la télévision nationale tchadienne (TVT) sur satellite: Télé poubelle

Publié le par Waldar

quelle image du Tchad ?


Depuis la mise en service de la télévision nationale en 1989 et malgré la mise sur satellite de la télévision et de la radio nationale en décembre 2008, la qualité des produits ne s’est pas améliorée. Quelle image du Tchad veut-on promouvoir à l’extérieur, se demandent certains.

"Les téléspectateurs vont suivre des images de meilleure qualité sur toute l’étendue du territoire et de part le monde. Il revient à présent au personnel de remplir les attentes des téléspectateurs en programmes. C’est un grand défi qu’il doit relever. Il n’y aura pas de période d’essai", a déclaré le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mahamat Hissène. Il a tenu ces propos, le 1er décembre 2008, lors de la cérémonie officielle de lancement des émissions de la télévision nationale tchadienne (TVT) sur satellite. Avec sa mise sur satellite, la TVT qui ne couvrait que la ville de N’Djaména étend désormais sa zone de réception sur l’ensemble du territoire national et même au-delà. Beaucoup de téléspectateurs sont soulagés. Ils attendaient depuis longtemps cet événement. "J’éprouve la joie de voir la télévision nationale tchadienne sur satellite", jubile le président de la République Idriss Déby Itno qui a procédé personnellement au lancement des émissions de la télévision nationale tchadienne sur satellite. Cinq mois après ce lancement, que constate-t-on ? Le programme de la TVT ne répond pas aux besoins des téléspectateurs. "Je ne suis pas la télévision, elle n’a rien apporté de nouveau dans son programme", déclare un téléspectateur. La télévision tchadienne se contente seulement de donner des nouvelles dans les deux langues officielles, français et arabe éclaire-t-il. Une militante des droits de l’homme n’apprécie pas les images diffusées. "Je ne permets pas à mes enfants de suivre la télévision tchadienne. Elle montre parfois des images de guerre", déclare la femme pour qui, ces images vont traumatiser ses enfants. Elle souhaite que la télévision produise et diffuse plutôt des émissions à caractère éducatif, par exemple, la diffusion des scénarii sur la violence faite aux femmes et la violence en milieu scolaire. Ces émissions pourraient contribuer à instaurer un climat de paix dans les foyers et au sein des établissements scolaires qui sont transformés en champ de bagarre, note-t-elle.

Un programme jugé rébarbatif

Un technicien de l’élevage est contre la diffusion des téléfilms étrangers dans lesquels on présente “des hommes qui s’embrassent. Ces images vont conduire nos enfants à la dépravation", déplore-t-il. Le Tchad est un pays à vocation agropastorale. La télévision doit réaliser des reportages sur le monde rural, notamment sur les impacts des projets sur la vie de la population cible pour édifier le public, propose un technicien. Celui-ci apprécie particulièrement l’émission importée "Splendeur sauvage" dans laquelle on montre les différentes espèces animales. C’est une chance pour les enfants de voir certains animaux en voie de disparition, relate l’interlocuteur. "J’apprécie la bonne qualité des images. Mais, la TVT diffuse toujours les mêmes émissions. Par exemple, le magazine sur la population Kotoko a été rediffusé plusieurs fois", souligne une téléspectatrice. "Moi, les émissions de la télévision tchadienne ne m’intéressent pas. Elle diffuse pratiquement dans sa tranche de variété musicale les mêmes danses. Tu regardes les mêmes personnes danser au son de la musique traditionnelle", s’exprime un haut cadre de l’administration publique. “La télévision est un média public au service de toute la nation. Elle doit établir un programme qui tienne compte de la diversité de la communauté tchadienne et des aspirations de toutes les couches sociales", mentionne le fonctionnaire.


