Tchad: l'otage employé de MSF enlevé début août libéré

Publié le par Waldar

(AFP) N'DJAMENA — L'employé expatrié de l'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF), de nationalité grecque, qui avait été enlevé début août dans l'est du Tchad après une attaque à main armée, a été libéré, a appris l'AFP mardi auprès d'un général tchadien.

"L'otage a été libéré. Vous aurez des plus amples informations mercredi", a affirmé à l'AFP le général Oki Daggache, de la Coordination nationale d'appui à la force internationale à l'est du Tchad (CONAFIT).

Cet employé expatrié de MSF ainsi qu'un employé tchadien de l'ONG avaient été enlevés dans le secteur d'Adé, à la frontière soudanaise, après une attaque à main armée d'un bâtiment de MSF dans la nuit du 4 au 5 août.

L'employé tchadien avait été libéré le 6 août. Dans un souci de préserver les chances de libération du dernier otage, l'ONG ainsi que les autorités n'avaient pas à l'époque communiqué à propos de sa libération.

Cette région est en proie à de nombreuses attaques de bandits et de "coupeurs de route" et les nombreuses ONG y travaillant ont souvent dénoncé leurs conditions précaires de sécurité certaines, dont MSF, refusant toute escorte militaire.

En août, le général avait en plus menacé d'expulser MSF du pays si l'ONG ne "se conformait pas aux normes de sécurité".

En mars, l'organisation Oxfam estimait qu'il y avait "25 attaques d'ONG" tous les mois dans l'Est du pays malgré la présence de la force européenne Eufor, relayée depuis le 15 mars par la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat).

L'Est du Tchad abrite des dizaines de camps de réfugiés venus du Darfour (ouest du Soudan) et de la Centrafrique ainsi que des déplacés tchadiens. Globalement, on estime à 450.000 personnes le nombre de réfugiés et déplacés y résidant.

Par ailleurs, deux humanitaires, enlevées il y a deux mois au Darfour voisin, sont toujours aux mains de leurs ravisseurs. L'Irlandaise Sharon Commins et l'Ougandaise Hilda Kawuki de l'ONG irlandaise Goal avaient été enlevées le 3 juillet par des hommes armés dans leur bureau de Kutum, à 100 km au nord-ouest d'El-Facher, la capitale du Darfour-nord.

Ce rapt au Soudan était le troisième cas d'enlèvement de travailleurs humanitaires étrangers dans la région depuis le mandat d'arrêt émis le 4 mars par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

Le Darfour est le théâtre depuis 2003 d'une guerre civile qui a fait 300.000 morts selon l'ONU - 10.000 selon Khartoum - et 2,7 millions de déplacés.

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