Pour une réconciliation nationale au Tchad

Publié le par Waldar

M. Babacar  Kébé, à travers  une belle contribution publiée dans la presse, a préconisé la mise sur pied d’une commission «Justice et Vérité» chargée d’instaurer la réconciliation nationale au Tchad, en lieu et place d’un procès qui ne ferait que rouvrir des plaies déjà cicatrisées. ImageM. Babacar  Kébé, à travers  une belle contribution publiée dans la presse, a préconisé la mise sur pied d’une commission «Justice et Vérité» chargée d’instaurer la réconciliation nationale au Tchad, en lieu et place d’un procès qui ne ferait que rouvrir des plaies déjà cicatrisées.
En vérité, «l’affaire Habré constitue la plus grosse escroquerie politico-financière de notre époque». Ainsi parlait le garde des Sceaux, Maître Madické  Niang, aux temps où il était l’avocat de l’ancien Président tchadien. Et de fait, jamais, dans l’histoire, procès n’avait suscité autant d’intérêts publics ou privés et agité autant d’Etats-voyous et de crapules droits-de-l’hommiste.
Mais, de tous les protagonistes de cette tragédie, le gouvernement sénégalais a joué le rôle le plus ignoble avec la complicité d’avocaillons pourris, de minables juristes corrompus, de  journalistes ignares et véreux, auxquels s’est joint un enseignant-chercheur spécialisé dans la recherche de financements !
Et les Etats qui sont les plus acharnés contre Habré ne sont autres que ceux qu’il a battus à plate couture en les boutant hors de son pays qui les attirait  comme des mouches, à cause de ses énormes gisements d’hydrocarbure. On se rappelle que, dès son accession à l’Elysée en 1981, François  Mitterrand s’était entendu avec Mouammar Kadhafi pour procéder à la partition du Tchad. Aux termes d’accords conclus en catimini dans l’île grecque de la Crète, le nord tchadien devait revenir à la Libye et le sud à la France. Habré est précisément ce héros et ce résistant africain qui a mis un terme aux visées impérialistes de la France et aux ambitions annexionnistes de la Libye.
Hé bien ! Cette défaite et cette humiliation n’ont jamais été pardonnées au chef d’Etat nègre contre lequel les Européens et les Libyens brûlent de se venger. Naturellement, comme durant la traite négrière, ce sont toujours des Nègres qui sont commis à ces sales boulots par les Blancs. Le gouvernement sénégalais et un ramassis d’individus sans scrupule, connus par ailleurs pour leur cupidité, étaient tout désignés pour cette basse besogne, moyennant euros et pétro-dollars !
Etrange affaire dans laquelle le gouvernement sénégalais a pris en charge un procès qui ne le concernait nullement et que personne ne lui avait confié, même si, devant l’énormité de cette forfaiture, il a été obligé de se réfugier derrière l’alibi du mandat de l’Union africaine créé de toutes pièces !
Etrange affaire dans laquelle le gouvernement sénégalais a désavoué sa Justice, a fait pression sur les députés pour les contraindre à modifier la Constitution, a introduit dans sa législation  le principe de rétroactivité contraire au droit universel… pour juger une seule personne qui n’est pas de nationalité sénégalaise et qui n’a causé aucun tort au peuple sénégalais !
Etrange affaire dans laquelle le gouvernement sénégalais se permet de quémander des milliards de francs en vue de la tenue d’un seul procès !
Or, il se trouve que la Loi Ezzan enlève au Sénégal toute possibilité de juger Habré ! L’article 1 de cette loi est formel : «Sont amnistiés, de plein droit, toutes les infractions criminelles ou correctionnelles commises, tant au Sénégal qu’à l’étranger, en relation avec les élections générales ou locales ou ayant eu une motivation politique, situées entre le 1er janvier 1983 et le 31 décembre 2004», que leurs auteurs aient été jugés ou non.
A moins d’abroger cette loi, aucun procès ne peut légalement être tenu contre Habré  que des «victimes professionnelles fantômes» ont accusé «d’infractions criminelles… commises à l’étranger… ayant eu une motivation politique… situées entre le 1er janvier 1983 et le 31 décembre 2004, période qui couvre largement la Présidence de Habré (1982-1990) !
Or, je ne pense pas que le Pouvoir qui a promulgué ladite loi en bravant l’indignation de tout le peuple sénégalais, en piétinant toutes les valeurs morales, religieuses et  coutumières du Séné-gal, en sacrifiant toute la crédibilité de la Justice sénégalaise pour protéger des criminels avérés, je ne pense pas que le Pouvoir soit prêt à abroger cette loi scélérate. A n’en pas douter, une telle abrogation déclencherait un séisme politico-judiciaire d’une amplitude jamais égalée sur aucune échelle !
Et, à supposer même que Habré doive être jugé, mais où est donc Idriss Déby, celui avec lequel il aurait commis ces crimes, son principal collaborateur de l’époque, le chef même de la Police et de la Sûreté tchadienne sous Habré ??? C’est un non-sens judiciaire que de juger l’un sans l’autre ! Et, comble de ridicule, c’est le même Idriss Déby qui vient de raser la maison familiale de Habré et celles de tous les amis de ce dernier, qui s’est engagé, lui Déby, à «débiter» deux milliards de francs de son compte personnel à l’ordre du Sénégal pour faire juger et condamner son ancien patron !
J’en viens maintenant aux organisations de Finance des droits de l’Homme ! Curieusement, ces riches machins n’ont jamais demandé l’inculpation du Bouch(er) de l’Irak qui a sur la conscience plus d’un million de vies humaines anéanties à Bagdad, à Kaboul, à Guantanamo ! Les crimes de ce monstre sont si horribles que son successeur n’a pas osé rendre publiques les photos accablantes pour l’administration américaine !
Et le Charogn(ard) qui a décimé Sabra et Chatila ? A-t-il été inquiété par les associations des droits de l’Homme ? Qu’est-ce que Israël n’a pas fait en Palestine ? Peut-on compter les crimes de la France dans ses anciennes colonies ? La Belgique n’a-t-elle pas pillé et exterminé les Congolais, n’a-t-elle pas de responsabilité dans l’assassinat de Lumumba et dans le génocide rwandais ? Mais personne ne bronche.
On a vu récemment avec quelle fébrilité ces associations de finance des droits de l’Homme se sont démenées à travers les radiotélévisions et les journaux quand le Sénégal a menacé, et ce à bon droit, de quitter la Cour pénale internationale ! Elles ont eu la «trouille» de leur vie car leurs dirigeants, qui ont quitté leur emploi ou qui n’en ont jamais eu, ne comptent pour vivre que sur les subventions de l’Union européenne et des Etats-Unis. Et le retrait du Sénégal signifierait l’arrêt  immédiat de l’envoi de cette manne financière du fait  que ces associations ne pourraient plus aider les puissances occidentales à arrêter et à emprisonner les Présidents africains !
En définitive, après cinq siècles d’esclavage et de colonisation, il urge désormais que les Africains revendiquent leur dignité et cessent de courber l’échine devant leurs maîtres d’hier ! Or, céder aux pressions politiques et financières des Occidentaux qui réclament la tête de Habré n’est ni honorable ni profitable pour l’Afrique. Quel chef d’Etat noir oserait désormais s’opposer à leurs volontés tout en sachant qu’il risque d’être leur victime, une fois son mandat terminé ?
Le problème tchadien est une affaire entre les fils de ce pays qui ont le devoir sacré de s’unir et de se réunir pour discuter entre eux, hors de toute ingérence étrangère !
Oumar SANKHARE - Réseau des Universitaires du Parti socialiste
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