A l'Onu, Kaddafi et Ahmadinejad assurent le spectacle

Publié le par Waldar



Fidèles à leur sulfureuse réputation, les dirigeants libyen et iranien ont successivement assuré le show à la très sérieuse tribune de l’Assemblée générale des Nations-unies à New-York.

 

C’est Mouammar Kaddafi, le Guide libyen, qui a ouvert le bal. C’était la première fois qu’il s’exprimait en ces lieux, mercredi, devant ses homologues du monde entier. Pas impressionné pour autant, il a d’abord été longuement présenté par tous ses pompeux titres, dont celui de « Roi des rois d’Afrique », avant d’enchaîner sur des références à la Charte des Nations-unies.

Le Conseil de sécurité : un « Conseil de la Terreur »

« Ceci n'est qu'un décor […] vous faites un discours et vous disparaissez! » a-t-il affirmé devant l’assistance, médusée. Dénonçant le droit de véto des pays membres du Conseil de sécurité, il a suggéré de le rebaptiser « Conseil de la Terreur ». « Le veto est contraire à la Charte de l'ONU, l'existence de membres permanents est contraire à la Charte » a-t-il insisté, faisant semblant de déchirer la symbolique Charte qu’il brandissait, avant de finalement la jeter derrière lui !

A l'extérieur du bâtiment, protégé par des milliers de policiers, plusieurs centaines de militants de l'organisation « Nation de l'Islam » s'étaient rassemblés pour apporter leur soutien au colonel, avec des pancartes sur lesquelles était notamment inscrit: « Longue vie au roi de l'Afrique ».

Mouammar Kaddafi a poursuivi son intervention sur le thème d’Israël, où il a, comme à son habitude, excellé en matière de provocation. Il a d’abord affirmé que les Arabes « ne ressentent aucune hostilité » envers les Juifs, leurs « cousins ». « C'est vous qui haïssez les Juifs et êtes antisémites. C'est vous les génocidaires responsables de l'Holocauste et des fours crématoires en Europe », a-t-il lancé aux dirigeants européens présents dans la salle. Il a estimé que la solution à deux Etats pour résoudre le conflit israélo-palestinien n'était « pas pratique ». « Elle est même impossible et je vous prie de ne plus en parler », a-t-il conclut.

Attaque à l’iranienne

Même cheval de bataille pour Mahmoud Ahmadinejad qui a prononcé son discours plus tard dans la soirée. Dès les premières déclarations jugées antisémites et anti-américaines, une douzaine de délégations internationales dont la France et les Etats-Unis ont quitté la salle, tandis que le Canada avait tout bonnement boycotté l’intervention iranienne, qui promettait d'être tapageuse.

Attaquant, à mots masqués, l’Etat hébreu, le leader iranien a lancé : « Il n'est plus acceptable qu'une petite minorité domine la politique, l'économie et la culture dans une large partie du monde grâce à ses réseaux sophistiqués, instaure une nouvelle forme d'esclavage et nuise à la réputation des autres nations [...], afin d'atteindre ses objectifs racistes ».

Au sujet des dirigeants israéliens, il s’est vivement emporté, devant l’assistance désormais clairsemée : « Le réveil des nations et l'expansion de la liberté dans le monde ne les autoriseront plus à perpétuer leur comportement hypocrite et cruel. Comment peut-on imaginer que leur politique inhumaine en Palestine se poursuivra ? »

La France dénonce un « chantage »

Plus tôt, dans une interview à la télévision française le président Nicolas Sarkozy a maintenu sa fermeté. Aux rumeurs de négociations avec l’Iran, selon lesquelles la libération de Clotilde Reiss serait conditionnée à celle d’Ali Vakili Rad, l’assassin -condamné en 1994- de l’ancien Premier ministre du Chah d’Iran Chapour Bakhtiar, il a rétorqué qu’il ne céderait pas au « chantage ». « Il n’y aura pas d’échange et le président iranien le sait bien », a-t-il tranché. Quant au programme nucléaire de l’Iran, le président français a fixé une date limite au processus de négociation, affirmant que « dans [son] esprit, c’est le mois de décembre ».

Lors de son discours devant l’Assemblée onusienne, Mahmoud Ahmadinejad s’est bien gardé de faire la moindre allusion au dossier nucléaire, augurant mal de la suite des événements.

(avec agences)

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