Idriss Deby est en voie d'inscrire Amdjarass sur la liste de la honte.

Publié le par Waldar

A l'instar de tous les despotes africains en mal de popularité, Idriss Deby Itno a lancé ces dernières années des projets de « développement » tous azimuts aussi bien dans la capitale tchadienne que dans son village natal. Comme l'ont fait jadis Houphouët Boigny à Yamoussoukro, Mobutu à Gbadolité, Ayédema à Kara, Bongo à Franceville, Paul Biya à Sangmélina, etc., Idriss Deby est en voie d'inscrire Amdjarass sur cette longue liste de la honte.

Amdjarass, pour ceux qui l'ignorent encore, est une bourgade située dans la région de Fada, au nord-est du Tchad. En février 2008, Idriss Deby a pris un décret pour faire de cette localité, devenue entre temps sous-préfecture, le chef lieu du département de Wadi Hawar qui comprend également les sous-préfectures de Bao, Bahaï, Kaoura et de Mourdi Djouna. Eh oui, chers amis, il faut revoir votre géographie ! C'est bien révolu le temps des 14 préfectures enseignés dans tous nos manuels scolaires. Le régime MPS est passé par là, personne ne pige quelque chose dans ce découpage administratif du Tchad actuel. Ça s'appelle tout simplement diviser pour mieux régner.

Ainsi donc pour faire d'Amdjarass un lieu habitable et attractif, ordre a été donné dans un premier temps à tous les membres du clan au pouvoir de démontrer leur profond amour pour le village natal du président de la République. Ensuite, des instructions fermes ont été adressées aux différents services administratifs, financiers et militaires pour faciliter toutes démarches relatives à tout projet concernant le village natal du dictateur Deby. C'est ainsi que tous les Itno, les Bahr, les Younousmi, etc., sans oublier leurs nombreux valets de circonstance, se sont précipités à Amdjarass et environ pour construire tout et n'importe quoi.

Deby himself a donné l'exemple en construisant une mosquée qui couvre une superficie de 20.000 m², ayant une capacité d'accueil de 1.200 fidèles, électrifiée et climatisée 24h/24 grâce à un groupe électrogène à la puissance exorbitante. Et c'est sans surprise que la mosquée a été baptisée « mosquée Deby » au nom du papa du président.

Aussitôt informé, aussitôt fait. Le clan Deby s'est presque livré à une course contre la montre, chacun voudrait manifestement annoncer le premier la bonne nouvelle au chef de bande Deby, lui montrer des photos voire des vidéos et pourquoi pas l'inviter à l'inauguration. Alors qu'au même moment le citoyen tchadien lambda s'arrache les cheveux de la tête pour éviter que son toit ne s'effondre sur sa famille, la cherté des matériaux de constructions (1 sac de ciment = 10.000 F, 1 barre de fer de 10 = 8.500 F, camion de sable = 55.000 F, …) hante leur sommeil.

Ce qui n'est pas manifestement le souci du clan Deby et ses subordonnés. Pour les chantiers d'Amdjarass, tout a été payé cash et livré sans délai. Certains meubles et lustres de luxe viennent directement de Dubaï, d'Egypte, de Hong-Kong ou même de Rome. Ne soyez-pas surpris de tomber devant un tableau de Louis XIV car pour certaines villas, c'est un service complet qui a été commandé. Mieux, des entrepreneurs et toute leur équipe ont été réquisitionnés pour travailler sans interruption et finir au plus pressé les villas, motels, magasins, stade, bibliothèque, dispensaires, écoles françaises et coraniques, maisons de cultures, ...etc. Combien cela coûte ? Peu importe le budget déclare très satisfait Sahlahadine Dilo, un nouveau riche du clan qui construit une dizaine de villas haut standing à Amdjarass.

C'est dans cette volonté manifeste de faire d'Amdjarass la nouvelle capitale du BET au détriment de Faya voire du Tchad, que l'idée de construire un aéroport à Amdjarass a germé dans la tête de Deby et ses Conseillers « toxiques ». A la porte du Darfour et non de la Libye, le projet a très vite capté l'attention des alliés de Deby à savoir les Etats-unis, la France et Israël qui trouvent dans ce projet un outil supplémentaire pour planifier et organiser l'agression du Soudan à partir du Tchad. D'un petit aéroport civil, le projet a été maintes fois modifié et on s'achemine maintenant vers un grand aéroport paramilitaire avec une piste longue de 4.000 m et disposant d'un ensemble très sophistique d'équipements de télécommunication. Ce projet a déjà fait réagir Khartoum qui a saisi le Guide Libyen mais sans succès.

Dans bientôt donc, les barons du régime s'envoleront chaque week-end à bord de Toumaï Air à destination d'Amdjarass afin de passer de bons moments en famille. On annonce aussi un petit palais présidentiel, ce qui permettra au dictateur Deby de s'y retirer et sentir beaucoup mieux qu'à N'djaména où les populations trouveront de quoi s'occuper en commentant les frasques de leur « maîtres ».

Pour finir, Faya n'a jamais été, ne l'est pas et ne sera jamais une ville où sont blanchis l'argent sale de la drogue, des fausses monnaies, des trafics d'armes et d'importants détournements de deniers publics. Amdjarass en revanche pue de tous ces maux et fétidités.

Vivement la fin de ce régime !

Par Ambenatna

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