Centrafrique: Heurts entre l'armée et un groupe rebelle à Birao

Publié le par Waldar

Un groupe rebelle, probablement la CPJP, affronte l'armée à Birao depuis l'aube.
Un groupe rebelle, probablement la CPJP, affronte l'armée à Birao depuis l'aube. © AFP

L’armée centrafricaine et un groupe rebelle s’affrontent depuis l’aube, dans les rues de Birao.

D’un côté, Abdoulaye Hissène, un chef militaire affirmant appartenir au groupe armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) indique que la rébellion a pris la ville de Birao vers 04h30 du matin (03h30 GMT) lundi 19 juillet, et que le soulèvement est dirigé par le commandant Issa Israël. De l’autre côté, les autorités militaires de Bangui confirment que des combats se déroulent dans la capitale de la région de la Vakaga, non loin des frontières avec le Tchad et le Soudan, mais nient avoir perdu la ville qu’elles continuent à défendre.

« Nous subissons une attaque depuis les premières heures de cette matinée. Les assaillants ont attaqué directement la base des Forces armées centrafricaines à Birao », a indiqué un responsable militaire. Il a par ailleurs affirmé que les combattants, ou le groupe auquel ils appartiennent, n’avaient pas encore été identifiés par les autorités.

Théâtre d’attaques

Aucune des deux parties en présence n’a pu fournir de bilan des combats, mais ceux-ci ont lieu dans une ville-clé puisqu’elle abrite la base des Forces armées centrafricaines : 300 hommes de la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat) ainsi que plusieurs antennes d'ONG venant en aide aux milliers de déplacés et réfugiés de cette région, située au sud du Darfour (Soudan).

Depuis 2007, Birao est ponctuellement le théâtre d’attaques opposant l’armée à des groupes rebelles. Cette même année, les forces armées centrafricaines – régulièrement pointées du doigt pour des exactions et des dérapages -  avaient laissé une ville pillée et en ruines après un affrontement sanglant avec des milices armées.
En 2009, les combats s’y sont succédé, mettant l’armée aux prises avec les combattants de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le groupe rebelle qui sévit dans la région. Celui-ci a depuis signé des accords de paix avec le gouvernement. Joint par téléphone, un dirigeant de l’UFDR a confirmé que des combats se déroulaient à Birao mais n’a pu fournir de détails.

Enquête indépendante

La CPJP est un mouvement rebelle qui, lui, n'a pas signé les accords de paix en Centrafrique dans le cadre du processus de réconciliation nationale. Son principal dirigeant était l'ex-ministre Charles Massi qui a disparu. Ses proches affirment qu'il a été torturé à mort en janvier dans une prison centrafricaine, et l’ancien président Ange-Félix Patassé a récemment réclamé une enquête indépendante.

Charles Massi était aussi le président du Forum démocratique pour la modernité (Fodem). Le Fodem-Centrafrique a depuis intégré la majorité présidentielle de Françaois Bozizé, alors que le Fodem-France, auquel appartient le neveu de Charles Massi, Eric Neris-Massi, est lui en contact étroit avec la CPJP.  De nombreux accrochages meurtriers ont eu lieu entre la CPJP et l'armée depuis 2009, mais plutôt dans le secteur de Ndélé (250 km au sud-ouest de Birao).   (avec AFP)

Commenter cet article