Ces dictateurs qui se servent dans les caisses de leur Etat

Publié le par Waldar



Dans son nouveau rapport sur les « biens mal acquis » publié mercredi, le CCFD-Terre solidaire dresse le bilan des avoirs détournés par une trentaine de chefs d’Etat. Le rapport interpelle en outre les institutions des pays du Nord sur leurs responsabilités.

Deux ans après la publication d’une première étude sur les biens mal acquis, qui avait donné lieu à des procédures judiciaires contre Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang Nguema, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire) dresse un rapport actualisé sur les avoirs détournés par les dirigeants corrompus à travers le monde. Cette étude intitulée « Biens mal acquis, à qui profite le crime ? » estime à plus de 100 milliards de dollars les avoirs spoliés par des dirigeants africains, américains, asiatiques et européens. De surcroît, plus de 95 % des fonds détournés n’auraient pas été restitués aux populations volées.

« Je suis en colère, car à l’heure où plus d’un milliard d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent gravement de malnutrition conduisant éventuellement à la mort et en tout cas à des carences, on estime les avoirs détournés entre 105 et180 milliards de dollars », affirme le président du CCFD-Terre solidaire, Guy Aurenche. Pour certains pays, la ponction a été massive. Saddam Hussein en Irak, le chah d’Iran, Suharto en Indonésie figurent en tête de ce « palmarès de la honte », chacun ayant détourné au moins 10 milliards de dollars. Mobutu en République démocratique du Congo (RDC) a, lui, amassé une fortune dépassant les 5 milliards de dollars. Une somme qui représente plus de 100 fois ce que le gouvernement de la RDC consacre chaque année à la santé. « Nous n’acceptons pas cet inacceptable car en 2009, la faim gagne du terrain. Le fonds d’aide alimentaire cherche 500 millions de dollars pour diminuer de moitié la malnutrition dans le monde », rappelle Guy Aurenche.


La France bloque 23 millions de dollars
Le rapport du CCFD insiste donc sur la nécessité de renforcer la solidarité internationale et de peser sur la décision politique. Il pointe ainsi du doigt la responsabilité des acteurs financiers et bancaires qui accueillent et camouflent cet argent en France et en Europe. « Les responsables politiques et économiques français savent non seulement que ces détournements existent, mais aussi ils y contribuent », dénonce ainsi Guy Aurenche. L’étude du CCFD rappelle le rôle important des multinationales, des banques et des paradis fiscaux. Il existe en effet un véritable système pour abriter les fonds publics détournés.

Cet argent sale n’est pas seulement abrité en Suisse, au Luxembourg ou aux îles Caïmans, mais aussi en France. A l’heure où la France affiche sa volonté de lutter contre le blanchiment et la corruption, le CCFD déplore qu’elle ne fasse pas davantage d’efforts en faveur de la restitution des biens spoliés qu’elle abrite. Concernant l’Irak, par exemple, la France est l’un des derniers pays à avoir commencé à restituer les avoirs de Saddam Hussein. Pour le moment, seul le yacht du dictateur aurait été rendu au pays, tandis que plus de 23 millions de dollars seraient toujours bloqués à la Banque de France.

Laurence Valdès

France Soir

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