup d’autres poches politiques regroupées soit à Brazzaville au Congo, soit à Bangui en RCA, soit à Libreville au Gabon, soit à Niamey au Niger, soit dans les grandes villes du Nigeria, soit à Khartoum au Soudan, soit en Libye ou au Cameroun.

 

 

Nous sommes en 1984, le Tchad alors gouverné par le Frolinat-FAN fait face au MRPT, CAC-CDR, CODO, FMI, FAO, FRPT, NAFO, Frolinat-Originel et beaucoup d’autres poches politiques regroupées soit à Brazzaville au Congo, soit à Bangui en RCA, soit à Libreville au Gabon, soit à Niamey au Niger, soit dans les grandes villes du Nigeria, soit à Khartoum au Soudan, soit en Libye ou au Cameroun.

 

L’entourage du Président Hissein Habré, pour qui seule la voie des armes est la meilleure solution contre les « Mercenaires » refuse le débat et l’ouverture politique. « Le balais de la révolution doit passer là ou il doit passer ». Le Président Habré, dirigeant un état très fragile s’était retrouvé dans un dilemme. Contredire ses collaborateurs pour promouvoir l’unité nationale serait prendre un risque de voir partir les farouches vers les « Mercenaires ». Rester dans la logique du Frolinat-FAN ou tout adversaire politique est un mercenaire à la solde de la Libye qu’il faut traiter comme tel serait aussi mettre le Tchad en péril alors que la construction de l’unité nationale devenait partout une exigence.

 

Pour le Président Hissein Habré, si « les vrais patriotes savent et prennent conscience que si le pays est emporté par le péril, il ne peut y avoir des citoyens vainqueurs et des citoyens vaincus mais tous y perdraient ce qu’ils peuvent avoir de plus cher … ». Il décida alors de prendre ses vacances pour méditer sur l’attitude à tenir. Dans son retranchement, il monte une équipe en dehors des combattants et surtout de ses collaborateurs les plus belliqueux et dans le grand silence. Dans la nouvelle équipe chargée de mener les consultations pour la paix, beaucoup d’administrateurs tchadiens de toutes les régions se verront confier des missions spécifiques. L’Unité Nationale était le thème de la réflexion. De ces réflexions, naîtra « UNIR » avec ses documents de base et aussi le retour massif des militants de plusieurs mouvements politico-armés.

 

Le 22 Juin 1984, à la grande surprise des farouches revanchards réunis autour du Président Habré, il s’est ouvert une page dans l'histoire de ce pays. L’Union Nationale pour l’Indépendance et la Révolution (UNIR) a remplacé le Frolinat-FAN. Des commissions ont été créées dans tous les domaines, pour les étudiants, les femmes, les travailleurs, etc. Les espérances liées à la construction démocratique étaient partout manifestes. 

 

De la tribune de la nation, le Président Habré lancera : « …Pour faire triompher la cause de l’unité, tous nous avons du faire preuve de dépassement et faire aussi la part des choses : distinguer et bien cerner les contradictions internes, que ces contradictions tiennent au tribalisme, au régionalisme ; ou qu’elles tiennent à la religion, à la culture ou encore à l’idéologie, au statut social ; ces contradictions internes, réelles ou non, profondes ou superficielles, souvent suscitées et encouragées par l’étranger, nous avons tenté de les apaiser, les concilier voire les résoudre et cela par le dialogue et le débat démocratique…. »
Angoisse et peur, méfiance et crainte, ont quitté le Tchad pour céder leur place à l’amour, la justice, la tolérance et le pardon quand bien fébriles, l’apparence y était.

 

Des mouvements tels Le MRPT, CAC-CDR, FDT, Les CODO, FMI, le FAO, FRPT, RNDT, NAFO, UPTRN, FDLT, Frolinat-Originel, UPT sont apparus aux côtés de la défunte Frolinat-FAN pour asseoir, confirmer et rehausser la vocation unitaire de notre pays le Tchad.

Aujourd’hui, le Tchad est encore à ce moment précis. Nous frôlons la disparition de l’Etat-Nation. L’orgueil personnel a pris le pas sur l’esprit unitaire et la technologie aidant, la haine est encore pire qu’hier. Mais, le Tchad est un pays de pardon et aussi un grand pays de sacrifice. Même si ces deux vertus nous ont quitté à jamais, un recours aux exemples du passé ou le leadership que le Président Habré avait démontré est à souhaiter.

 

Dans le passé politique du Tchad, comme tout passé, il y a eu du bon et du mauvais. Nos leaders doivent se re-sourcier des exemples, se retrancher des esprits belliqueux qui les entourent pour méditer à comment faire pour que demain soit un autre jour avant que la révolution ne mange tous ses enfants.

 

Il leur faut un esprit critique et un courage ôté de tout orgueil personnel pour voir comment réorienter le combat pour le bénéfice de l’unité de notre nation.Le peuple tchadien est un peuple de pardon. Il réagit de manière euphorique devant l'espoir et déteste d’être trompé. Si nos leaders évitent la surenchère dans leurs discours belliqueux, une marche vers la paix est possible.

 

Si le Président Hissein Habré a pu faire la paix avec « le Général Djogo qui a récupéré Abéché avant d’être repoussé, le CDR qui a contrôlé une bonne partie du territoire national , l’UND, les FAP, le Frolinat-Originel, et le FAO dirigés respectivement par les frères Acheikh, Facho Balam, Asseid Gamar, Siddick Djazouli et Mouta Talmaye, ce ne sont pas le Colonel Soubiane, le Général Nouri, Mr.Timan, Mr. Adouma, Mr.Yacoub, Dr.Bichara, le Général Dasser et autres personnalités qui ne peuvent pas s’asseoir pour discuter et cher un pays exemplaire loin des pays bien connus du conflit tchadien pour les aider à aller à la paix d’abord à leur sein s’ils ne fissent pas par s’entre-tuer , puis entre eux et le Tchad sans oublier toutes les personnalités ressources et la société civile tchadienne dans son ensemble pour qu’enfin, nous arrêtions le bain de sang et re-donnons l’espoir aux tchadiens.

 

Le Tchad continue à présenter les pires indices de développement économique et humain au monde. La Loi a perdu le droit de la cité. Le pays tout entier vit dans l’angoisse et la peur. La corruption et le clientélisme sont partout. Des nouveaux riches s’accaparent des terrains, des biens et délogent des milliers de tchadiens. Des officiers arrachent les bétails des éleveurs et remplacent ces derniers par des parents qui apprennent ce nouveau métier. Un métier qui pour les premiers étaient passé du père au fils.

 

Partout, on apprend des messages alarmants .Des magistrats bastonnés par des soldats dans les rues des grandes villes. Des enseignants menacés par des élèves porteurs d’armes à feu dans des classes. Des milliers d'enfants meurent de paludisme. Des diabétiques manquent d’insuline dans nos hôpitaux. Les espaces publics sont transformés en infrastructures privées par les corrompus et nous voilà des deux côtés de la frontière du Soudan assis sur des baïonnettes et méfiant des uns et des autres du même côté.

 

Pour construire la paix, ce ne sont pas des exemples qui manquent au Tchad. Le Général Kamougué n’a-t-il pas au détriment de son pays d’accueil, le Gabon ; des hommes qui l’ont suivi : lancé ce message historique « Je suis militairement et politiquement désarmé. Je rentre sans conditions au Tchad… ».

 

Dr. Félix Ngoussou

tchadforum

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