Les réfugiés du Darfour subissent des viols quotidiens au Tchad, selon Amnesty International

Publié le par Waldar

Les réfugiés du Darfour subissent des viols quotidiens au Tchad, selon Amnesty International

NAIROBI — Des femmes et des filles fuyant les combats au Darfour sont soumises quotidiennement au risque de viols et d'autres violences, dans l'est du Tchad, même au sein des camps de réfugiés, d'après un rapport d'Amnesty International paru mercredi.

Le rapport témoigne d'attaques des villageois des environs contre les femmes et les fillettes, ainsi que de viols commis par les soldats tchadiens et les travailleurs des camps de réfugiés. L'organisation souligne la difficulté de chiffrer le phénomène, en raison de la rareté des plaintes.

"Beaucoup de gens savent que les femmes qui s'aventurent à l'extérieur des camps de réfugiés à l'est du Tchad pour chercher du bois et de l'eau risquent d'être harcelées et violées", indique Tawanda Hondora, directrice adjointe du programme pour l'Afrique d'Amnesty International.

"Ce que les gens ne réalisent pas, c'est qu'il y a peu de sécurité dans les camps pour ces femmes", précise Hondora dans un communiqué. "Elle risquent d'être violées, et d'autres violences venant de leur famille, d'autres réfugiés, et du personnel des organisations humanitaires, dont le travail est pourtant de leur apporter aide et soutien".

Les responsables de l'agence des réfugiés de l'ONU gérant le camp n'ont pas souhaité s'exprimer. Le porte-parole du gouvernement tchadien, Mahamat Hissene a nié les accusations, déclarant "qu'avant la venue des réfugiés, il n'y avait pas de viols au Tchad". Ils ont commencé avec l'arrivée des Soudanais, selon lui. Et le gouvernement tchadien n'est pas responsable de la sécurité des camps.

En réalité, le gouvernement tchadien a une unité spécialement entraînée de 800 hommes, policiers et militaires, qui gardent les camps de réfugiés.

L'est du Tchad accueille quelque 250.000 réfugiés qui ont fui les conflits au Darfour, en territoire soudanais. Les camps accueillent aussi 187.000 Tchadiens déplacés. Les Nations unies entretiennent une force de 2.300 Casques bleus dans la région dont la mission est de protéger les civils, améliorer la sécurité et faciliter la livraison de l'aide humanitaire.

Le conflit du Darfour a commencé en février 2003 quand des rebelles africains ont pris les armes contre le gouvernement du Soudan, à Karthoum, dominé par des Arabes, auxquels ils reprochent de les négliger et les discriminer. Les combats, les épidémies et les déplacements de population ont fait au moins 300.000 morts selon l'ONU.


AFP

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