Mauvaise gestion du personnel

Le traitement de ces informations n’a guère évolué, évoque une femme juriste. "Les nouvelles officielles sont exploitées de manière superficielle par les journalistes qui ne font pas un travail fouillé et de qualité. Quand c’est l’heure du journal, je tourne le bouton de mon téléviseur au profit des chaînes internationales qui donnent des informations plus riches", soulève notre interlocutrice. "Il faut que les gens se retrouvent pour réfléchir et déterminer ce qui intéresse le public", suggère la professionnelle du droit. Son point de vue est partagé par un journaliste de la télévision. "Nos articles sont vérifiés jusqu’au banc de montage. Pour une virgule ou un point, ils peuvent être censurés. Nous ne pouvons pas, dans ces conditions, accomplir notre travail dans les règles de l’art", se lamente le confrère. Pire, ce dernier indique que "si le public n’apprécie pas bien la prestation de la TVT, cela est dû à la mauvaise gestion du personnel. On ne met pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut", révèle ce journaliste. “Nous n’avons été érigés en un office qu’en 2008. Les gens doivent attendre que toutes les structures soient mises en place, avant de parler de la mauvaise gestion des ressources humaines”, rétorque un haut responsable de la télévision. Ce qui vient contredire les propos du minis-tre de la Communication cités plus haut. Aujourd’hui, du directeur général au planton, le personnel dépend du ministère de la Fonction publique. “Nous sommes obligés d’utiliser le même personnel”, poursuit le même responsable. Il révèle que la convention d’établissement de l’office est en cours d’élaboration. “Quand toutes les structures seront mises en place, nous procéderons au recrutement du personnel, poste par poste, sur la base du contrat. Le recrutement se fera sur la base des compétences. Le jour où ce personnel sera recruté, nous placerons l’homme qu’il faut à la place qu’il faut”, promet-t-il. Le comportement de certains journalistes à l’antenne est décrié. "Ils donnent mal le journal télévisé ; ils ne respectent pas parfois les ponctuations quand ils font la lecture", déclare un professeur de français. Il fustige également l’attitude de certains animateurs des émissions qui ne sont pas à la hauteur. "Ils se perdent parfois dans des questions posées. J’ai l’impression qu’ils ne se documentent pas sur les sujets traités sur le plateau", précise-t-il

Un personnel peu qualifié

“La TVT accorde une large part aux activités du parti au pouvoir et du président de la République au détriment de celles des partis politiques de l’opposition. Par exemple, certaines activités du parti au pouvoir et du chef de l’Etat sont diffusées en page spéciale”, déclare un militant d’un parti d’opposition. "Nous respectons le temps d’antenne. Mais, les autres partis ne mènent pas des activités", répond un haut cadre de la télévision nationale. Il y a aussi un déséquilibre dans la couverture des événements sur l’ensemble du territoire. Selon un religieux, la télévision couvre plus largement les activités qui se passent dans la ville de N’Djaména. Or, la télévision doit être le miroir du Tchad, évoque l’homme de Dieu. Il souhaite que la télévision puisse élargir son action dans les différentes régions de notre pays. Elle peut réaliser des émissions sur des femmes rurales pour donner plus de visibilité à leurs activités, suggère-t-il. "Nous sommes conscients des attentes du public. Nous sommes toujours en période d’essai, puisqu’en cinq mois, nous ne pouvons pas tout faire”, se justifie un haut cadre de l’office national des radios et télévisions (ONRTV). Celui-ci demande l’indulgence des téléspectateurs qui se plaignent de l’absence de changement dans le programme diffusé.

Des projets jamais réalisés

La production des émissions audiovisuelles dépend des exigences techniques et d’un personnel qualifié. "Nous sommes déjà techniquement avancés. Le matériel vétuste de la régie a été entièrement remplacé par du matériel de réalisation et de production, numérisé ", énumère le cadre. “Deux groupes électrogènes performants ont été acquis ; ils peuvent alimenter la télévision pendant deux heures, en cas de délestage de la Société tchadienne d’eau et d’électricité (STEE)”, ajoute-t-il. Il annonce également qu’une partie du personnel a été recyclé en fonction du nouveau matériel. Certains agents sont en formation à l’institut de technologie d’Abéché, note l’interlocuteur. “Le recyclage ne règle que partiellement le problème de qualification du personnel. Il faut organiser un test pour retenir des candidats de bon niveau pour les envoyer en étude. Ils produiront de bonnes émissions. Certains agents en formation actuellement, ne remplissent pas les critères établis”, explique un producteur des émissions qui a déjà participé à un recyclage. "Nous avons noué des relations avec des partenaires pour la production et coproduction des émissions. Nous allons élaborer dans un proche avenir, un programme définitif qui prendra en compte les besoins des téléspectateurs", promet le haut cadre de l’ONRTV. Depuis 2008, une taxe appelée "redevance audiovisuelle" est imposée à tous les salariés des secteurs privés et publics. Les téléspectateurs sont désormais fondés à réclamer de meilleures prestations de la part de l’ONRTV. Il y va de leur bourse et de l’image qu’ils veulent de leur pays.

Alphonse Dokalyo

Cefod

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LaTaupe 08/07/2009 18:25

Je ne comprend pas.Le personnel de la TVT manque de créativité ou bien le budget est faible?